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  • : La géopolitique par Jacques Soppelsa
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Cv Jacques Soppelsa

Agrégé de géographie , Docteur d'Etat ,et Professeur de géopolitique à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne). Retrouvez le Cv résumé en cliquant sur le lien suivant : Jacques Soppelsa

Recherche

Publications

1971 : Les Etats Unis (PUF)
1972 : Géographie Universelle (2 tomes) Livre du mois
1973 : Le Moyen  Orient (3 tomes) Mang
1975 : L'économie des Etats Unis (Masson). Livre du mois
1976 : La Géorgie méridionale et le Vieux Sud des Etats Unis (thèse)
1979 : Les grandes puissances (Nathan)
1980 : Géographie des Armements (Masson) Livre du mois
1981 : Histoire du Far West (Larousse  BD) 32 facsicules en coll.
1982 : La Terre et les hommes (Belin)
1984 : Des tensions et des armes (Publications de la Sorbonne)
1986 : Lexique de  Géographie Economique (en coll  Dalloz)
1988 : Lexique de Géopolitique (Dir. Dalloz)
1992 : Géopolitique de 1945 à nos jours (Sirrey)
1994 : La Patagonie (en coll. Autrement)
1995 : Los Frances en Argentina (en coll .Zago)
1996 : La dictature du rendement (Ellipses)
1997 : Dix mythes pour l'Amérique (Colin)
1999 : la démocratie américaine (Ellipses)
2001 : Géopolitique de l'Asie Pacifique (id)
2003 : Le Dialogue régional en Amérique Latine (Ellipses)
2005 : Les Etats Unis .Une histoire revisitée (La  Martinière-.Le Seuil)
2006 : "Dix morts en sursis" -Roman de Géopolitique fiction- Editions du Club Zero
2008 : Géopolitique du monde contemporain (en coll.) (Nathan)

2009 : Les sept défis capitaux du Nouvel Ordre Mondiale

2010 : Dictionnaire iconoclaste de l'immigration

2011 : Géopolitique et Francophonie

2012 : Louis XVII, La piste argentine

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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 14:39

 

 

Du relais du contrôle des armements par le concept de désarmement:1985-2001

Trois évènements majeurs ,en ce domaine, ont illustré cette période charnière,à la veille du traumatisme du 11 Septembre 2001:l'Accord de Washington de 1987, le Sommet de Paris de 1990 et le traité CBT de 1996.

-L' Accord de Washington: un traité historique ?

Il suscita en son temps,sans trop d'exagération,un enthousiasme médiatique exceptionnel.Il s'inscrit totu d'abord dans le droit fil des nombreuses négociations multilatérales inaugurées à Helsinki,en 1973.. C'est là que,pour la première fois, sont abordées simultanément cinq "corbeilles": les armements nucléaires stratégiques; les armements préstratégiques;les armes conventionnelles;les mesures de confiance et de vérification et, sous la pression des puissances occidentales, la question des "Droits de l'Homme" (dans la foulée de la retentissante publication de "l'Archipel du Goulag" d 'Alexandre Soljenytsine) Ces négociations sont poursuivies à Vienne, à Stockholm, à Athènes, à Madrid, à Genève (la fameuse "rencontre au coin du bois") et à Reykjavik,en 1986, où les deux ténors de l'époque, Ronald Reagan et Mikhael Gorbatchev, le père de la Glasnost et de la Perestroïka (incidement,le bien involontaire fossoyeur..de l'Union Soviétique et du Bloc de l'Est), mirent la dernière main aux grandes lignes du Traité, conclu le 18 Septembre 1987. L'annonce de sa signature est saluée dans le monde entier.Le Ministre danois des Affaires Etrangères , par exemple, n'hésite pas à déclarer: '"il s'agit là d'un évènement historique, car c'est la première fois qu'un accord est conclu sur le démantèlement de toute une catégorie d'armements".Et le Chancelier Helmuth Kohl,de disserter à Bonn sur "la première véritable oeuvre de désarmement".Paradoxalement, l'un des protagonistes majeurs, les Etats Unis en l'occurence, s'avère beaucoup plus froidement réaliste ! " Nous souhaitons des accords de contrôle des armements avec les Soviétiques, et eux en souhaitent avec nous, parce que nous sommes adversaires. Entre amis, il n'y a pas besoin de semblables accords. C'est l'intérêt réciproque qui nous fait agir ainsi,et l'avantage réciproque reste le critère nécessaire à un accord sur le contrôle des armements entre les deux Superpuissances" soulignait le Ministre américain de la Défense. Cet accord porte explicitement sur les "forces nucléaires intermédiaires", non stratégiques ,c'est à dire d'une portée inférieure à la limite ,arbitrairement fixée, à cette date ,de celle des missiles intercontinentaux, soit 5500 kilomètres.Ce osnt les désormais célèbres "euromissiles" ,maladroitement baptisés et popularisés par des journalistes européens un tantinet nombrilistes .dans la mesure où ils concernaient notamment les rampes de lancement de missiles soviétiques implantées sur le versant occidental des Monts Oural, et donc susceptibles d'atteindre les principales capitales d'Europe Occidentale..Mais une star française des medias n'hésita pas,à l'époque, à parler d"euromissiles à propos des rampes installées sur la pénisule du Kamtchaka..et menaçant le littoral américain de l'Océan Pacifique !Mais, et ce n'est pas neutre, examinées dans le détail, ces armements intermédiaires (ou préstratégiques)s peuvent t être(et furent) divisés en trois sous groupes:

-les SNI, ("Short Range Nuclear Forces"), les "Forces Nuclaires à portée la plus courte",c'est à dire, par convention,inférieure à 500 kilomètres, et donc susceptibles d'être utilisées es qualité d'armes tactiques, sur le champ de bataille;

-les SRINF ("Shorter Range Intermediate Nuclear Forces"),les "Forces Nucléaires Intermédiaires à plus courte portée",une portée comprise entre 500 et 1000 kilomètres. C'est cette catégorie d'armes qui aaait fait l'objet de discussions serrées durant l'entrevue de Reykjavik (option"double zero" , proposée par Mikhael Gorbatchev):

-les N I F" ("Nuclear Intermediate Forces") les Forces Nucléaires Intermédiaires stricto sensu, celles qui étaient évoquées dans la proposition de Ronald Regan en 1981 ("première option zero"), d'une portée comprise entre 1000 et 5000 kilomètres !

Cette distinction, apparemment absconne, permet toutefois de souligner le caractère partiel des Accords de Washington.Ne sont concernés, en définitive,que les sytèmes d'armes implantés à terre et laissant "hors sujet" ,par exemple, les missiles de croisière américains ou soviétiques équipant éventuellement des navires de surface et donc,a fortiori, des sous marins lance engins, et les SNI stricto sensu.

Au lendemain de la signature des Accords, les Russes pouvaient ainsi continuer à menacer directement,et sans états d'âme, certaines puissances d' Europe Occidentale membres du Bloc Atlantique, comme la République Fédérale d'Allemagne... Constat qui, au moins partiellement, peut expliquer à cette date la relance (certes relative) des "mouvements pacifistes dans un certain nombre de capitales européennes ?

Une parenthèse touchant à ces mouvements pacifistes nous parait, ici,indispensable, pour lever toute ambiguïté: Revenons aux Accords de Washington, à cet évènement exceptionnel" cher à Helmuth Kohl .Il n'a donc concerné, en définitive, que 7 à 8% des forces nucléaires des deux Superpuissances ! Des chiffres qui, parallèlement, tout en relativisant la portée quantitative desdites négociations,masquent une autre faiblesse: la pérennisation de zones d'ombres quant aux mesures de confiance et de vérifications. D'autant qu'en ce domaine,comme dans la plupart des secteurs relatifs aux armements et à la défense,le vocabulaire employé est loin d'être neutre.Il peut même s'avérer parfois source de quiproquos, voire de malentendus lourds de conséquences.

