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  • : La géopolitique par Jacques Soppelsa
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Cv Jacques Soppelsa

Agrégé de géographie , Docteur d'Etat ,et Professeur de géopolitique à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne). Retrouvez le Cv résumé en cliquant sur le lien suivant : Jacques Soppelsa

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Publications

1971 : Les Etats Unis (PUF)
1972 : Géographie Universelle (2 tomes) Livre du mois
1973 : Le Moyen  Orient (3 tomes) Mang
1975 : L'économie des Etats Unis (Masson). Livre du mois
1976 : La Géorgie méridionale et le Vieux Sud des Etats Unis (thèse)
1979 : Les grandes puissances (Nathan)
1980 : Géographie des Armements (Masson) Livre du mois
1981 : Histoire du Far West (Larousse  BD) 32 facsicules en coll.
1982 : La Terre et les hommes (Belin)
1984 : Des tensions et des armes (Publications de la Sorbonne)
1986 : Lexique de  Géographie Economique (en coll  Dalloz)
1988 : Lexique de Géopolitique (Dir. Dalloz)
1992 : Géopolitique de 1945 à nos jours (Sirrey)
1994 : La Patagonie (en coll. Autrement)
1995 : Los Frances en Argentina (en coll .Zago)
1996 : La dictature du rendement (Ellipses)
1997 : Dix mythes pour l'Amérique (Colin)
1999 : la démocratie américaine (Ellipses)
2001 : Géopolitique de l'Asie Pacifique (id)
2003 : Le Dialogue régional en Amérique Latine (Ellipses)
2005 : Les Etats Unis .Une histoire revisitée (La  Martinière-.Le Seuil)
2006 : "Dix morts en sursis" -Roman de Géopolitique fiction- Editions du Club Zero
2008 : Géopolitique du monde contemporain (en coll.) (Nathan)

2009 : Les sept défis capitaux du Nouvel Ordre Mondiale

2010 : Dictionnaire iconoclaste de l'immigration

2011 : Géopolitique et Francophonie

2012 : Louis XVII, La piste argentine

Archives

29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 23:11

 

LE MONDE | 29.07.2012 à 20h40 • Mis à jour le 29.07.2012 à 20h56

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Les Jeux olympiques de Londres voient les JO modernes entrer dans ce qui pourrait être considéré comme leur quatrième âge. En effet, depuis plus d'un siècle, ces rencontres au sommet ont régulièrement épousé, y compris dans leurs résultats, les aléas et les caractères fondamentaux de la géopolitique mondiale. Et une nouvelle ère semble à nos portes.

Refaisons l'histoire brièvement de l'olympisme. La première ère se déroule sous la direction de Pierre de Coubertin. Ce fut celle des utopies, de la nostalgie de l'antique, des grands principes gravés pour l'éternité dans le marbre de la Charte olympique, de l'objectif " du rapprochement entre les peuples" et de la promotion de la paix. " Le mouvement olympique doit éduquer par le sport la jeunesse, dans un esprit de meilleure compréhension mutuelle et d'amitié, contribuant ainsi à construire un monde meilleur et plus pacifique", dit-on alors.

D'Athènes (1896) à Paris (1924), ces principes sont plus ou moins mis en oeuvre dans la mesure où ce rendez-vous, au-delà de la terrible parenthèse de la première guerre mondiale, concerne presque exclusivement les pays nantis du monde libéral, Etats-Unis et Europe occidentale. Ces confrontations de privilégiés s'illustrent surtout par les nombreux succès glanés par les compétiteurs anglo-saxons et scandinaves. Et déjà, certaines dérives se font jour. Songeons, sans insister, à l'éventuelle tricherie du marathonien grec Spiridon Louys, ou encore à la polémique soulevée par un rapide retour des Jeux à Paris en 1924 après ceux de 1900.

Le deuxième âge est celui des dictatures. Les régimes totalitaires ont la mainmise sur les Jeux, désormais conçus et perçus fondamentalement comme des instruments privilégiés de propagande. Berlin 1936, en la matière, reste dans toutes les mémoires. L'Allemagne hitlérienne y rafle trente-deux médailles d'or, soit 30 % des titres mis en jeu, notamment dans les disciplines dites "nobles" que sont l'équitation, le tir ou la gymnastique. Le succès du Japon en natation, de l'Italie en cyclisme, gymnastique et escrime, renforcent le sentiment de toute-puissance chez les pays membres de l'Axe. Rappelons aussi les spectaculaires victoires obtenues par l'Italie mussolinienne à Los Angeles, quatre ans plus tôt, suivies par la double conquête par la Squadra Azzura du titre mondial lors des tout nouveaux championnats de football.

Le troisième âge de l'olympisme débute au lendemain de la seconde guerre mondiale et se termine en 1984 à Los Angeles. Ces trente ans verront s'affirmer de manière de plus en plus forte le caractère géopolitique des Jeux olympiques. Plus des deux tiers des lauréats de cette période, avec un équilibre global singulièrement significatif, sont des représentants des États-Unis ou de l'URSS, et ce, en dépit d'une augmentation constante du nombre d'épreuves et de compétiteurs. La prise d'otages à Munich en 1972, le boycottage par une partie des pays d'Afrique des Jeux de Montréal en 1976, celui des Américains et de leurs plus proches alliés à Moscou en 1980, celui des membres du pacte de Varsovie à Los Angeles en 1984 ou, sur un autre plan, la pratique du dopage, tristement illustrée, entre autres, par la République démocratique d'Allemagne, souligne l'étroite relation existant à l'époque entre les enjeux de géopolitique, la guerre froide, la course aux armements et la quête de médailles olympiques !

Amorcé en Californie, le quatrième âge de l'olympisme s'étend sur plus d'un quart de siècle, avec les Jeux de Séoul (1988), de Barcelone (1992), d'Atlanta (1996), de Sydney (2000), d'Athènes 2004 et de Pékin (2008). La mondialisation est donc synonyme d'universalisation des Jeux. Seulement 13 Etats participaient à Athènes en 1896. Ce chiffre passe à 58 à Helsinki en 1952, puis à 151 à Barcelone, 204 à Pékin. De la même manière, le nombre d'athlètes ne cesse d'augmenter : ils étaient 300 à Athènes en 1896, 5 000 à Tokyo en 1964, plus de 10 000 participants à Atlanta ou à Sydney. Cet élargissement est le reflet de la nouvelle carte du monde, en voie de multipolarisation, avec l'effondrement du monde bipolaire.

Mais cette universalisation s'est accompagnée surtout d'une tendance continue vers le gigantisme, les budgets explosant à mesure qu'augmente le nombre de téléspectateurs. Le cap des 4 milliards de téléspectateurs franchi au tournant du siècle actuel accélère la course aux revenus publicitaires.

Alors, au-delà de l'inévitable penchant au nationalisme qui se manifeste ici et là, de l'hypocrisie des hymnes nationaux entonnés et des drapeaux brandis, on ne prenait guère de risque à pronostiquer les noms des grands vainqueurs de ces Jeux du quatrième âge : NBC, Adidas, Reebok et Nike se sont taillé la part du lion, aux côtés des incontournables McDonald's ou autres Coca-Cola !

Londres 2012 pourrait bien accompagner l'avènement d'une nouvelle ère, celle de la criminalité organisée. Les caractères fondamentaux illustrant les Jeux olympiques du "quatrième âge" se pérenniseront, à n'en pas douter, à Londres.

Mais précisément, cette pérennisation se conjugue aussi avec un autre phénomène, désormais solidement ancré au rang des principaux défis géopolitiques du nouvel ordre mondial : la banalisation et l'explosion tous azimuts de la criminalité internationale organisée. Mafias du Mezzogiorno, "familles" italo-américaines, cartels des drogues, yakuzas, triades chinoises, nouvelles mafias des Balkans ou de l'ex-URSS multiplient aujourd'hui, tant à l'échelle régionale qu'à celle de la planète, des investissements plus que jamais rentables. Leur gamme d'activités, adossées à une utilisation spectaculaire des nouvelles technologies est de plus en plus diversifiée ! Et ce serait baigner dans l'angélisme que d'imaginer que les Jeux de Londres pourraient échapper à leur emprise et donc à la corruption de responsables, aux compétitions truquées, aux paris clandestins et aux pratiques dopantes les plus sophistiquées.

Différentes organisations internationales de lutte contre la criminalité soulignent l'intérêt porté par les milieux mafieux à ces compétitions. Et il est fort à craindre que les valeurs chères au baron aient bien du mal à retrouver force et vigueur.

