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Les enjeux du pétrole russe (1)

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Les enjeux du pétrole russe(1)

 

La Russie est actuellement le plus grand producteur de pétrole et de gaz dans le monde,avec une production qui s'élève à plus de 18 Millions de barils d'équivalent par jour (dont 58% de gaz et 42% de prétrole).Ses réserves estimées s'élèvent à 60 miliards de barils de pétrole et de 50 milliards de mètres cubes de gaz;les "réserves à découvrir" ,selon les estimations, sont de l'ordre de 70 milliards de barils de pétrole et 28 milliards de mètres cubes de gaz.La Russii a un secteur pétrolier et gazier très fort ,qui lui permet de jouer le rôle d'un des principaux fournisseurs des hydrocarbures au plan mondial.La production pétrolière a crû de plus de 40% entre 1999 et 2005 pour atteindre le niveau actuel de quelques 9 millions de barils par jour. Envrion 70% est exporté sous forme de brut ou de produits pétroliers.

Selon l'Agence Internationale de l'Energie,vers 2015,quelques 80% du pétrole mondial sera produit dans trois régions: l'Afrique de l'Ouest, le Golfe Persique et la Russie.Donc,cette dernière sera un acteur majeur sur l'échiquier mondial de l'énergie,un fournisseur stratégique d'hydrocarbures,non seulement pour l'Europe ,mais aussi pour le marché chinois,qui sera l'un des plus grands consommateurs d'énergie dans le monde.

Les revenus provenant des exportations du pétrole et du gaz ont permis de surmonter le déclin économique après la désintégration de l'URSS et d'assurer le décollage de l'économie russe: pour la cinquième année consécutive,la Russie a affiché un taux de croissance constamment positif ( jusqu'à 6 à 7% en 2004 et 2005). Mais le fait que le décollage a été principalement assuré par le secteur des hydrocarbures montre à la fois la fragilité de cette reprise et les profonds déséquilibres structurels de l'économie russe.La Russie est de plus en plus considérée comme un pays à économie pétrolière;un pays où 1% de la population active produit 25% du PIB Elle est, après l'Arabie Saoudite, le deuxième exportateur mondial de brut,dont plus de la moitié vers l' Europe mais seulement 4% vers le Etats Unis.

Bien qu'ayant conjoncturellement dépassé l'Arabie Saoudite (en 2003 et 2004), la puissance pétrolière russe reste fragile par rapport à Ryiad; d'abord parce que ses réserves de brut sont moins importantes et moins accessibles et les coûts de leur exploitation plus élevés; ensuite parce que l'industrie pétrolière russe a acquis ses performances au maximu de sa capacité de production,tandis que le royaume saoudien a le potentiel d'augmenter encore la sienne de 50% !

Comme en Arabie Saoudite,l'Etat "achète" le soutien des citoyens en s'efforçant de redistribuer les retombées de la manne pétrolière.L'Etat russe a augmenté le nombre de ses employés en gonflant la bureaucratie dans les régions.Mais la Russie est trop grande et trop peuplée pour procéder comme l'Arabie Saoudite.Un autre schéma possible est celui du Nigeria, où des ilôts de richesses existent dans un océan de pauvreté;c'est le modèle habituel des économies pétrolières en développement.Le troisième scénario,celui d'un pays comme la Norvège,suppose de solides institutions et un Etat de droit permettant de se projeter dans l'avenir.Mais la Russie n'a pas pris cette voie.

La Russie affiche son intention de pomper de 120 à 150 millions de tonnes de pétrole d'ici 2020 et veut produire au XXIeme siècle plus de pétrole et de gaz que n'importe quel pays au monde.C'est cette manne pétrolière qui a permis au pays de rehausser son statut dans le monde et de redresser son économie,tout comme la découverte des gisments de la Caspienne,il y a plus de cent ans, avait permis le décollage industriel de l'empire tsariste, puis de l'Union soviétique. L'expansion vigoureuse de l'industrie pétrolière ,ainsi que des activités connexes, a créé un climat de stabilité et favorisé l'investissement.Les revenus du pértole ont permis de remplir le scaisses de l'Etat.Ils assurent 40% du budget fédéral;grâce aux recettes pétrolières,les réserves en devises ont atteint un niveau record en 2005, permettant de faire face au remboursement de la dette extérieure (140 milliards de dollars) et même de rembourser certaines dettes par anticipation. (A suivre)

M.Lebedev

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