Comme nous l'écrivions déjà ,au milieu des années quatre vingt (in "Géographie des Armements"), "le vocabulaire utilisé dans les grandes conférences internationales portant sur le contrôle des armements est parfois plus dangereux qu'un champ de mines".

Trois exemples récents peuvent illustrer concrètement ce propos:

-"Maintien en état" ou "maintien en l'état" des forces nucléaires ?

Ces deux notions, qui opposèrent en France,au cours de la décennie soixante dix, deux partis politiques signataires de l'accord mettant en place l'Union de la Gauche, le Parti Socialiste et le Parti Communiste, traduisent en effet ,au plan technologique , et donc doctrinal, des options sensiblement différentes:le "maintien en l'état", formule chère au P C F, implique un gel,une stagnation et donc à moyen terme, l'obsolescence des matériels;le "maintien en état" défendu par le P S suppose, a contrario, la pérennisation des améliorations techniques, l'essor de la recherche et du développement dans ce secteur majeur des industries de pointe..

-"Prise en compte ou prise en considération":

Ces deux concepts sont plus subtils encore, du moins en apparence. Par exemple,entre 1979 (officialisation de la double décision de l'OTAN évoquée supra) et 1986 ( Sommet de Rekjavik), les Soviétiques et les Américains s'échinèrent à trouver un terrain d'entente quant à la délicate question des armes nucléaires françaises".Les Soviétiques s'obstinaient inlassablement ,a propos desdites forces,à demander qu'elles soient "prises en compte", (bref numériquement comptabilisées) aux côtés de celles des Etats Unis et de la Grande Bretagne, pour mesurer la puissance de feu atomique dont disposait réellement le Bloc Atlantique .Au contraire,les stratèges de l' OTAN, arguant du fait ( par ailleurs incontestable) que la France s'était retirée de l'organisation militaire de l'Alliance, n'étaient enclins à n'accepter que l'hypothèse d'une "prise en considération" des forces de l 'Hexagone, (en d'autres termes, une évocationpurement qualitative) , dans le cadre de la comparaison des capacités militaires "essentiellement équivalentes" , dans l'esprit et la foulée de la défunte doctrine du "Dear Henry", le redoutable Docteur Kissinger... Cette querelle d'experts apparut, en réalité, particulièrement surréaliste du côté de Paris ! Les responsables français de l'époque,comme leurs prédécesseurs .et leurs successeurs, considéraient l'opposition entre ces deux notions comme l'archétype même du "faux problème" A quelques lègères nuances près, le régime giscardien étant parfois perçu par les Historiens comme sensible à l'atlantisme", Paris a toujours condamné radicalement toute prise en compte..et toute prise en considération des forces françaises de dissuation dans ces négociations bilatérales, la France ayant quitté l'OTAN dpeuis 1966. Et comme le suggérait le Général Gallois, grand pourfendeur de l'Amérique devant l'Eternel, dans les années quatre vingt: "Comment serait il convenable de mettre en parrallèle les armements stratégiques des deux Superpuissances et des forces françaises correspondant strictement au seuil de dissuasion minimal, des forces qui ont pour objectif unique d'empêcher une agression (elle serait trop chèrement payée en retour) contre ses intérêts vitaux,?" Rappelons que ses intérêts vitaux sont à mettre en relation avec la "théorie des trois cercles": territoire national, DOM et TOM, flux majeurs d'approvisionnement).

-Retrait ou démantèlement" des forces nucléaires:

Le distinguo, ici ,est beaucoup moins subtil.Ces deux notions,toutefois,ont alimenté avec une belle constance la controverse entre les deux Grands ,de 1979 à 1985, de l'échec des premières propositions soviétiques ("option zéro") à celui des options"double zéro" ! Leonid Brejnev, puis ses successeurs météorites, Andropov et Tchernenko,évoquaient en la matière "le retrait" de l'ensemble des forces nucléaires russes implantées sur le flanc occidental des Monts Oural, vers le secteur oriental de ce massif montagneux,proposition jugée insuffisante par Washington '(Les experts américains faisant observer avec une rare lucidité que s'il était aisé pour les Russes de retirer leurs forces d'ouest en est,à travers l'Oural, il était aussi aisé de leur faire faire ,en cas de besoins le parcours inverse). Cette proposition eut aussi pour effet (toute proposition sécrète des corrolaires parfois imprévus) de produirepar ailleurs une vive émotion du côté des Japonais mais,surtout,des Chinois de la République Populaire,désormais sous la menacedirecte desdites forces, dans l'hypothèse de ce redéploiement spatial! Ronald Reagan, en revanche, exigeait le "démantèlement" ,bref la destruction pure et simple de ces systèmes d'armes. "Nous proposons que l'OTAN ne déplie pas ses nouvelles armes nucléaires à portée intermédiaire, Pershing II et Missiles de croisière,en échange du "démantèlement" par l'Union Soviétique ,de ses missiles SS 21 et SS 22 susceptibles d'atteindre la plupart descapitales d'Europe Occidentale".

2) Le Sommet de Paris ,en Novembre 1990,

Cette rencontre ,elle aussi, fut perçue par la plupart des observateurs, comme une "étape fortement significative". Cette vision optimiste est indéniablemnt moins sujette à caution que la précédente ! 
D'abord,ce Sommet réunit 35 participants, Chefs d'Etat ou de gouvernement, de part et d'autre de l'Atlantique septentrional. Pour la première fois,ces Hautes Autorités sont rassemblées dans le cadre d'une C.S.C.E. ( "Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe") pour "organiser leurs relations sur la base d'un ensemble de principes reconnus par tous".Le Sommet s'achève par l'adoption d'une charte, la "Charte de Paris", articulée autour de trois parties:

-une déclaration solennelle,de portée générale, mais consacrée surtour "à la promotion de relations amicales entre les 35"

-des perspectives concernant les orientations à privilégier, pour le futur proche ,en matière de sécurilté mais aussi de développement économique.

-l'institutionnalisation de semblables sommets, avec la création d'un Secrétariat Administratif (implanté, tout un symbole,à Prague) et d'une Assemblée Parlementaire et d'un Centre de Prévention des Conflits, installés à Vienne, encore un symbole.

Mais le Sommet de Paris est surtout fondamental dans la mesure ..où il valide la signature, entre membres de l'OTAN et du Pacte de Varsovie, d'un spectaculaire accord en matière de réduction des forces conventionnelles campant sur le théâtre européen, un accord mettant théoriquement fin à plus d'un quart de siècle de gesticulations diplomatiques. 
Ici aussi,un (bref) rappel semble s'imposer On le sait,durant toute la période de la Guerre Froide, les relations "européennes" entre les deux Blocs furent largement dominées par la double question allemande, partition du territoire d'une part, spécificité du statut de Berlin, d'autre part. La Guerre Froide,et son contexte inédit de "paix armée" ,se traduisit au plan concret par une concentration poussée de forces conventionnelles sur le terrritoire européen, et plus particulièrement sur l'Europe Centrale. Durant cette période,les propositions de "désarmement régional" échouèrent régulièrement. Par exemple,le Plan Rapacki,en Octobre 1957, proposait à l'Organisation des Nations Unies la création en Centre Europe d'une zone englobant les deux Allemagnes, la Pologne et la Tchécoslovaquie,qui serait désormais exempte d'armements nucléaires.Plan froidement rejetté par le Bloc Occidental,qui considéra son éventuelle application comme "un élément déterminant de destrution de fait de l'équilibre des forces entre les deux Blocs, le Pacte de Varsovie ayant acquis une indéniable supériorité au chapître des armements non nucléaires". A la fin des années soixantes, le "dégel" , l'instauration de la "détente" ou, si lon préfère, de la "coexistence pacifique", modifie singulièrement la donne. En 1968, les Etats membres de l'OTAN (hormis la France...il est vrai, à cette date, particulièrement occupée par le règlement de solides problèmes intéieurs!) s'accordent, lors de la réunion de Reykjavik , sur le principe d'une réduction mutuelle et équilibrée des forces en Centre Europe ("M B F R". .Mutual and Balanced Forces Reduction).