Jacques Soppelsa, Professeur de géopolitique en Sorbonne, président honoraire des Fédérations française et internationale de rugby à XIII

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 00:22

http://www.voltairenet.org/IMG/jpg/Unesco_I.jpgSince its creation, UNESCO remains the most ideological and utopian international organization within the United Nations system. Bound by its non-political character, UNESCO, as the World Heritage - its international organization in charge of the global management of the world heritage since 1972 - , seems inefficient to solve a highly political case such as the nomination of the Israeli site of Tel dan.

Never studied, the Tel dan case reveals the paralysis of interstate based international organization when facing nationally motivated political and identity issues. The World Heritage plan of building up a global governance in the heritage and cultural field, seems, if not valueless, at least inefficient.

Article en français :

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 17:36

 

http://francophilia.com/gazette/wp-content/uploads/IntOrgFrancophonieMap.jpgI) Si l’on fait référence à la « francophonie” avec un f minuscule (« concept qui renvoie à la société civile et aux institutions non gouvernementales qui oeuvrent directement ou indirectement à promouvoir le français comme langue de travail et de culture »), l’évocation des disparités susceptibles d’exister entre les différents Etats concernés par ladite promotion, et celle de leur degré d’implication au sein des multiples structures non gouvernementales soulignées supra sont éloquentes : la diversité prime indéniablement quant à la place effectivement tenue par la lingua franca chez ces derniers.

Plusieurs situations cohabitent formellement au chapitre de la francophonie :

-Etats monolingues, où le français est par essence langue maternelle et seule langue officielle, comme la France ou Monaco.

-Etats bilingues ou multilingues où, à des degrés divers, le français est langue officielle, « co-officielle », nationale, maternelle, de travail…De facto, comme le rappelait non sans pertinence Roland Breton, dans sa « Géographie des langues », deux grands types de structures peuvent être, ici, recensées, même si en règle générale « les Etats ont tout naturellement tendance à devenir unilingues, qu’ils soient mono ethniques ou pluri ethniques »...

lire la suite :

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 16:10

http://prelive.earthtrends.org/images/country_profiles/cp_POP_1_chart1.gifDans le cadre du numéro 27 de la revue Géostratégiques n° 27 (2ème trimestre 2010) le recteur Gérard-François Dumont professeur à l’université de Paris-Sorbonne et Laurent Chalard professeur à l’université Paris IV-Sorbonne, proposent une géopolitique des populations "séculière" et "régulière" en Afghanistan.

Au coeur de la confrontation Est-Ouest et de la "guerre au terrorisme", on pourrait penser que l'Afghanistan ne répond pas aux lois de la géopolitique des populations... il n'en n'est rien.

Pour lire la suite :

 

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 23:56

Voici un excellent mémoire de géopolitique rédigé par Coralie Tauzin sous la direction de de Jacques Soppelsa (master de géographie Paris I).

 

CONTRIBUTION A UNE GEOPOLITIQUE DU VIN


Une clé de lecture des vignobles du Bordelais et de Californie

 

http://www.1001degustations.com/images/templates/carte_region.jpg"La géopolitique est un moyen d’étudier l’espace en tant qu’enjeu. Est-il pertinent alors de parler de géopolitique du vin ? Il est remarquable que la viticulture apparaisse comme un outil de l’affirmation de la puissance qui génère de nombreux conflits directs ou indirects depuis ses origines. Vignes et vins confèrent richesse et considération à ceux qui les possèdent ou les produisent. Des parcelles plus ou moins importantes de pouvoir contribuent à favoriser l’influence publique à l’échelle locale mais également, parfois, à une échelle plus globale. Les vignobles ont toujours été intrinsèquement liés aux représentations des acteurs qui gravitaient autour. Ces représentations façonnent les vignobles depuis leurs origines. Par ailleurs, l’univers vitivinicole regroupe des disciplines variées qu’il est utile de convoquer afin d’en saisir tous les enjeux."

 

Pour lire la suite, cliquez sur le document ci-dessous :

 

http://www.alcooclic.com/wp-content/uploads/2009/04/2009-04-08t141526z_01_apae53713lu00_rtroptp_3_ofrtp-france-vins-export-correction-20090408.jpg"Contribuer à une géopolitique du vin, permet de mettre en avant les représentations des acteurs afin de mieux saisir les enjeux des vignobles de Californie et du Bordelais. Sources de tensions depuis les origines de ces vignobles, ces représentations peuvent se transformer dans un contexte de crise en conflit. Ces conflits peuvent être de différentes natures. Ils sont indirects quand ils concernent la conquête de nouveaux marchés, l’achat de nouvelles vignes, la construction de nouveaux bâtiments et peuvent se caractériser par des pressions exercées de différentes manières. Néanmoins, à l’heure où l’eau devient un des enjeux critiques du XXIe siècle, il est à craindre que ces conflits deviennent des conflits ouverts notamment en Californie où l’irrigation est une caractéristique fondamentale desvignobles.... la guerre des vins aura-t-elle lieu ?"
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 10:32
http://www.afriscoop.net/journal/IMG/arton742.jpgAu même titre que le désormais célèbre « Brain Drain » (un exode des cerveaux qui, on le sait, contribue depuis un demi siècle à renforcer le potentiel intellectuel et scientifique des pays du Nord en général, des Etats Unis en particulier, tout en appauvrissant en ce domaine des régions du Sud), le « Muscle Drain », l’exode des sportifs, s’est singulièrement développé depuis plusieurs décennies.

 

En ce domaine, l’Afrique subsaharienne, au moins à travers l’exemple du ballon rond, fait littéralement figure de « modèle » !


Bien sûr, cet exode, et sa densification récente, sont intimement reliés, outre le désir, au demeurant classique, d’accéder à la renommée (une quête nullement spécifique, et pour cause, au continent africain)à des considérations strictement économiques, tant pour les joueurs issus de ces « pays moins avancés » (pour utiliser l’euphémisme un tantinet hypocrite des Nations Unies (Rappelons que parmi les vingt derniers du classement établi par l’ONU en matière d’Indice de Développement Humain, on dénombre dix sept Etats localisés en Afrique subsaharienne !)que pour le pays d’origine du migrant, les intermédiaires de tous acabits, tan dans le Sud que dans les pays d’accueil,. Certaines stars du ballon rond peuvent ainsi faire vivre des familles, voire des communautés villageoises entières.


Ce facteur économique que l’on le retrouve, nonens volens, en Amérique Latine, par exemple, est exacerbé par les effets du double processus de libéralisation et de mondialisation, sans parler, à tort ou à raison, des corolaires plus ou moins mythiques de la médiatisation. Il explique aussi en grande partie les similitudes constatées entre ces processus migratoires footballistiques et les flux traditionnels d’émigration des pays pauvres vers l’Eldorado présumé de l‘hémisphère Nord. Il ne rend toutefois pas compte, à lui seul, tant s’en faut, de la spécificité dudit « Muscle Drain », surtout depuis un quart de siècle..


Dans une étude particulièrement détaillée publiée il y a quatre ans, (mais à la lecture des principaux rapports traitant de la question, la tendance à l‘expansion quantitative de l’exode des footballeurs africains vers l’Europe reste largement d’actualité), la revue Afrique Foot décrivait des faits concrets et citait des chiffres tout à fait révélateurs :A la seule échelle de l’élite européenne ,555 joueurs originaires des pays d’Afrique subsaharienne (contre 122 pour le Maghreb, naguère principal pourvoyeurs de footballeurs vers l’ancien continent) étaient recensés en Europe Occidentale : 105 Nigérians, 84 Camerounais, 59 Ivoiriens, 58 Sénégalais, 52 Ghanéens etc.. .

Dans la hiérarchie des pays d’accueil, la France arrivait largement en tête (130 joueurs) devant la Belgique(80), la Grande Bretagne (40), les Pays Bas (30).. 


Au-delà de ces chiffres, deux faits s’imposent : l’accélération de cet exode depuis deux ou trois décennies, accélération confortée par les données concernant les  joueurs de « second niveau » et le poids des facteurs historiques, culturels, linguistiques, dans la pérennisation (à quelques nuances près, surtout pour les stars du football africain)

 

Témoins les liens patents entre les pays de départ et les pays d’accueil :

 

70% des joueurs maliens de l’élite européenne, 65% des Ivoiriens, 50% des Sénégalais pratiquaient dans d es clubs français.

35% des Congolais RDC jouaient en Belgique ; 32% des Ghanéens dans les Iles Britanniques

 

Un constat qui illustre directement, de facto, les « tendances lourdes » relatives à ce Muscle Drain.

 

« Tendances lourdes » : les liens existant désormais en la matière entre les anciennes métropoles européennes et les « NPFA » (les Nouveaux Pays du Football Africain) pour reprendre la terminologie chère à Issa Hayatou,(l’inoxydable Président de la CAF, qui attaque cette année sa treizième année de Présidence), ont été historiquement tissés, dans la plupart des cas par des acteurs individuels.

 

Qui ne se souvient de l’aventure, il ya bientôt un demi siècle, de Salif Keita ? Repéré par un Français, commerçant à Bamako, et enragé supporteur des « Verts », le jeune Keita , à l’initiative de son « découvreur » débarque à Orly en Septembre 1967 pour filer, en taxi, à St Etienne ! On pourrait multiplier les anecdotes quant au rôle clef de ces « informateurs conjoncturels », parfois bénévoles (au moins dans les premiers temps) prenant spontanément contact avec « leur » équipe européenne pou signaler à cette dernière telle ou telle perle potentielle locale


Un exode qui va progressivement s’intensifier, au-delà de l’indéniable talent de certains grâce à des considérations purement matérielles : les joueurs venus du continent noir percevant « tout  naturellement » des salaires sensiblement inférieurs à ceux de leurs coéquipiers !


Tout change ave l’amorce puis l’essor de réelles structures de recrutement ;les clubs européens vont progressivement affiner leurs méthodes, soit en généralisant le recours à des recruteurs locaux (les fameux « scouts »), soit en mettant sur pied de véritables partenariats avec les clubs africains. En outre, les joueurs africains ne sont plus « achetés » pour leur talent déjà prouvé et pour entrer systématiquement, dès leur arrivée, en équipe première, mais pour intégrer les centres de formation européens, comme à Auxerre, un club où la rouerie d’un Guy Roux fit merveille, (associé depuis plus de trente par exemple, avec Bamako), Monaco, Le Standard de Liège, Sion etc..


Une révolution qui a pour conséquence directe un rajeunissement de plus en plus net des « candidats » à l’exode, d’une part, et toute une kyrielle de dérives, d’autre part.

Rajeunissement du « Muscle Drain », selon la thèse de Doctorat du Suisse Rafaelle Poli, (soutenue en 2008), l’âge moyen des footballeurs immigrés au sein de la Confédération Helvétique s’élevait à 19,5 ans, contre 22 ans pour leurs camarades sud américains et 24 ans pour les Européens.


Encore faut il utiliser les données chiffrées relatives à l’Afrique subsaharienne avec prudence, compte tenu d’une des « plaies » du football sur le continent : la tricherie en matière d ‘état civil : triple tricherie en fait : trop jeune pour un transfert, on « vieillit » le candidat en transformant sa carte d’identité ; Ou on lui confectionne un parcours international sur mesure ; a l’inverse, le « rajeunissement «  est surtout le fait des dirigeants fédéraux permettant à un joueur doué d’opérer en équipes nationales de jeunes (« cadet ou junior ») alors qu’il a largement dépassé l’inexorable limite d’âge prévue par les statuts internationaux !

 

Sans oublier le fait que le jouer concerné, désormais « piégé » par son agent ou ses dirigeants, aura du mal, ultérieurement, à faire valoir des droits éventuellement bafoués.


Car, depuis cette généralisation des « transferts », constats économiques s‘imposent :

 

Le joueur africain, à l’exception de (rares) stars internationales, est sur le coup d’incontestables discriminations salariales », s’joutant à la triste banalité de la discriminationraciale.

 

Cette dernière est dramatiquement monnaie courante en Europe, des cris de singes aux lancers de bananes. Anecdote surréaliste : lors du match de Coupe d ‘Europe entre les Girondins de Bordeaux et la Juventus de Turin, le comportement des « supporteurs » de la Vieille Dame a été proprement surréaliste : ces derniers firent le déplacement en Aquitaine en se désintéressant totalement de la rencontre elle-même et en hurlant durant toute la partie sa haine à l’égard d’un joueur noir…de l’Inter de Milan, club honni des Turinois !! Ou la stupidité et la xénophobie la plus navrante atteignent de sommets…

 

Les discriminations salariales sont moins connues, et pour cause. Poli, évoqué supra, avait relevé quelques exemples édifiants de joueurs africains systématiquement moins rémunérés, sinon sous rémunérés, au sein de maints clubs européens, et non des moindres !

 

Certains footballeurs acceptaient même en Belgique, de recevoir un salaire trois à quatre fois inférieur au minimum garanti par les lois belges ! Des discriminations qui, en revanche, sont loin de concerner le tissu de plus en plus dense des agents plus ou moins autoproclamés et des intermédiaires plus ou moins véreux  s’agitant dans les coulisses du théâtre contemporain des « nouveaux négriers »! (On connait des agents qui exigent la totalité de la prime relative au premier transfert du joueur, en évoquant le service insigne qu’ils offrent à ce dernier en lui permettant de se faire un nom sur les terrains européens (sic)

 

Des discriminations confortées par le rajeunissement des exilés, par définition inexpérimentés et beaucoup plus fragiles.


Nous touchons ici du doigt le phénomène sociétal que certains observateurs n’hésitent pas à appeler « les disparus du football ».

 

L’exemple de ces vingt dernières années démontre avec clarté que très peu de joueurs débarquant très jeunes en Europe ont effectivement réussi. La quasi-totalité des footballeurs africains ayant effectivement fait de belles carrières en Europe étaient déjà des stars dans leurs championnats nationaux, de Roger Milla à George Weah, de Joseph Antoine Bell à Samuel E’too, d ‘Emanuel Adebayor à Didier Drogba…

 

 

Pour l’Association « Foot Solidaire », qui traite plus de 200 nouveaux dossiers par an de jeunes footballeurs africains, « un exilé sur 1000 finit par adhérer à une Ligue professionnelle lui permettant de vivre convenablement du ballon rond. Et les exemples, souvent dramatiques, de ces « disparus », sont légion : telle l’histoire de ce jeune Ivoirien dont l’agent avait promis à la famille (moyennant le versement de 3 000 euros) un essai au PSG avant de l’abandonner sur un banc public à Paris, aux avatars de Yanick Abea, 13 ans, engagé par le Real Majorque après que sa très modeste famille se soit lourdement endettée pour le voyage, non rémunéré durant deux ans, puis « bénéficiaire » de deux acomptes de ..40 euros versés par son « manager », transféré à l’Espanyol de Barcelone, puis à Manchester City et à Alméria..avant de terminer sa carrière à l’âge de 18 ans.

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 15:56

 http://leblogmds.canalblog.com/albums/attentats_11_septembre_2001___/m-11septembre2001_2_1_.jpg Introduction : 

  Depuis l’implosion de l’Union Soviétique, le monde est devenu « une aire d ‘incertitudes à l’ère de l’incertitude ».Ce monde, contrairement à la période 1945-1990 (des Accords de Yalta, fondements du système bipolaire et de la logique des Blocs à la chute du mur de Berlin) un  période où la menace majeure et l’adversaire principal étaient clairement affichés (Moscou pour Washington, Washington pour Moscou !) est particulièrement fragilisé par la multiplication des dangers et la confusion des défis. Au premier rang de ces menaces , aujourd’hui, dramatiquement mis en lumière par des attentats d’une ampleur inouïe, figure le terrorisme.

  Encore convient t il tout d’abord de s’accorder sur la définition  même de la notion de « terrorisme ».En ce début de XXIème siècle, ce problème de définition, loin d’être marginal, n’est pas réglé. Selon les experts des Nations Unies, on pourrait dénombrer aujourd’hui quelques 213 définitions du terrorisme (sic), dont 74 (resic) sont, ici ou là, officiellement utilisées.

  Pour l’Union Européenne, le terrorisme est « un acte qui a pour but d’intimider gravement les populations ou de contraindre indûment les pouvoirs publics ou les organisations internationales à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque, ou de déstabiliser gravement les structures politiques, économiques et sociales d’un pays ou d’une organisation super étatique ».

  Pour l’OTAN, bras armé de l’Alliance Atlantique, le terrorisme se définit  « comme l‘emploi illégal ou la menace de l’emploi illégal de la force ou de la violence contre des personnes ou des biens afin de contraindre ou d’intimider les gouvernements ou les sociétés dans le but d’atteindre des objectifs politiques, idéologiques ou religieux ».

  Pour la Conférence Islamique, le terrorisme est un acte de violence quelque en soient les objectifs, pour exécuter individuellement ou collectivement un plan criminel, dans le but de terroriser les populations, de mettre en danger leurs vies, leur honneur ,leur liberté, leur sécurité ou leurs droits, de mettre en péril l’environnement, les services et les biens publics ou privés, de mettre en danger les ressources nationales ou internationales ou de menacer la stabilité, l’intégrité territoriale, l’unité politique ou la souveraineté des Etats indépendants ». 