A l'automne 1973, Vienne voit s'amorcer les premières négociations sur ce thème, négociations entrrpises par les 19 membres des deux Pactes. Des négociations qui vont se prolonger jusqu'à la Conférence de Stockholm de 1984, avec beaucoup d'aléas, de retraits, de fausses concessions, de crises. Une décennie indubitablement marquée aussi par l'ombre persistante ,mais souvent mal percue par l'opinion publique internationale, d'un concept majeur. les mesures de confiance.

Les mesures de confiance...

Il s'agit,là aussi, d'un thème effectivements séculaire.Le principe de la création ( ou de la restauration) de la confiance entre adversaires potentiels est, en effet, presque aussi ancien que celui des armements eux mêmes. Souvenons nous: Dès les temps médiévaux,le Connétable de France, Guillaume de Nogaret (très avancée sur son temps,nous l'avons vu, en bien des domaines) était allé jsqu'à proposer "que les adversaires potentiels affichent avant la bataille ,réciproquement, sincèrement et sans roueries de quelques sortes, le véritable volume de leurs forces, pour limiter à l'avance ,autant que faire se peut, l'ampleur du conflit"! Quelques siècles plus tard, au lendemain du Congrès de Vienne, Lord Casltlereagh reprend la balle au bond, si l'on peut dire, en suggérant "que les grandes puissances divulguent sans réserve le nombre et la qualité de leurs arsenaux, pour dissiper les craintes que ces derniers pourraient inspirer". Morny, sous le Second Empire, demi frère de Napoléon III, fera de même au lendemain de la dramatique campagne de Crimée.( dramatique surtout, incidemment, pour les populations locales installées, il est vrai,dans ce secteur riverain de la Mer Noire tragiquement habitué aux guerres de toutes sortes! Encore deux tiers de siècle et ,en 1936, trois ans à peine après la prise de pouvoir par Hitler, dans le cadre suréaliste de la douceur du lac Léman, du côté de Montreux, et sous l'égide de la Société des Nations,les négociateurs vont se pencher, délicatement ,stoïquement, et apparemment sourds aux rumeurs de surarmement et aux bruits des bottes nazies et facsistes, sur le problème...du déploiement des forces navales, toujours en Mer Noire, et reprennent, pour quelques mois, l'idée de cet affichage !.. En 1963, première manifestation médiatique (et fortement médiatisée) de l'ère bipolaire en la matière,les deux SuperGrands  à fin de faciliter les communications bilatélales en temps de crise, et pour réduire les risques d'un conflit qui serait déclenché accidentellement, établissent une liaison par télétype entre le Kremlin et la Maison Blanche, le fameux "téléphone rouge"..Il sera remplacé à partir de 1978 par une liaison satellitaire. Mais c'est à Helsinki, où la Conférence s'ouvre donc en Septembre 1973, que s'amorce l'étape clef de l'élaboration des mesures de confiance. On l'a évoqué supra, à Helsinki, puis à Genève,son avatar direct, la C S C E va s'interesser simultanément à la résolution de l'ensemble des problèmes, concrètement illlustrés par l'évocation , puis le traitement des fameuses "cinq corbeilles". La question des mesures de confiance en fait donc partie. Parrallèlement à celle des "Droits de l' Homme", imposée ,on le sait, par les Occidentaux et en dépit de la résistance assez forte des Soviétiques,ce probème va constituer un sujet plutôt délicat. Mais les négociations finiront par aboutir, dès 1975, à un premier compromis ,qui se concrétise par toute une gamme de mesures significatives;A l'automne 1975, les partenaires de l'OTAN s'engagent, dans ce contexte, "à notifier leurs manoeuvres au camp adverse, à partir d'un volume de forces de l'ordre de 10 000 hommes". A u printemps 1976, les membres du Pacte de Varsovie font de même , ou presque, en proposant ladite notification pour des manoeuvres regroupant plus de 25 000 hommes.* Au printemps 1978, les Etats Unis participent..à des manoeuvres soviétiques! ! Une véritable révolution. C'est la fameuse opération Bérézina, par ailleurs un nom de baptème chargé de connotations historiques peu courtoises à l'égard de l'Histoire. de France! Si la Conférence de Belgrade (1977-1978) n'aboutit à aucun résultat particulièrement révolutionnaire, celle de Madrid (1980-1983) détermine avec succès les conditions préalables à la convocation d'une ...Conférence sur le Désarmement en Europe.Cettedernière s'ouvre en 1984, à Stockholm . Son bilan , en 1986, est indéniablement positif.Les négociateurs se sont en effet mis d'accord sur les régimes d'inspection et sur le seuil numérique minimal de la notification des maneuvres militaires (13 000 hommes) , préalables favorables à de nouvelles négociations, parachevées par l'Accord de Vienne,en Novembre 1990, quelques jours , nous l'avons vu, avant le Sommet de Paris. Un accord qui réduit de manière drastique les forces conventionnelles des Etats membres, tant de l'Alliance que du Pacte de Varsovie.

Le Traité de Paris,dans ce contexte (mais,à notr avis,à plus juste titre que ses prédécesseurs) comme une "étape historique" dans le processus du contrôle des armements.Immédiatement signé par quelques 22 pays, il s'est donc traduit par une diminution très sensible des armements mais aussi par l'établissement de procédures en matières de mesures de vérificationsparticulièrement rigoureuses. Comme le rappelait le Ministre français des Affaires Etrangères de l'époque: "A Vienne, en 1815, les puissances victorieuses avaient réaménagé la carte de l'Europe sans se soucier des peuples et de leurs aspirations.Le Traité de Paris, c'est l'anti Congrès de Vienne. Il n'y a ni vainqueurs, ni vaincus,mais des pays égaux en dignité, et représentant plus d'un milliard d'hommes". (à suivre)

Jacques Soppelsa

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 18:03


De la hiérarchie des Etats nations.

Parmi de multiples conséquences,l'aventure nucléaire a aussi entrainé des bouleversements quant à la hiérarchietraditionnelle des Etats.Sur ce point, en dépit de l'inévitable ambiguïté des données de référence utilisés, la plupartdes géopoliticiens se rejoignaientpour dresser, tout au long du XXeme siècle, des tableaux hiérarchisés révélant, à la fois, l'importance des tendances lourdes et,conjoncturellement,l'impact saisissant de deux "variables",mais non des moindres,les deux conflits mondiaux !.
En 1914, la France et la Grande Bretagne,(avec leurs colossaux empires), l'Allemagne du Second Reich et la Russie tsariste,caracolaient en tête du peloton des Etats Nations,devant les Etats Unis,le Japon,l'Italie,voire l'empire austro hongrois.
En 1918, de sérieuses modifications se font jour: l'Allemagne est vaincue, l'empire des Habsbourg démembré, la Russie bouleversée au plus profond de ses structures.La Grande Bretagne ,suivie de la France, précèdent désormais de peu les Etats Unis (grands bénéficiaires politiques et économiques du conflit); le Japon et l'Italie suivent. En 1939, l'Allemagne hitlérienne domine, dans un contexte tragique,les démocraties anglo saxones, ,la Grande Bretagne et les Etats Unis...La France, vieillie dans bien des domaines, recule.Le Japon de la "Sphère de coprospérité"et l'Italie mussolinienne (les puissances de 'l'Axe) précèdent sans doute l'URSS. La fin du Second Conflit mondial va valoriser les deux géants physiques,à la taille de véritables continents,que sont les Etats Unis et l'Union Soviétique, désormais largement en tête , devant les "vieilles" puissances d'Europe Occidentale ,la Grande Bretagne et la France, précédant les grands vaincus de la seconde guerre mondiale, Italie, Allemagne,Japon..