  Notons déjà, mais on l’oublie trop souvent,  sciemment ou inconsciemment dans la littérature occidentale, que la Conférence Islamique, émanation d’Etats musulmans particulièrement soucieux d’éradiquer le fléau du terrorisme, a adopté de facto une définition  beaucoup plus vaste de ce concept que la plupart des organisations internationales…

  Rappelons aussi, mais ce n’est pas un hasard, qu’elle fut aussi une des toutes premières, à l’échelle mondiale, à s’attaquer au terrorisme islamiste, dès 1998.Et c’est ladite Conférence, et  non George W.Bush qui a utilisé en premier le slogan, par ailleurs très controversé, de « guerre au terrorisme ».

  Quant à l’Organisation des Nations Unies elle même, elle définit le terrorisme depuis mars 2005 comme « tout acte qui vise à tuer ou à blesser grièvement des civils ou des non  combattants et qui, du fait de sa nature ou du contexte dans lequel il a été commis, doit avoir pour effet d’intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à renoncer à agir d’une façon quelconque ».

  Ces définitions, au-delà de certaines nuances, ne sont pas dépourvues de mérites. Mais elles n’abordent pas la distinction, par ailleurs classique, entre le terrorisme international  contemporain (majoritairement lié au fondamentalisme islamiste radical) et ses formes les plus anciennes. Quelles sont elles ?

  Le « terrorisme régionalise », parfois aussi qualifié de « terrorisme autonomiste », correspond au refus d’une population ou d’un groupe qui se sont ou ont été marginalisés et qui s’estiment exploités au sein d’un pays unifié ».Un terrorisme qui s’est manifesté, par exemple, naguère, au Québec, et qui resurgit plus ou moins périodiquement, au Pays Basque, en Irlande du Nord, en Corse, ou dans les terres irrédentes de l’Italie septentrionale, pour ne prendre que quelques exemples en Europe Occidentale.

  Le « terrorisme nihiliste », expression de l’anarchisme, se fixe des objectifs à très long terme. Ce type de terrorisme, qui a ensanglanté la France dans les premières décennies de la Troisième République, de Ravachol à la Bande à Bonnot, réapparut récemment en Allemagne (la Bande à Baader), en France (Action Directe) ou en Italie (Brigades Rouges)….

  Quant au terrorisme « anticolonial », séquelle fréquente des mouvements de libération nationale, ils visent  à ériger un contrepouvoir du côté duquel la population locale pourra basculer, pour y trouver la sécurité .Un type de terrorisme qui prit rapidement, au sein de maints pays du Tiers Monde, le visage plus  traditionnel ,à travers l’histoire, des « guerres  de libération ». 
 
 

  Mais si ces formes de terrorisme n’ont pas totalement disparu du paysage planétaire, elles sont désormais reléguées au second plan  avec l’essor soutenu, voire d‘une spectaculaire ampleur, quant à son expression, ses cibles et sa médiatisation, du terrorisme international en général, et du terrorisme islamiste  en particulier. 

  Du terrorisme islamiste : 

  Xavier Bicharra, dans un ouvrage consacré à « terrorisme islamiste localisé, terrorisme islamiste globalisé » qualifie le concept de lien entre l’acte politique et l’acte de terreur, entre la motivation et le moyen, celui de la violence légitime exercée par les Etats et la violence illégitime des individus, des groupes ou d’organisations supranationales non  étatiques ».

  De fait, contrairement au terrorisme d’Etat ,a fortiori au terrorisme de guérilla ,qui s’inscrit par essence dans un processus au moins implicite de guerre de libération, ou au terrorisme de droit commun, souvent lié aux activités émargeant à la criminalité organisée, et bien que les moyens utilisés soient souvent les mêmes, le terrorisme international contemporain, à grande échelle, concerne explicitement le domaine religieux. Le terrorisme des islamistes radicaux correspond ouvertement à un objectif, la mise sur pied  d’une véritable « croisade contre l’infidèle ». 

La genèse du terrorisme islamiste, expression contemporaine du radicalisme  fondamentaliste, est étroitement lié, paradoxalement en apparence, à des initiatives strictement localisées (en Egypte, en l’occurence) et à des déclarations programmatiques relativement mesurées, avec la  création en 1928 de l’Association des Frères Musulmans (Jama’a al-ikhwan) par Hassan al Bana..Témoin la déclaration liminaire d e ce dernier évoquant six grands principes :

-l’instauration d’un véritable ordre islamique (et on islamiste !), politique, économique et social ;

-le refus de l‘asservissement culturel, politique et économique de l’Umma, la Communauté des Croyants, par des forces étrangères à ladite Communauté ;

-la restauration de la loi islamique, la charia ;

-le souci de créer des organisations de masse ancrées dans tous les pans de la société nationale ;

-la volonté  d’expansion, partout  ou existent des communautés musulmanes », notamment dans les pays voisins de l’Egypte ;

-enfin, et ce principe a été souvent ignoré, le refus de tout nationalisme, au sens occidental du terme. 

  On connait l’histoire du terrorisme islamiste en Egypte, durant plus de trois quart de siècles et ses actions directes de plus en plus brutales. Des actions inspirées de l’idéologie propagée par quelques  maitres à penser comme Sayyid Qôtb (sous Nasser) ou par les fondateurs des des Gama’t . A fortiori des discours de l’Iranien Khomeyni :

« La guerre sainte est une lutte contre l’idolâtrie, le pillage, les déviances sexuelles, la cruauté… Ceux qui étudient le jihad savent que l‘islam veut conquérir le monde entier.Tous les pays conquis par l’islam se verront accorder le salut éternel. Car ils vivront sous la Loi de Dieu. Ceux qui ne connaissent rien à l’islam prétendent que ce dernier désapprouve la guerre. Ceux qui disent cela sont sans cervelle. L’islam dit « tuez les incroyants comme ils vous tueraient tous.. L’islam dit : tuez les tous, passez les au fil de l’épée !.. Tuez pour servir Allah. L’islam dit : le bien n’existe que grâce à l’épée et dans l’ombre de l’épée ! Les hommes ne doivent se montrer obéissants qu’envers l’épée !L’épée a la clef du paradis qui n’est ouvert qu’aux guerriers »

Et le « Guide Spirituel », le cheikh Omar Abdel Rahman, vraisemblablement l’auteur de la fatwa promulguant l’assassinat  de Anouar el Sadate de déclarer en 1993 : « les fondamentalistes, pour venger leurs martyrs, feront couler des fleuves de sang »,  en ciblant notamment les touristes étrangers : « le tourisme est l’une des activités les plus illicites, aux antipodes  de la loi d‘Allah. Il constitue le péché. Le tourisme, c’est la débauche, c’est le vice, c’est la perdition  ».On connait la suite…Plus de 700 touristes seront ainsi massacrés en Egypte en moins d ‘un lustre.

Mais, au plan de l’approche géopolitique, le changement majeur, en ce domaine, réside, à partir du début des eighties, (et, paradoxalement, avec l’aide indirecte.des Etats Unis,dans l’externalisation du terrorisme islamiste. 

L’exportation du terrorisme islamiste. De « l’aide » des Etats-Unis : 

  Bien  qu’elle soit loin  d’être la seule  à combattre pour la « réislamisation » du monde arabe (au sens large),Al Qaida est aujourd’hui, depuis les premières « initiatives » d’Oussama Ben Laden au drame du 11 Septembre 2001, d’Abdel Rahman aux attentats madrilène ou londonien, le plus édifiant symbole de l’internalisation du terrorisme islamiste. Au point que certains auteurs n’hésitent plus, dans leurs descriptions du phénomène, à distinguer trois périodes successives : les « Pères Fondateurs » ;la génération axée sur les combats contre l’administration égyptienne..et la « Génération Al Qaida ». C’est naturellement  cette dernière qui interpelle directement le monde occidental en général et les Etats Unis, dernière superpuissance, en particulier. 

  Des Etats-Unis qui vont contribuer, dans un premier temps, à l’essor d’Al Qaida ! 

  1983 (soue le premier mandat de Ronald Reagan, en la matière, est une année particulièrement cruciale. Le 20 Décembre 1979, les troupes de l’Armée Rouge pénètrent en Afghanistan. Cette date va inaugurer une véritable « guerre sainte » prônée par certains leaders islamistes d‘origine saoudienne. Près de 14000 mouhdjahidins répondent à l’appel de ces derniers. Abdullah Azzam, venu de Palestine, fonde avec Oussama ben Laden  un  « Bureau des Services » , puis une « Maison des Partisans » le Beit el Ansar) exclusivement destinée à l’entrainement militaire des futurs combattants de la Guerre Sainte. C’est aussi dans ce contexte que ben Laden et ses proches mettent en place une véritable Banque de  données destinée à répertorier minutieusement lesdits combattants. Dès la fin de l’année 1983, la première « cellule » fonctionne à Peshawer, au Pakistan, regroupant quelques 3000 éléments. Et, au cours des cinq années suivantes, plus de 5 000 activistes vont transiter par cette cellule.