Aujourd'hui, maints observateurs et analystes proposent, ici et là,à quelques nuances près,la hiérarchie suivante:Les Etats Unis, devant la Russie et l'Allemagne, les deux puisssances asiatiques,Chine et Japon;suivent la Grande Bretagne,la France, l'Italie,le Brésil, l'Union Indienne, le Canada ,le Pakistan..

Nous élevons de très sérieuses réserves quant à l'intérêt objectif de semblable approche; ladite hiérarchie ,par définition,ne prend en compte que les Etats Nations, ignorant toute la gamme des entités supra étatiques qui jouent désormais un rôle majeur dans le concert des relations internationales,aux plans géopolitique et géoéconomique: nous songeons en particulier aux firmes transnationales,(dont les budgets et les capacités d'interventions sont parfois largement supérieures à certaines "puissances moyennes") à certaines O.N.G. ou aux "organisations supraétatiques régionales (de l'ASEAN à l'ALENA, du Mercosur à l'APEC,ou, a fortiori, à l'Union Européenne) à l'heure de la"mondialisation".En outre,les hiérarchies en question reposent systématiquement sur l'utilisation des seuls critères économiques. Elle fait notamment la part trop belle à une référence aujourd'hui très controversée, le "Produit National Brut". Ce dernier, défini conme "la valeur avant investissement des biens et des services obtenus dans l'économie au cours d'une période donnée (comme pouvait le définir Raymond Barre) n'agrège que l' ensemble des productions marchandes Il sous évalue un grand nombre d'aspects positifs de la croissance, oublie de déduire certains aspects négatifs (Jacques Attali se plaisait naguère à souligner que " le "PNB augmente ave la pollution ou les accidents de la circulation") et s'avère,en définitive,bien mal adapté aux structures du monde contemporain.( L'O N U, mais nous y reviendrons,a décidé dès 1990 de le remplacer dans ses analyses comparées par un critère plus complet, l' Indice de Développement Humain) Le PNB, comme les autres critères strictement économiques utilisés par les instances officielles, semble donc tout à fait obsolète

Plus grave: semblable hiérarchie d'Etats Nations ,déjà très discutable en termes de géopolitique,et encore plus mal adaptée aux domaines de la géostratégie proprement dite.Elle ignore,.depuis plus d'un demi siècle, l'élément spécifique de la puissance qu'est la possesion de l'armement nucléaire.L'intégration de cette donnée primordiale dans le champ de réflexion des relations internationales nous autorise, semble t il, à proposer une triple hiérachie d'Etats radicalement différente:

-la (ou les) superpuissance (s);

-les autres membres du "Club Nucléaire" ;

-et les exclus de l'Atome.

La "Superpuissance" est en effet susceptible ,simultanément, de préserver son territoire national (thème de la "sanctuarisation") en dissuadant l'adversaire d'une éventuelle agression ,qui serait trop chèrement payée, tout en disposant d'un arsenal de forces conventionnelles telles que leurs capacités d'intervention extérieure est très élevé". Cette définition s'appliquait, à l'ère de la politique des Blocs et du système bipolaire, aux Etats Unis et à l'Union Soviétique. Elle ne s'applique plus, pour l'instant,qu'aux seuls Etats Unis...

-les autres membres du Club Nucléaire (la Russie,donc, mais aussi la France,la Grande Bretagne,la Chine Populaire,l 'Union Indienne,Israel,le Pakistan,(en 1998) la Corée du Nord (depuis quelques mois)  disposent de la maitrise de l'armement nucléaire, et intégrant dans leurs stratégies le "pouvoir égalisateur de l'atome", peuvent se sentir sanctuarisés.Mais,pour toute une kyrielle de raisons,elles n'ont pas (ou n'ont plus) la capacité de jouer le rôle de gendarme du monde et ne peuvent brandir l'hypothèse de l'utilisation de leur propre nucléaire que dans le cas où leurs intérêts vitaux ( et eux seuls) sont menacés.

-les exclus de l'arme atomique, enfin..toute la litanie des autres nations du globe,y compris celles qui ont volontairement décidé de refuser cette dernière .Mais nous touchons ici du doigt le phénomène incontournable, imprécis, mais plus que jamais d'actualité,de la prolifération.

 

Jacques Soppelsa


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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 18:17



Un peu d'histoire.

Les Négociations S.A L T1 ou l'archétype de la perversité:

Le 26 Mai 1972, le Président des Etats Unis,Richard Nixon,et le numéro 1 de l'Union Soviétique, Leonid Brejnev, signent un traité portant sur "la limitation des systèmes de missiles antibalistiques" (S.A.L.T 1). Notons tout d'abord que la cérémonie consacrée à ladite signature ,concélébrée en grandes pompes,a lieu à Moscou...C'est en effet à l'initiative des Américains que les négociations s 'amorcent.Nixon se déplace en personne chez le "partenaire-adversaire". L'Union Soviétique , à l'époque,reste un compétiteur redoutable...et redouté.

La lecture du texte, premier traité bilatéral de toute l'histoire de l'après guerre en matière de contrôle des armements, est tout à fait révélatrice: 
Son préambule en particulier:

"..Les Etats Unis d'Amérique et l' Union des Républiques Socialistes Soviétiques,agissant en tant que partie: 
-partant de la prémisse qu'une guerre nucléaire aurait des conséquences dévastatrices pour l'ensemble de l'humanité (ce qui est , effectivement, difficilement contestable !) 
-considérant que des mesures efficaces pour limiter les sytèmes de missiles antibalistiques sera un facteur important dans la limitation de la course aux armes stratégiques offensives et conduiraient à une diminution du risque d'une guerre dans laquelle des armes nucléaires seraient utilisées; 
-partant de la prémisse que la limitation des systèmes de missiles antibalisitiques, ainsi que l'adoption de certaines mesures concernant la limitation des armes offensives stratégiques contribueraient à la création de conditions plus favorables pour de nouvelles négociations sur la limitation des armes stratégiques; 
-ayant à l'esprit leurs obligations découlant de l'article 6 du Traité de Non Prolifération des Armes Nucléaires.. déclarent leur intention commune d'arriver à la date la plus proche possible, à l'arrêt de la course aux armements nucléaires".

Nous sommes bel et bien au coeur de la "détente" ou, si l'on préfère, de la "coexistance pacifique". 
Le choeur des Nations Unies va saluer l'initiative des deux larrons par un concert de louanges quasi unanimes . Seuls, quelques individus,confinés dans leurs rôles de méchants, tels le Cubain Fidel Castro, le Libyen Khadafi ou le Chinois Mao Dse Dong, pour des raisons d'ailleurs fort diverses,s'autoriseront à émettre un tout autre son de cloche. La course aux armementsva donc être officiellement stoppée!.
Versant positif (ou officiel, ce qui est, dans ce contexte, rigoureusement la même chose): les acquis du Traité S A L T 1 sont indéniables:L' Accord (articles 1et 2) impose une réduction incontestable d'un type particulier de défense américain et soviétique contre les missiles balistiques.Il gèle le nombre de vecteurs porteurs de ces missiles, tout en actualisant (articles 12 et 13 portant sur les mesures de vérification et de confiance, le célèbre "téleéphone rouge". Les deux partenaires-adversaires se font,certes,confiance, mais ont plus confiance encore dans la nécessité de prévoir des moyens efficaces de vérification mutuellle del' application concrète de l' accord ! Mais le traité en question n'impose,en revanche, aucune restriction quant à l'amélioration qualitative des armes nucléaires, ni au nombre d'ogives équipant chaque missile. 
Avant même la rencontre de Vladivostock,au printemps 1974, les Russes vont s'empresser de moderniser leur arsenal ,dans les domaines non concernés par les négociations, et de révéler (message délivré à l'attention,en priorité ,des pays du Tiers Monde, le développement et la fabrication de quatre nouveaux types d'engins balistiques à capacité accrue , particulièrement préciset capables de lancer simultanément pluieurs ogives nucléaires sur un même objectif (missiles Marvés)ou, mieux encore,sur des objectifs différents (missiles Mirvés), dont les fameux modèles SS 16, SS 17,SS 18..qui contribueront à alimenter,aux côtés ,notamment, des Pershing et des missiles de croisière nord américains,la chronique de la crise de 1979.Les Russes,en parallèle vont doubler le nombre de leurs sous marins nucléaires lance engins. En face, tout en désarmant effectivement leurs silos ABM sol-sol du Nebraska ( considérés dès cete datte par tous les observateurs comme obsolètes!) les Américains se précipitèrent à leur tour dans le R § D.le plus sophistiqué, des types d'armes également non concernés par l'accord S A L T (amélioration qualitative des ogives nucléaires, accroissement de la capacité de leurs sous marins, tests d'engins sans pilote..).Comme l'écrivit en son temps le Général Gallois, même si cet auteur ,viscéralement attaché à la doctrine gaullienne de dissuasion ,et farouche souverainiste, était peu suspect de sentiments pro américains ou pro soviétiques, "la période immédiatement postérieure à la signature des S A L T 1, présentée comme un grand pas vers le désarmement, a vu les Américains passer de quelques 8 000 ogives à plus de 20 000 (par le canal, évoqué supra, des techniques de "marvage" et de "mirvage"),et aux Russes d'en faire autant en portant le nombre de leurs ogives de 8 600 à 26 500...Beau désarmement que celui là !

En réalité,lesdits accords,comme leur nom ne l'indique guère, n'ont pas grand chose à voir avec de quelques négociations sur une limitation des systèmes d'armes.La liste des principales innovations concoctées ici ou là , durant la période comprise entre S A L T 1 et S A L T 2 (de nouvelles négociations étant expréssement prévues par l'article 15 du premier traité, article relatif à l'obligation de réactualiser ses attendus dans un délai de cinq ans) est particulièrement éloquente! La maîtrise des armements a largement échoué, pour la bonne et simple raison qu'au delà des gestes politiques accomplis par les leaders des deux Superpuissances à l'attention de la communauté internationale,le but visé était tout autre. Il s'agissait de concilier,en période de "détente", les intérêts,parfois contradictoires mais souvent convergents,du complexe militaro industriel américain,d'une part, du complexe militaro bureaucratique soviétique,d'autre part

.Ces premières négociations ont contribué,en reléguant au rang de "détails techniques" des problèmes de fond, à renforcer des créneaux de production de plus en plus sophistiqués,rapidement occupés par les plus grands conctructeurs; elles ont contribuécôté américain, à la concentration accélérée des industries concernées (notarmment dans le secteur des " Big Five"; et, côté soviétique,à une consolidation difficilement niable du pouvoir du Kremlin à l'égard du Bloc de l'Est, tout en confirmant les deux Supergrands dans leur position, un tantinet ubuesque, "d'overkiling".

Jacques SOPPELSA

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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 15:42

 

De la dissuasion américaine dans le monde post bipolaire

Le G P A L S (abandonné par Clinton en 1993) et son héritière,la "Missile Defense", prennent le relais.A vrai dire,ces deux doctrines ne se différencient que par quelques critères techniques. Leur objectif est à peu près identique. Les efforts de Washington sont désormais concentrés sur le développement d'outils stratégiques adaptés aux nouvelles menaces, tout particulièrement celles qui émanent des "Etats voyous" ou, pour user à nouveau d'un vocabulaire politiquement correct, les "Etats préoccupants"

Ces derniers (dont la définition par Washington n'a guère évolué au cours des dix dernières années) , n'ont pas les capacités interbalistiques de feu l'Union Soviétique; ils ne peuvent donc pas,eu égard au contexte géographique,menacer directement et d'une manière crédible,le territoire américain.Ils peuvent,en revanche,créer se sérieux soucis aux alliés de Washington.D'où le vote,en 1999, par le Congrès, du "National Missile Defense Act" qui prône le déploiement d'une défense antimissiles de théâtre.Programme accéléré par Bush Junior,qui conforte, le 26 Janvier 2002, quatre mois à peine après l'anéantissement des "Twin Towers",le programme "Misisle Defense ", réitérant la volonté des Etats Unis de garantir (en le modernisant)le parapluie antimissiles américain aux alliés.Se pose désormais,au delà des retombées géostratégiques du drame du 11 Septembre 2001,une question épineuse et singulièrement d'actualité. Les programmes "G P A L S" et "M.D."M révèlent, techniquement,un air de famille poussé avec l'Initiative de Défense Stratégique.Mais leur gabarit est nettement réduit par rapport à celui de leur "grande soeur".Ils visent expicitement des agresseurs potentiellement plus modestes. Mais,au cas (pas totalement improbable) où l'un de ces Etats préoccupants (désormais membres à part entière de "l'Axe du Mal") menacerait effectivement un allié des Etats Unis (à plus forte raison un agresseur doté du nucléaire militaire), l'utilisation de l'arsenal fabriqué dans le cadre de la M D sera t elle automatique ? La réponse est claire pour le Canada,(totalemnt intégré,par nature,aux préoccupations stratégiques américaines depuis l'aube du système bipolaire). et pour Israël,àl'égard duquel l'appui de Washinton s'est avéré constant depuis la création de l'Etat hébreu .La réponse peut être aussi être positive s'agissant de certains pays membres de l'OTAN (la Grande Bretagne,sans équivoque, qui a mis notament son radar d'alerte avancée du Yorkshire à la disposition des Etats Unis; le Danemark,qui en fait de même avec la station radar de Thulé; la Norvège, l'Italie, voire la Turquie,qui serait ainsi,comme Israel,à l'abri des missiles iraniens. Des cas de figures assez comparables concernent certains Etats d'Asie Pacifique,comme la Corée du Sud, le Japon, ou Taiwan...voire l'Union Indienne.Cette dernière, bien que membre du Club nucléaire,a signé en 2005 un accord avec Washington portant sur le secteur de la défense antimissiles..accord susceptible d'aider efficacement New Dehli en cas de conflit avec l'un de ses encombrants voisins ,le Pakistan et la Chine.

Certains observateurs,analysant en 2006 la fiabilité et la crédibilité de la Missile Defense, considèrent que l'extension du bouclier antimissiles aux alliés (une extension inimaginable à l'époque de l'Initiative de Défense Stratégique) ,pourrait permettre à Washington de contrôler efficacement "deux blocs régionaux": les alliés euro méditerranéens, d'une part, les alliés du bloc asiatique, d'autre part..Hypothèse qui confirmerait ,sur un plan plus général, celle de l'émergence d'une hyperpuissance dominant un univers marqué du sceau de l'unipolarisation..