  Durant cette période, (le 23 Novembre 1989, la mort d’Abdullah Azzam permet à ben Laden de devenir la figure de proue de la nouvelle mouvance islamiste) les cellules implantées au Pakistan et sur le territoire afghan vont bénéficier de l’aide officieuse, voire directe, de l’Administration Reagan.

  La Maison Blanche, depuis l’arrivée de l’ancien Gouverneur de Californie au poste suprême (« America is Back ») est obnubilée par deux objectifs : l’éradication du castrisme (à l’échelle de l’hémisphère  américain) et l’affaiblissement de l’Union Soviétique, à celle du système bipolaire. Tout est bon pour contrecarrer Moscou. A fortiori en aidant les islamistes face à une Armée Rouge en proie à des difficultés grandissantes….

  Tout est bon ou presque, jusqu’ à la caricature : l’expansion d’Al Qaida va s’accompagner progressivement, aux côtés de ben Laden, d’un processus de personnalisation qui va mettre en valeur quelques leaders charismatiques ! Mohammed Chewki el Istanbuli (le frère de  l’assassin de Sadate, Yabru Aman al Zanahiti (confortablement installé du côté de Genève et, plus révérateur, sans doute, Omar Abdel Rahman, résident américain !

  Omar Abdel Rahman  avait séjourné, dès sa sortie des prisons du Caire, en 1984, (exfiltré par les Américains ?)à Peshawer. En 1989, il obtient sans difficultés apparentes son visa pour les Etats Unis .Il s ‘installe dans le New Jersey et prêche dans les deux mosquées d’Al Sala et d’Al Farouk, tout en continuant à dynamiser la Banque de la Résistance afghane, ouverte à New York en 1988 !

  En 1992, le Caire dénonce l’éventualité d’une collusion entre Omar Abdel Rahman et..la Central Intelligence Agency ! Une hypothèse qui sera  ultérieurement confortée par la révélation des nombreux contacts  entre l’Ambassadeur des Etats unis au Caire et la résistance islamiste. Des contacts qui auraient pu aboutir à un « gentleman, agreement » (si l’on peut dire !) : pas d’appui logistique et pas d’aide américaine à l’Egypte pour réprimer l’opposition islamiste contre la promesse par cette dernière d’épargner les ressortissants américains lors des actions violentes susceptibles d‘être conduites dans le futur proche par ladite résistance !

  Quelques années plus tard, Washington finit par se lasser des déclarations enflammées du « Guide Spirituel » (d’autant que la menace soviétique a disparu, et pour cause, des préoccupations directes  de la Maison Blanche).Un  « Guide Spiriruel qui n’hésitait pas à souligner, dès 1996, « que si l’Amérique pouvait occuper l’Egypte, nous aussi, nous pouvons occuper l’Amérique ».

  Les menaces directes à l’égard des Etats Unis vont prendre plus d‘ampleur encore avec  Oussama ben Laden, le « stratège » !

  Tout  a été dit ou presque depuis le 11 Septembre 2001 sur ben Laden. Héritier d’une famille saoudienne enrichie dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, recyclé dans les pétrodollars quant à ses activités licites, le « Banquier du terrorisme » est devenu le leader de la nouvelle mouvance à la mort d’Azam. Le départ de l’Armée Rouge du bourbier afghan va entrainer de facto un repli (certes relatif) d’Al Qaida vers  de nouveaux horizons, contribuant ainsi à son internalisation, en collaboration avec les forces islamistes locales ou en participant à des conflits ouverts, tels ceux qui éclatent en Tchétchénie, en Somalie, dans les Balkans…Ben Laden retourne en Arabie Saoudite, puis doit s’exiler à Khartoum en 1991, exil lié à son opposition de plus en plus forcenée à l’égard de la présence de troupes américaines sur le sol saoudien. Le Soudan devient alors rapidement l’une des plaques tournantes clefs de l’activité terroriste d’Al Qaida : Attentats au Yemen contre des GI’s en route vers la Somalie, attentat de 1993 contre le World Trade Center; attentat de Riyad  en 1995..

L’arrivée au pouvoir des talibans à Kaboul va entrainer le retour de ben Laden en Afghanistan, d’où il lance sa désormais célèbre fatwa « contre les Juifs et les croisés..tout particulièrement contre les Américains Nous sommes désormais bien loin de la période de discrète connivence (euphémisme !)qui illustrait les rapports entre Washington et les fondamentalistes islamistes :

  Ben Laden déclarait en 1997 :

  « Aujourd’hui commence le djihad au nom d’Allah afin d’expulser l’ennemi qui occupe la terre des Lieux Saints…Les jeunes ont brandi l’étendard du djihad contre l’alliance américano israélienne qui occupe les Lieux Saints de l’islam. Ils sont les meilleurs descendants des plus grands de nos ancêtres. Nos jeunes croient au paradis après la mort .Ils savent que, s’ils luttent contre les Etats Unis, leur récompense sera le double de ce quelle  serait s’ils luttaient contre un ennemi autre que les peuples du Livre, les juifs et les chrétiens. Leur seul but est d’aller au paradis en vous tuant. Un infidèle, un ennemi de Dieu tel que vous, ne peut se retrouver dans le même enfer que l’homme pieux qui l’exécute. Lorsqu’on les menace en disant « les tyrans vous tueront », ils répondent : ma mort est une victoire ».Depuis plus de  dix ans, nos jeunes portent des  armes sur leurs épaules en Afghanistan et jurent à Dieu qu’ils continueront aussi longtemps qu’ils auront à porter les armes contre vous jusqu’à ce que, si Dieu le veut, vous soyez expulsés, vaincus et humiliés. Votre problème sera de convaincre vos troupes de combattre alors que notre problème sera de retenir nos jeunes et de les faire patienter jusqu’à ce que vienne leur tour de se jeter dans le combat et d’accomplir leur mission. Ces jeunes sont dignes de louanges…Ils savent que celui qui n’est pas tué mourra de toute façon et que la mort la plus honorable est d’être tué  en combattant dan la voie de Dieu ».

  En Octobre 1998, les deux attentats commis simultanément contre les ambassades américaines de Dar el Salam et de Nairobi font plus de 240 morts et des milliers de blessés. En Octobre 2000, un nouvel  attentat est perpétré contre le destroyer US Lincoln. Et, le 11 Septembre 2011, les attaques contre les trois symboles les plus édifiants de l’Empire américain, la finance (via les Twin Towers), le pouvoir militaire (via le Pentagone) et le politique (via la Maison Blanche, qui sera quasi miraculeusement épargnée) au delà de l’horreur de ses quelques 3000 morts, fait basculer l’Amérique en particulier et le monde en général dans un  « ordre » international inédit..Les Etats Unis de George W Bush vont… désormais déclarer « la guerre contre la terreur » (ou « guerre contre le terrorisme).  

Les Etats-Unis et la « croisade contre le  terrorisme » . 

Pour être tout à fait précis, ce n’est pas George Bush qui lança ladite « croisade ».Durant son second mandat, Bill Clinton, sans employer des termes aussi édifiants, devait promulguer tout un train de lois anti terroristes, dont le fameux « Antiterrorist and Effective Death Penalty Acte ». Il faut dire qu’à cette époque, eu égard aux attentats anti américains évoqués supra, une organisation comme le Front islamique  devait affirmer publiquement : «  Abattre les Américains et leurs alliées  est un devoir pour tout musulman et il peut accomplir ce dernier  partout où cela est possible ».

L’Administration Bush, au lendemain du 11 Septembre, va aussi s’inspirer dans sa guerre contre le terrorisme, des déclarations de l’Organisation de Coopération de Shangai  du 15 Juin 2001, officialisant la guerre aux trois forces du Mal, le séparatisme, l’extrémisme et..le terrorisme » ; et de l’adoption par le Conseil de Sécurité des nations Unies de la résolution 1373..Une première au chapitre du Droit International, puisque  elle rend obligatoire « pour tous les Etats membres de l’ONU de pénaliser l’aide aux activités terroristes et à mettre fin à leurs aides financières, tout en recommandant la communication systématique de toute information relative aux groupes susceptibles de préparer des actes terroristes.

Résolution qui, on le sait, sera actualisée par ledit Conseil de Sécurité en 2005 (résolution 1624, qui ajoutera aux considérants précédents une mesure  relative..au respect des Droits de l’Homme dans le cadre de la  lutte antiterroriste ». 
  