.Quant à la France,elle continue, vaille que vaille, à compter sur ses propres forces de dissuasion pour préserver ses intérêts vitaux (théorie des trois cercles) de toute agression nucléaire..Pour longtemps ?

Jacques Soppelsa

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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 19:35



La stratégie soviétique à l'ère du système bipolaire

:

La seconde guerre mondiale,au delà de très lourds sacrifices humains et matériels, a permis à l' Union Soviétique ,en donnant une preuve éclatante de ses potentialités a preuce éclatante ,d'acquérir le statut de superpuissance.En Juillet 1949,les Soviétiques expérimentent avec succès leur première bombe atomique. En Aout 1953, ils maitrisent la bombe à hydrogène, ce qui les autorise à considérer que leur retard technologique vs à vis des Américains est désomais comblé. 
Pourtant, et ce n'est pas là mince paradoxe, la réponse à la question:" l'arme atomique a t elle modifié la stratégie militaire soviétique? ", a été longtemps négative ! Il faut attendre le début des années 60 pour voir apparaitre les premiers éléments intégrants officiellement le facteur atomique. Ce paradoxe s'explique par ,au moins, trois (bonnes) raisons complémentaires: 
-les Soviétiques, par essence, privilégient systématiquement une composante idéologique, voire sociale,susceptible, par ses pesanteurs, de ralentir toute évolution strictement militaire; 
-les armées du Pacte de Varsovie, depuis la création de ce dernier, sont avant tout, des "armées politiques", celles du Parti Communiste.D'où l'impérieuse nécessité d'adapter toute action stratégique potentielle à l'idéologie dominante, le marxisme léninisme. 
-plus conjoncturel, mais sans doute plus important encore :jusqu'à la mort de Staline, il est hors de question, du côté du Kremlin ,de modifier quoi que ce soit à la stratégie militaire..puisque la nouvelle Suprpuisisance est dotée "de la meilleure stratégie detous les temps" (ce qui n'est guère aimable pour la mémoire d'Aleadre le Grand ! ), celle qui terrassé Hitler,celle qui a été élaborrée une fois pour toutes par "le génial stratège" de Géorgie. Bref, Moscou n'affichera publiquement une "nouvelle stratégie" qu'au début de 1963, avec la publication du manuel de référence ,celui du Marcéchal Sokolovskij.

Cette doctrine repose sur trois grands principes:

-"tout conflit opposant les deux Superpuissances sera nucléaire...dès la phase initiale de la guerre.Le facteur surprise est donc capital. Le démarrage des hostilités constitue une étape cruciale. -"L U R S S procédera à une frappe nucléaire massive, tant sur les objectifs situés dans la profondeur des arrières que sur les groupements des forces armées sur le théâtre des opérations" 
- Au cours de la seconde phase, le résultat de ces frappes nucléaires sera exploité "par une utilisation simultanée de l'ensemble des moyens de combat et par l'union des efforts de tous les types de forces armées. Les Troupes de Forces Statrégiques, équipées d'armes nucléaires, joueront un rôle clef, mais aussi une flotte océanique caractérisée désormais (thèse de l'AmiralGortchkov) par la priorité absolue donnée aux sous marins d'attaque (" La marine de guere a quitté nos rivages et nos mers fermées et s'est familiarisée avec les vastes étendues des océans.Elle a à sa disposition tout ce qui lui est indispensable pour combattre efficacement sur les océans". 
-l'Union Soviétique s'efforcera "d'éviter toute frappe par surprise..en pratiquant d'entrée une "frappe préemptive" ( délicieuse subtilité du vocabulaire!). L'Armée Rouge lancera une offensive contre l'adversaire lorsque elle estimera que celui ci va s'apprêter à le faire,une offensive capable de détruire le potentiel militaire de ce dernier , mais également ses ressources économiques et humaines. D'où la priorité absolue accordée aux forces nucléaires au sein d'un corps de doctrine tournant radicalement le dos, en définitive, à la stratégie stalinienne basée sur une puissante armée de terre, volontiers pléthorique ( "le rouleau compresseur"), uneflotte appréciable mais essentiellement littorale, sans oublier le rôle ancestral du plus fidèle allié de la Nation, le Général Hiver !

La doctrine Sokolovskij va rester le fondement de la statégie soviétique jusqu'au début des années 80..quelle que soit par ailleurs la nature des relations entre les deux Blocs. Ni le conflit vietnamien, ni la déroute américaine, ni l'évolution de la "détente",n'ont modifié cette doctrine. A la fin de la guerre d'Indochine, le budget militaire américain est drastiquement diminué pour la sixième année consécutive, ce qui n'empêche pas Leonid Brejnev de déclarer péremptoirement: "la menace persistante d'une guerre déclenchée par l'impérialisme confère une importance particulière aux mesures prises par le Parti pour renforcer les capacités de défense du pays et élever le niveau de préparation au combat des troupes". Cette stratégie,en définitive, correspond aussi à uneredéfinition des missions de l'Armée Rouge.Il ne s'agit plus seulement de "défendre la Patrie du Socialisme, l' Union Soviétique", mais de défendre "l'ensemble des pays socialistes" .Avec deux conséquences: la doctrine géopolitique de la "souveraineté limitée", doctrine énoncée par le même Brejnev au lendemain de l'invasionde la Tchécoslovaquie, en 1968 ('l'URSS a le droit d'intervenir partout pour défendre le socialisme); l'interventionisme au sein des pays du Sud: la lutte de libération des peuples n'est concevable qu'avec l'appui de l'Union Soviétique ,"alliée naturelle des nations du Tiers Monde, de l'Ethiopie au VietNam, de l'Angola à la Meso Amérique, pour ne pas parler de l'Afghanistan, un Afghanistan qui,on le sait, sera la cause directe de l'agonie de l'Union. 
La stratégie de Moscou peut donc être ,sans états d'âme,et jusqu'au début des années 80 ,qualifiée de "statégie offensive". L'arme nucléaire est une arme comme les autres, fabriquée pour être utilisée. Nous sommes aux antipodes du concept de "dissuasion" cher au monde occidental

Au cours de la décennie 80 ,ces grands principes sont remis progressivement en question.Dès 1983, Moscou s'interroge publiquement sur la réponse à apporter au programme de la "guerre des étoiles".En Janvier 1986, Gorbatchev propose un "plan de liquidation de l'arme nucléaire d'ici l'an 2 000" (sic) Proposition qui se concrétise par la signature des accords de Washington. L'idée d'un conflit limité au continent européen, au delà des propos officiels tendant à nier cette hypothèse,entre progressivement dans les esprits Et, pour la première fois en URSS, la dissuasion est considérée comm la base de la politique de défense ,avec l'apparition du concept de "suffisance raisonnable".il s 'agit de porter les systèmes d'armes à un niveau de "stricte suffisance" pour assurer la défense du territoire , voire celui des alliés du Pacte..Nous ne sommes plus tellement éloignés des doctrines occidentales... 
La fin de la décennie 80 va se caractériser par une accélération phénoménale de l'Histoire .En 1989, Moscou perd son glacis européen, les Démocraties Populaires. Le Pacte de Varsovie est dissous en 1991. Et l'Armée Rouge, profondément meurtrie par ailleurs par les avatars du conflit afghan (le retrait de Kaboul, s'il a été plutôt bien géré au plan diplomatique, est injustement jugé par l'opinion publique russe comme militairement peu glorieux.L 'Armée accepte mal d'avoir gagné la guerre et perdu la paix). L'URSS s' effondre, et avec elle ce système bipolaire qui caractérisait le monde depuis un demi siècle.....La Russie est reléguée au rang de "puissance moyenne" membre du Club nucléaire..ce qui n'est pas si mal.