 

Dès le lendemain des événements du 11 Septembre, eu égard à l’échelle de ce drame historique, toute une gamme d’initiatives sont prises : : conjoncturellement, d’abord (une vague d’arrestations déferle durant deux mois : près de 1300 personnes sont arrêtées, mises e détention «  incomunicado », pour la plus grande part d’ origine arabe  ou en provenance d’Etats musulmans. Le Département d’Etat, en Janvier 2002, établit une liste de plus de 300 000 immigrés en situation irrégulière, en ciblant notamment quelques 6 500 personnes originaires de pays arabes répertoriées comme « potentiellement suspectes » ;  une nouvelle Agence chargée de surveiller les frontières et le trafic aérien est mise en place, le « Department of Homeland Security », disposant d’un budget de plus d e 30 milliards de dollars et regroupant près de 200 000 fonctionnaires  issus de quelques 23 services fédéraux !!

L’Administration Bush  crée aussi, en Novembre 2003, le « Terrorist Screeming Center », agence fédérale cogérée » par le FBI, pour identifier et stocker des données relatives aux indididus ayant été repérés comme « susceptibles d’être terroristes »  par une ou plusieurs  agences gouvernementales « classiques »

Mais l’initiative la plus spectaculaire réside  sans dote dans l’adoption du « US Patriot Act »

  Le 24  Octobre 2001, un mois et demi à peine après les attentats, le Congrès US adopte à une touchante (et fort compréhensive) quasi unanimité, le « USA Patriot Act » .Cette loi d’exception comprend toute une gamme de mesures ayant un seul objectif :améliorer  l’efficacité de la prévention et de la répression des actes terroristes. 

  Critiquée dès sa genèse par un certain nombre d ‘associations  (comme l’American Civil Liberties Union »,  cette Loi instaure explicitement un statut de « combattant illégal ».Gràce à ce statut, l’Administration a pu également s’évader des contraintes séculaires de l’habeas corpus :emprisonnement de personnes soupçonnées de projeter des actes terroristes sans inculpation, extension de l’utilisation des « lettres de sécurité nationale », autorisation de facto des Agences Fédérales  à quérir des informations nominatives relatives à n’importe quel quidam ; création de passeports biométriques ;perquisitions au domicile d’individus en l’absence de la personne perquisitionnée etc…(en claire violation du IVeme amendement de la Constitution) ; et, plus spectaculaire sans doute aux yeux de l’opinion publique internationale, incarcération de suspects sur la base militaire  de Guantanamo, symbole ,avec l‘arrivée des premiers prisonniers talibans et d’individus soupçonnés d’appartenir au réseau d’Al Qaida, dans des conditions de détention singulièrement éloignées des principes classiques formulés par le Droit International ! 

  Moins spectaculaire peut être, mais néanmoins révélateur : l’Administration Bush va « étoffer » de manière édifiante la fameuse liste des organisations jugées comme « terroristes » par le Département d’Etat.

A la fin du mandat de Jimmy Carter, ledit Département avait  officialisé une liste de quelques 47 organisations, dont 31 directement liées aux mouvances islamistes  sensu lato (de Al Qaida au Groupe Islamique Armé, des Brigades des Martyrs d’Al Aqsa au Hamas, du Jihad Islamique à l’Organisation Abou Nidal etc…

  Suite au Patriot Act, une seconde liste d’organisations « terroristes »  est publiée, a « Terrorist Exclusion List » : elle ne recense pas moins de  59 entités, dont 20 liées plus ou moins directement à des mouvements islamistes ! Evolution significative de l’éventail ,majoritairement illustré désormais par des organisations peu ou pas du tout concernées par le terrorisme islamiste mais révélatrice du souci de la Maison Blanche de « tirer profit »  des menaces islamistes fondamentalistes pour   fortifier sa vigilance à l’égard de toute une gamme de mouvements révolutionnaires ,éparpillés, ici ou là ,à travers la planète ::Alex Boncayo Brigade, Armée de Libération du Rwanda, Armée Rouge Japonaise, Irish Republic Army, Nucleo Proletario Rivoluzionario, Parti Communiste du Népal, Usler Defence Association .et même un « People Agaisnt Gangsterim and Drugs » (sic)

  Une liste qui sera ultérieurement complétée par la publication d’une troisième série de 43 références organisationnelles plus cosmopolites encore, de l’Al Badhr Mauhajedin au Parti Communiste de l’Union Indienne (maoïste), des groupes de Résistance Antifasciste  du Premier Octobre à l’Epanastatikos Agonas, du Tunisian Combattant Group au Heznollah Turc etc. Fermez le ban ! 

Obama et le terrorisme international : 

  Au-delà  de quelques gestes symboliques hautement significatifs, (comme l’abandon officiel des termes  de « guerre contre le terrorisme », remplacés par un euphémisme  passablement controversé : « oversees contingency operations » (resic), Barak Obama, dès son arrivée à la Maison Blanche, a indéniablement pris quelques mesures concrètes, loin  d’ être négligeables, comme la fin des interrogatoires incluant l’usage de la torture, et  l’annonce « prochaine » de la fermeture du camp de Guantanamo.

  Force est de constater que, depuis quelques mois, en la matière, la posture américaine  a progressivement retrouvé les principaux  traits de caractères  de l’ Administration précédente. .Une évolution plus que  vraisemblablement liée à certains évènements récents, comme l’arrestation de Najibulah Zazi, en Septembre dernier et, plus spectaculairement, l’attentat fort heureusement déjoué du 25 Décembre, sur le vol Amsterdam Détroit.. 
 
  La fermeture de la base de Guantanamo, annoncée le 21 Janvier 2009, et qui devait intervenir au cours de l’année. est reportée, eu égard à l’apparition de nombreuses résistances, y compris à l’échelle du globe, peu de pays (c’est le moins que l’on puisse dire) se déclarant prêts à accepter d‘accueillir les anciens détenus de la base. D’autant qu’un nombre appréciable d’anciens détenus ont immédiatement rejoint Al Qaida, ici ou là , notamment au Pakistan et au Yemen ?

L’échec d’Adu Nigeraina Addulmutallab a  mis aussi en lumière les failles du système actuel de sécurité et de prévention..

  Comme le déclarait Obama le 5 Janvier dernier, « lorsqu’un terroriste suspect capable d’embarquer dans un avion avec des explosifs le jour de Noel, cela signifie que le système a échoué d’une manière potentiellement dramatique ..Des éléments de notre Intelligence savaient que Ular Abdulmutallab avait voyagé  au Yemen et qu’il avait rencontré des extrémistes. Nos services savaient que Al Qaiida dans la péninsule arabique s’apprêtait à frapper les intérêts américains aux Etats Unis eux mêmes…Le gouvernement des Etats Unis disposait d’informations suffisantes pour déminer ce complot. Mais nos services ont  échoué à mettre les données en commun.. »

  Au delà des mesures prises par l’Administration Obama pour améliorer l’efficacité desdits servives, on peut concevoir, dans ce contexte, l’indéniable « raidissement » de la politique US en  la matière. Un raidissement confirmé par le récent affichage de la liste officielle des « Parains du terrorisme » ceux que Washington qualifie de « commanditaires du terrorisme d’Etat ».

  Cette liste comprend aujourd’hui  14 Etats : dix sont considérés comme des « pays à risques » :l’Afghanistan, l ’Algérie, l’Irak, le Liban, la Libye, le Nigéria, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, la Somalie, le Yemen.. Guère de surprises, à la réserve près que l‘on avait cru comprendre que le Colonel Khadafi avait disparu du club des « Etats voyous » pour rejoindre le cercle des individus respectables, et que l’on peut s’étonner, dans la logique de la Maiosn Blanche et du  Pentagon,e, de certaines absences( La Corée du Nord ,par exemple)

Quatre pays sont officiellement déclarés « Etats sponsorisant le terrorisme». La présence en leur sein du Soudan, « République Islamique », élément incontournable de la problématique complexe de la Corne de l’Afrique, de la Syrie et de l’Iran, n’ont rien de surprenant. Le dernier « élu », en revanche, est tout un symbole, témoin de la pérennité de thèmes séculaires (ou presque) de la politique étrangère des Etats Unis, de ses obsessions et de l’indéniable confusion (volontaire ou involontaire) qui caractèrise depuis plusieurs générations la vision nord américaine des risques  :Cuba !!

Il est vrai que depuis le de la Loi d’embargo Helms-Burton de 1996, La Havane est plus que jamais dans l ’œil du cyclone américain ; que l’article III de ladite Loi déclarait (une grande première en Droit International) que l’embargo serait levé avec le « départ » de Fidel et de  Raul Castro »; que depuis cinquante ans désormais, chaque matin que Dieu fait (on est  très pratiquant aux Etats-Unis) la première préoccupation des locataires de la MaisonBlanche , qu’ils soient démocrates ou républicains, concerne la situation de Cuba !.

Après tout, en 1901, Théodore Roosevelt, un demi siècle avant la révolution castriste,ne déclarait il pas , avec son sens des nuances devenu légendaire :

 « Je suis  si fâché contre  cette infernale petite république de Cuba que j’aimerais quelle soit rayée de la carte ». Tout simplement ! "  


  Jacques Soppelsa

  Président honoraire de l’Université de Paris I

  Professeur de Géopolitique en Sorbonne 

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 22:48
Faculté de Science Politique

Master 2 Relations Internationales
 Séminaire :

L’Europe dans les Relations Internationales Le rôle de l’Union Européenne face à la situation des droits de l’homme en Colombie.

Présenté Par: Carolina Hernández Páramo
Présenté à: Monsieur Jacques SOPPELSA

Pour consulter ce mémoire, cliquer sur le document suivant :

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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 18:58
DECLARATION DE ST BONIFACE.
Contribution « géopolitique ».

Au-delà de l‘intérêt strictement juridique présenté par ladite Déclaration, élaborée par l’O I F le 14 Mai  2006 et de la volonté  de cette dernière, Organisation non gouvernementale, de collaborer sur tous les plans avec les organisations supra étatiques dans leur souci d’éradiquer maints fléaux planétaires, les rédacteurs de ladite déclaration mettent l’accent, directement, ou indirectement, sur trois thèmes géopolitiques majeurs à l’orée de ce nouveau siècle
-       la  pérennité des conflits
-       les aléas du contrôle des armements
-       l’aggravation de la fracture entre les pays nantis du Nord et les pays démunis du Sud,  « l’inégal développement »


1)      La prévention des conflits, un objectif plus que jamais d’actualité.


    A) eu égard à la multiplication des contentieux et des guerres ouvertes depuis un demi siècle

La   période contemporaine  se caractérise fondamentalement par un essor croissant du nombre de conflits ouverts, parallèlement  (mais ceci est loin d’être étranger à cela !) à une militarisation soutenue de la planète.
Au cours de la période 1945-1975, le bilan concret établi par les experts de l’ONU évoquait 71 conflits de premier ordre, qui ont fait plus de 12 millions de morts « directs » (5 millions entre 1960 et 1960,  7 millions entre 1960 et 1975). Pour le dernier quart de siècle, les estimations s’élèvent également à quelques 5 millions. Avec  un constat spatial supplémentaire édifiant : sur la  centaine de pays affectés par un conflit armé au cours des cinquante dernières années, 87% étaient le fait de nations sous développées, dont 36% pour les pays les moins avancés (PMA) .

   B) engendrant une typologie édifiante de conflits

La multiplication de ces conflits ouverts s’est aussi traduite, via la « polémologie », par de nombreuses esquisses typologiques. On peut distinguer notamment :
- les conflits interétatiques
-les conflits « post coloniaux »
-les conflits intra étatiques.

Les premiers, les plus « classiques », (ceux qui ont égrené tragiquement l’histoire del’humanité au cours des millénaires), illustrés par exemple par les guerres de Corée ou de la péninsule indiennes ou par les conflagrations du Proche et du Moyen Orient, sont désormais minoritaires (25% pour le denier demi siècle) ; les seconds, séquelles du processus de décolonisation, du Viet Nam aux Afriques francophones ou anglophones, également de l‘ordre de 25%- se sont naturellement raréfiés à la fin du dernier siècle, avec la quasi  disparition des colonies !
Le troisième type (du Biafra au Bangladesh, de l’Indonésie au Cambodge, du Rwanda à la Somalie.) concerne par essence des espaces géographiques plus limités. Ils sont devenus majoritaires. Plus révélateur encore : un seul conflit ouvert a directement opposé deux nations développées du globe au cours du dernier tiers de siècle : la Grande Bretagne et l’Argentine, avec la « Guerre des Malouines », un cas de figure par ailleurs aberrant !
La multiplication des conflits  est donc, pour l’essentiel, l’apanage des contrées du Tiers Monde en général, et de « l’Arc de crise » en particulier.


C) et constituant un paradoxe fondamental, à l’heure du contrôle des armements.

Certes, est c’est loin d’être insignifiant, la planète, depuis 1945, n’a pas connu de troisième guerre mondiale !!  Constat directement lié à l’aventure nucléaire, à la spécificité de l’arme atomique, et aux effets persistants du système bipolaire et de la logique des Blocs, désormais caducs.
La prolifération des conflits  localisés, en revanche, peut paraître paradoxale, puisque, depuis l’aube des années soixante dix, le monde via, notamment, les Etats-Unis (déclaration de Richard Nixon en Janvier 1970) puis l’Organisation des Nations Unies, a proclamé « la  guerre à la guerre » et officialisé la promotion de la Paix par la voie du désarmement ! Et que la plupart des Etats développés ont multiplié signatures et ratifications de maints traités relatifs au contrôle des armements !


    2) Les aléas de la Promotion de la Paix par la voie du désarmement.


A)      la « révolution » des années soixante  dix :

De fait, la période des « seventies » s’est essentiellement illustrée, en plein coeur de la détente, par des actes, certes significatifs,  en matière de « contrôle « des armements. Témoin l’édifiant Traité  « SALT » (relatif aux armements stratégiques à portée intercontinentale), conclu en 1974 par Moscou et par Washington  (et qui a, en réalité, abouti à une sophistication spectaculaire (mirvage) desdites armes) ; témoins aussi les nombreux traités multilatéraux, très souvent ponctuels, comme le Traité de Tatlelolco ( non nucléarisation de l’Amérique Latine),la Convention sur l’environnement de 1972 ou les Accords destinés à interdire la fabrication de certains types d’armes (armes biologiques, chimiques…)



B)      l’hypocrisie de la période contemporaine :

La  plupart de ces Traités ou Accords, dument ratifiés (encore que le plus important d’entre eux, celui relatif à l’interdiction des essais nucléaires, attend depuis dix ans sa ratification par le Congrès américain !) ont  été suivi de peu d’effets concrets.
Témoin le thème dramatique des mines anti personnels, toujours d’actualité :: En 1973, les 112 signataires de la Convention sur l’interdiction de certaines armes jugées excessivement pernicieuses » (sic) ont ainsi mis hors la loi les « mines, pièges et autres engins analogues ».Ce qui n’a guère empêcher les belligérants de part le monde à s’acharner à transformer rapidement une partie de la péninsule indochinoise ,ou les campagnes d’Angola ou du Mozambique  en des contrées particulièrement riches en champs de mines anti personnels

C)      une situation pénalisant, d’abord, le Tiers Monde

Les effets directs du système bipolaire, puis l’abandon progressif de toute hypothèse de conflit direct entre les puissances du monde développé, arc boutés sur la possession de l’arme nucléaire, sous peine de déclencher l’Apocalypse, se sont donc traduits par  une concentration soutenue des points chauds du globe dans les contrées dites « en voie de développement ». Avec un corollaire direct : la sur militarisation de ces desesperados du Tiers Monde, parallèlement à une montée en puissance des nations du Sud dans la hiérarchie des acheteurs d’armes et de systèmes d’armes. (Le Japon, premier des pays nantis du Nord en matière d’achat d’armes, n’apparait qu’au treizième rang dans la hiérarchie des acheteurs  mondiaux en 2008)


3) L’aggravation de la fracture entre pays du Nord et pays du Sud


A)  les ambiguïtés de l‘inégal développement :

La notion d’inégal développement, reprise par l’OIF, est ambigüe : elle masque mal (« politically correct » oblige) les disparités de fait entre les Etats du Sud ( maints pays  n’ont guère décollé sur l’échelle de Rostow ,et il existe désormais un véritable abîme entre certains M P A et les nantis du pétrole, par exemple) ;  a fortiori, l’aggravation de la fracture entre Nord et Sud  révélée par la plupart des indicateurs économiques et sociétaux ;e.
Certains indicateurs classiques sont particulièrement éloquents, telle l’espérance de vie à la naissance : la plupart des Etats voisins de la république Sud Africaine révèlent aujourd’hui une espérance de vie se situant en deçà de la barrière des 50 ans  (42 ans pour le Lesotho, le Botswana ou le Zimbabwe, soit pratiquement la moitié de l’espérance de vie des nations de la « vieille Europe » !