Jacques Soppelsa

 

 

 

 

 

 

 

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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 10:55
De la stratégie de dissuasio
Les doctrines américaines dans le monde bipolaire.
De la disuasion: Les doctrines américaiens dans le monde bipolaire

La stratégie de dissuasion ,qui n'apparait dans le champ des relations internationales qu'au début des annés cinquante), correspond à un postulat cartésien mais difficilement contestable:la possession , par un Etat souverain,de l'arme nucléaire, doit d'autant plus aisément dissuader un adversaire potentiel de prendre l'initiative de l'attaquer que semblable attaque se traduirait,en retour,par l'utilisation de ladite arme ,en infligeant à l'agresseur des dommages si considérables qu'ils seraient inacceptables.C'est aussi en ce sens que dans les stratégies du bloc occidental, le nucléaire, arme de la terreur (rappelons que dans le monde anglo saxon,la dissuasion y est appelée "déterrence") ne peut être utilisé en première frappe; en changeant d'échelle,la "dissuasion à la française",dissuasion dite "du faible au fort",a pu se justifer dès sa genèse par le pouvoir "égalisateur" de l'atome .La doctrine gaullienne en ce domaine,défendue ,avec quelques nuances,tout au long de la CinquièmeRépublique, affirme en effet que si la France est attaquée, elle ripostera en détruisant la population ennemie, et non seulement ses forces nucléaires. C'est dans ce contexte aussi que vont s'afficher progressivement,tout au long de la "Guerre Froide",une litanie de doctrines stratégiques viscéralement liées au nucléaire.Tout particulièrement aux Etats Unis.

Souvenons nous:

Au début des années cinquante,les Etats Unis, leaders du Pacte Atlantique, officialisaient la doctrine des "représailles massives":

De 1945 à 1949, les Etats Unis détiennent seuls l'arme atomique.C'est la période de l'avènement de la Guerre Froide,des doctrines de "containment",des discours de Truman et de Churchill,de l'érection du "rideau de fer".La doctrine des représailles massives,dans ce contexte,est claire:"il faut compenser la supériorité conventionnelle de l'Union Soviétique,puis du Pacte de Varsovie,et leur menace croissante au plan politique et idéologique, par la menace de représailles nucléaires sur leurs principales cités ( "Toute agression soviétique jugée inacceptable serait payée de retour par une mise en jeu massive des armes nucléaires",déclarait à cette époque le Secrétaire d'Etat Foster Dulles) .Fait révélateur,l'insertion de l'arme atomique figure au programme de toutes les réunions de l'OTAN, entre 1952 et 1958.L'organisation militaire intégrée est largement "dégraissée" au plan des forcesconventionnelles Le projet initial ( issu des Rencontres de Lisbonne) prévoyait le déploiement de 96 divisions "classiques".Ces divisions sont officialisées..et les Etats d''Europe Occidentale maitrisant l'atome tentent de se doter d'un nombre relativement élevé d'armes nucléaires tactiques,susceptibles d'être utiisées selon le protocole de la "double clef".

La doctrine des représailles massives traduit surtout ,à l'intérieur du complexe militaro industriel,la victoire de l'Armée de l'Air. Seule,cette dernière (dont le rôle n"avait cessé de croître durant la Seconde Guerre Mondiale) dispose de véhicules porteurs (les bombardiers) compatibles avec une stratégie basée sur les armes atomiques.C'est elle qui,à cette date,a tissé les liens les plus denses avec le secteur industriel privé;c'est elle enfin qui pouvait accélérer la prise de décision politique en matière de programmes (bombardier intercontinental B-52) allant même jusqu'à faire courir des rumeurs alarmistes quant à la supériorité technique des bombardiers soviétiques (en fait, l'URSS avait encore ,sur ce chapître,un indéniable retard ! )

En revanche, à partir de 1957,et bien que les Etats Unis ,dès 1954, aient initié un programme de développement de fusées intercontinentales (Atlas, Titan..) ou à moyenne portée (Jupiter, Thor..),voire basées en mer (Polaris), le lancement de la première fusée à longue portée soviétique - et là ,il ne s'agit plus de rumeurs! - va conforter les inquiétudes. A fortiori avec la réussite du premier satellite, Spoutnik, en Octobre. Inquiétudes qui vont contribuer à accélérer les calendriers adoptés du côté du Pentagone. Les "représailles massives" reflètent, à la fois, le souci de gérer au mieux le noueau contexte international...et la prééminence,durant toute cette période, de la composante aérienne au sein du complexe militaro industriel.

-La "réponse graduée":

La stratégie des représailles massives avait dû essuyer un grand nombre de critiques.La plus importante: au fur et à mesure que les crises internationales se multiplient,les Etats Unis font la démonstration directe,en n'ayant pas recours aux dites représailles massives,de l'inadaptation criante de la doctrine aux situations géopolitiques graves..au moins à l'échelle régionale.On se souvient du refus catégorique d'Eisenhower à la demande de Mc Arthur, soucieux d'utiliser l'atome pour régler définitivement la question coréenne.... Les années 50 sont effecetivement loin d'être exemptes de contetieux et de conflits ouverts,de la Guerre de Corée à la Crise de Cuba en passant par les évènements de Suez... Le 15 Juin 1962,le Présidnt Kennedy sonne le glas et enterre officiellement la doctrine des représailles massives,relayée par cellede la "réponse graduée" ("Flexible response", dénomination étrennée par le Ministre de la Défense, Robert McNamara, dans sondiscours d'Ann Harbour). La nouvelle doctrine repose sur le principe des "destructions garanties",c'est à dire la capacité garantie d'infliger des dégats irréparables à l'ennemi suite à son agression "En cas d' attaque de l'ennemi (première frappe), les Etats Unis garderont toujours assez d'armements pour infliger à l'agresseur des coups insuportables ("seconde frappe") Naturellement, cette stratégie va de pair avec un réarmement conventionnel, l'adversaire devant être combattu à tous les niveaux,y compris par les armes classiques. Les armements nucléaires tactiques sont introduits dans l'artillerie (missiles Jupiter,déployés en Turquie et en Italie), initiative qui,parallèlement au Viet Nam,cyniquement baptisé "un excellent terrain d'expérimentation" par l'Etat Major américain,illustre une augmention sensible du rôle et du poids de l'Armée de Terre au sein du Complexe militaro industiel. Une "triade" est ainsi mise en place: épée" du conventionnel, "épée" du tactique, et "bouclier" stratégique..Mais ,dans les annéessuivantes on va parler de plus en plus,non de "réponse graduée "mais de "destruction mutuelle assurée", l'URSS étant aussi capable,désormais de porter à un très haut niveau , des coups imparables aux Etats Unis. ( Pour l'anecdote, "destruction mutuelle assurée",..a été vite popularisée par son acronyme "MAD"...Mad comme fou -soulignant (involontairement) la folie de semblable logique!... Il est vrai que,quasiment à la même époque, conséquence de la frénétique course aux armements,nous l'avons vu (thème de "l'overkilling") les Etats Unis avaient désormais assez d'armements nucléaires pour supprimer soixante dix fois toute trace de vie sur l'ensemble du sous continent sovéitique; l'URSS, pour ne pas être en reste,disposant de forces capables d'effacer quarante cinq fois de la planète les Etas Unis et le Canada ! Comme se serait sans doute plu à le souligner le père Ubu, une fois devrait suffire! Mc Namara va alors accorder la priorité aux programmes de missiles anti fusées..Nouveau paradoxe , illustrant, une fois encore,le poids de certains lobbies industriels, puisque ces programmes vont être confiés aux firmes à qui Kennedy,cinq ans plus tôt,avaient refusé les commandes de bombardiers B 70...Ironie de l'histoire, lesdits missiles anti fusées (programme A B M ) seront les premiers, nous y reviendrons,à être visés par les négociations SALT I, en matière de contrôle des armements; négociations amorcées à Moscou, en Mai 1972.. deux ou trois ans à peine après leur fabrication !