 B) les caractères fondamentaux du « sous développement »

La pérennisation des conflits localisés, et leurs séquelles directes, s’ajoutent à la longue litanie des fléaux du sous développement  (démographie mal contrôlée, surpeuplement, sous nutrition, malnutrition, maladies endémiques, épidémies, analphabétisme, exode rural, structures économiques paralysantes. C’est dans  semblable contexte que s’inscrivent les effets directs de la multiplication des guerres.
 L’exemple des mines anti personnels figure parmi les plus éloquents : dans les campagnes du Nicaragua, criblées de mines par l’armée U S, sous la  présidence de Reaegan,  les peones s’habituèrent dans leur chair à la géographie des dites mines pour éviter dans leur cheminement quotidien  ces lieux de mort..jusqu’à l’arrivée du typhon El Nino qui, bouleversant les données microgéographique, s’est ingénié à perturber ladite configuration, de telle sorte que les péones ont redécouvert de manière dramatique les séquelles de la lutte des « contras » à l’égard des  sandinistes et de l’application concrète de la  doctrine Reagan relative aux conflits de « basse intensité ».

 C)…et ses principales conséquences en matière de prévention des conflits.

En 2005, le volume total des transactions  en matière de matériel d’armement (soit  le quart environ de l’ensemble des budgets consacrés aux dépenses militaires de la planète) était estimé à plus de 50 fois le total des aides internationales aux programmes de type humanitaire ! On comprend mieux le souhait  de l’O I F de collaborer à la prévention  des conflits et, en amont, à la promotion de la paix internationale et de la sécurité humaine, encore bien hésitante à ce jour !

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 08:04
Suite de l'article précédent par Fabrice Rizzoli
Le problème de la justice face au crime organisé et à la corruption

Le corps des magistrats est décrié comme « corrompu » mais en réalité, le problème est qu'il traite peu d'affaires réellement poursuivies. Les magistrats restent souvent en place toute leur carrière dans le même tribunal majoritairement de petite taille. Ils n’ont pas toujours une activité suffisante garantissant leur compétence et l'efficacité de la Justice. Ils ont, par ailleurs, des liens trop proches avec certains de leurs justiciables qui les empêchent de rendre une justice impartiale. La magistrature n'est pas sélectionnée ni formée uniformément d'où une compétence « variable », une remarque qu'il convient de tempérer puisqu'une section spéciale pour le crime organisé vient d'être créée. Il manque encore un concours pour la magistrature, prévu mais dont le projet de loi n'a pas encore été soumis au Parlement1. Il subsiste une culture de la soumission issue de la période communiste (« peur de faire des vagues », prises de positions courageuses encore trop peu nombreuses...). Les magistrats ont souvent un comportement de « fonctionnaires aux ordres » plutôt que de magistrats indépendants. Le gouvernement vient de prendre plusieurs décisions visant à réformer la justice :

- modification de la carte judiciaire et notamment le passage de 134 à 60 tribunaux civils de 31 tribunaux de base,

- instauration d'une évaluation des magistrats,

- séparation du corps de juges du siège et des procureurs (il n'est pas certain que ce soit un progrès mais c'est une réforme...),

- modernisation des statuts et augmentation de l'autonomie des conseils supérieurs par rapport aux autres pouvoirs,

- loi sur la confiscation des biens saisis à la criminalité organisée,

- obligation de déclaration de patrimoine pesant sur les fonctionnaires,

- instauration d'une responsabilité pénale des personnes morales,

- loi sur les marchés publics,

- création de l'agence de lutte contre la corruption.


La réforme dans les textes n'est qu'un début. Il faudra juger les faits. Les derniers gouvernements ont montré une certaine capacité à faire adopter des lois sans en anticiper les conséquences ni donner l'impression de se soucier réellement de leur mise en œuvre.

L'application de la nouvelle carte judiciaire n'a pas été anticipée et ne semble pas réfléchie par le gouvernement, qui n'y a pas non plus mis les moyens nécessaires (suppression des tribunaux, mais maintien des sections détachées sans savoir comment vont se réaliser les mouvements de dossiers, de juges et comment vont se préparer leurs audiences...)

Le gouvernement actuel pense donner des gages de bonne volonté à l'Union européenne en créant les institutions qu'elle exige mais ne donne aucun moyen à ces nouvelles institutions (bâtiments, budget, personnels...) ou n'y nomme que des personnes non indépendantes, les rendant inefficaces. Ainsi, la personne qui devait s'occuper de la future agence de lutte contre la corruption a-t-elle démissionnée avant son intronisation. Par ailleurs, la création d'une véritable police judiciaire spécialisée dans la lutte contre le crime organisé n'est pas à l'ordre du jour. Comme dans toute démocratie, le progrès dépend de la classe politique.



La classe politique, véritable frein au changement

Le système parlementaire serbe fait la part belle aux partis même petits, qui exercent un chantage néfaste. Lors de la dernière législature2, le parti des retraités a obtenu un poste de vice-premier ministre, pour quelques députés qui peuvent renverser la majorité. Le gouvernement a été contraint d'augmenter les retraites ce qui a grevé le budget juste avant le début de la crise économique créant une nouvelle contrainte pour l'adhésion de la Serbie à l'Union. Pire, au début de chaque mandature, les députés nouvellement élus remettent leurs mandats à la direction de leur parti (une lettre de démission signée en blanc). Aux dernières élections, le chef de file d'un parti s'en est allé avec les démissions pour former un autre mouvement !

Même lorsque la classe politique mène à bien une réforme, il semble qu'elle augmente la pratique de la corruption. Par exemple, pour faire face au chômage, le législateur a prévue des petits emplois peu rémunérateurs multipliant les acteurs pour la prise de décisions administratives. Issue de la mentalité communiste, cette réforme implique que pour l'obtention d'un permis de construire, les citoyens demandent une dizaine d'autorisations. Le rallongement des délais incite les citoyens à de touts petits actes de corruptions qui conditionnent les mentalités.

A une autre échelle, les soupçons de corruption des partis politiques sont assez élevés et ce parce que leur financement reste occulte malgré les lois récentes prises en la matière. La corruption a une influence sur la vie publique en Serbie et donc incidemment sur l'institution judiciaire, nommée par le Parlement, lui-même contrôlé par les partis.

Plus généralement, le comportement des hommes politiques vis à vis des magistrats et de la justice portant atteinte à son indépendance y compris au niveau institutionnel3, ce qui privent les citoyens de la séparation des pouvoirs, garantie démocratique minimum. Actuellement, il semble que c'est l'argument le plus défavorable à une candidature réellement sincère de la Serbie aux « standards européens ».


L'intégration de la Serbie sera longue mais freiner ce processus est contre-productif. L'Europe agira mieux contre la classe dirigeante et influera sur les mentalités une fois que la Serbie sera dans l'Union européenne. Il ne sert à rien de stigmatiser la corruption en Serbie alors qu'elle semble encore plus prégnante en Bulgarie, pays déjà dans l'Union. La Serbie possède des ressources. Un tour sur le marché « asiatique » permet de voir que les minorités et en particulier les Rroms sont mieux considérés qu'en Roumanie, pays déjà dans l'Union4. Enfin, si l'Europe n'est pas la panacée à tous les problèmes des citoyens, elle a le mérite d'avoir imposé la paix; ce dont les Balkans ont un impérieux besoin sur le long terme.


1 Le futur concours pour l'entrée dans l'école de formation devra, pour être réellement démocratique, être accessible à tout étudiant ayant pu obtenir un diplôme avec des épreuves anonymes et écrites ce que toutes les universités ne proposent pas encore, et sans que des pré-conditions empêchent certains de concourir (rien n'indique pour l'instant qu'il sera fait d'une façon réellement anonyme ou en tous cas que les conditions d'accès permettront à tout candidat d'y participer - la condition d'avoir exercé pendant deux ans en tant qu'assistant dans un tribunal donne en réalité aux chefs de juridictions (nommés par l'exécutif) le pouvoir de conférer le statut de candidat potentiel - ou non)

2. Suite à la crise gouvernementale provoquée par la déclaration d'indépendance du Kosovo, le 11 mai 2008, des élections législatives anticipées ont permis l'instauration d'un gouvernement pro-européen.

3. Une loi mettant fin à toutes les fonctions judiciaires fin 2009 - atteinte à l'inamovibilité – permet aux dirigeants politiques de ne renommer que certains magistrats dans leur fonction, sans que les critères en soient clairement définis ni transparents ni applicables contradictoirement. Cette loi créé un lien entre la justice et le pouvoir législatif, en réalité aux mains des partis et donc du pouvoir exécutif.

4 Sur deux marchés couverts modernes, les trois communautés asiatiques, roms et serbes ont des stands officiels, ce qui témoigne d'un climat différent de celui rencontré dans d'autres pays. Pour connaître la situation des Roms, première minorité de l'Union Européenne : http://www.romeurope.org

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