A cette date aussi, l'application de la doctrine de "réponse graduée" à l'OTAN a pour corollaire la remise en question de la crédibilité de la protection du parapluie nucléaire sur l'Europe Occidentale, et l'apparition des mouvements pacifistes dans la zone..au moment précis où la France du Général de Gaulle quitte l'organisation militaire intégrée et peaufine sa force de dissuasion indépendante.

- la doctrine de contreforce (doctrine "Schlessinger"):

Si la "destruction mutuelle assurée est officialisée dans l'univers pessimiste du début des années soixante dix,l'évolution réelle de la stratégie américaine est tout autre,avec l'apparition de la doctrine de "contreforce" chère au Ministre Schlessinger; doctrine qui repose sur trois hypothèse, par ailleurs vivement critiquées: l'ambition des Etats Unis de se doter d'une capacité de première frappe (ce que certains ,non sans malice, n'ont pas manquer de qualifier de "soviétisation" , sachant que, nous y reviendrons,l'URSS a toujours considéré le nucléaire comme une arme ..comme les autres!); le souci de déstabiliser a priori l'adversaire potentiel; mais aussi la nécesité de fabriquer de nouvelles armes... Précisément, ("heureuse coïncidence"), les armes de contreforce étaient déjà..en cours de fabrication .Heureuse époque pour les "Big Five" et autres conglomérats que celle où les objectifs économiques précèdent lesobjectifs statégiques !!) On peut notamment citer les fusées mirvées MX, les fusées Trident ou les désormais légendaires "missiles de croisière". Nouvelles preuves concrètes,donc,(s'il en manquait!), qu'au sein du complexe militaro indutriel américain,technologie et impératifs financiers des groupes industriels peuvent largement "anticiper" les choix "indépendants" du politique!

Cette doctrine,définie par Schlessinger,s'affirme aussi en complément des orientations de politique générale élaborrées par Henry Kissinger ( "Dear Henry") et Helmut Sonnerfeldt..orientations réaffirmées sous la présidence de Jimmy Carter (en dépit des réticences de son conseiller Zbignew Brzezinski) et,surtout ,sous celui de Ronald Reagan. La "doctrine Kissinger" est tout bonnement fondée sur un constat:la "détente" (ou "coexistence pacifique",dans sa version soviétique)a remplacé la Guerre froide. Elle officialise le gel de l'Europe, " divisée en deux zones d'influence". Les Etats Unis maintiennent leur leadership sur l'ensemble "atlantique" (archipel japonais inclus),excluant en Europe Occidentale toute tentation d'euro communisme;ils reconnaissent à l'Union Soviétique une "sphère d'influence exclusive" en Europe Orientale. Quant au reste du monde,de Cuba l'Afrique du Sud, il "est gelé entre les deux Supergrands". Au plan stratégique,la doctrine de la contreforce est teintée,au début du mandat de Jimmy Carter, d'une touche d'ordre moral..ce qui ne sera pas sans poser quelques problèmes.

-la doctrine "antivaleurs":

A l'automne 1980,la directive présidentielle n° 59 ,élaborée par Brzezinski, est publiée: elle souligne que le premier objectif des Etats Unis est d'empêcher tout conflit nucléaire.Le concept de dissuasion nécessite la stabilité, donc tout moyen susceptible de contrer toute attaque surprise de l'adversaire et de répliquer efficacement;un équilibre stratégique au plus bas niveau possible ("arms control") et une utilisation potentielle des matériels nucléaires de combat devant amener l'adversaire "à comprendre que,dans la perspective d'une course au surarmement, ledit adversaire ne disposera jamais d'une supériorité telle qu'il pourrait compenser le prix invraisemblablement exorbitant qu'il devrait payer". Cette doctrine doit permettre d'éloigner des principles aglomérations urbaines les menaces les plus importantes;les armements doivent pouvoir ê tre utilisés tant en réponse à des attaques massives que de manière sélective La doctrine "antivaleurs" a,au moins,deux conséquences:l'établissement d'une liste de cibles prioritaires et la fabrication d'armes tous azimuths Quant à l'établissement d'une liste de cibles prioritaires, il s'agit essentiellement des forces conventionelles de combats,des bases militaires,des forces nucléaires de combat,des organisations de commandement politico militaire, des grands foyers industriesl,soit quelques 40 000 cibles, y compris les bunkers de commandement du "complexe militaro bureaucartique" soviétique. (Cette dernière précision n'est pas sans poser problème! Il est pour le moins difficile de vouloir procéder à une escalade contrôlée,donc mener une guerre nucléaire limitée impliquant un contact constant avec l'Etat Majo suprême de l'ennemi..tout en incluantprécisément ce dernier aux tous premiers rangs des cibles à détruire..Etrange contradiction...La doctrine antivaleur a entrainé ,en parallèle, outre le maintien en état d'une palette d'armes stratégiques offensives sophistiquées missiles de croisières, fusées intercontinentales MX, Pershing II, fusées Trident,avions "invisbles", toute une gamme d'armements et de matériels défensifs. Option qui va être poursuivie, à plus vaste échelle, par Ronald Reagan,avec le colossal programme de "l'Initiative de Défense Stratégique", communément qualifiée par les medias, de "Guerre des Etoiles".

La Guerre des Etoiles:

Le programme annoncé solennellement par Reagan, le 23 Mars 1983,vise à mettre en place un "bouclier spatial" capable de détruire en vol les missiles nucléaires ennemis en cas de guerre.Son principe: "rendre les armes nucléaires impuissantes et obsolètes",grâce au développement de moyens de défense susceptibles de tuer des armes et non des hommes" et de substituer la théorie de la survie mutuelle associée à celle de la destruction mutuelle assurée. Pour Reagan,que la perspective d'utiliser l'arme atomique terrifie, la sécurité internationale ne doit plus être garantie par des destructions assurées de populations prises en otages, mais par une capacité de survie que seul le système de défense stratégique est à même de fournir. Pour la Maison Blanche,la "Guerre des Etoiles" est un nouveau défi, comparable,dans l'esprit du Président,au "New Deal" de Roosevelt ou à la "Nouvelle Frontière" chère à John Kennedy. Ce défi est proposé à la communauté scientifique et à l'opinion publique américaine , dans un contexte idéologique et technique précis.On a pu dire, à l'époque,"que la doctrine stratégique véhiculée par l ' I D S était le reflet de la "dictature de la technologie". Il s'agit aussi de rassurer et d'anticiper les mouvements de l'opinion publique travaillée par les pacifismes, les états d'âme des partisans du gel nucléaire, voire la prise de position des évêques américains condamnant la dissuasion pour "immoralité" et..de satisfaire le lobby industriel des armes antimissiles. La nouvelle doctrine stratégique fondée sur l'arme nucléaire se veut réellement globale et délocalisée.Elle ne part plus des seules considérations "européennes" et de leurs corrolaires classiques (Guerre Froide, Logique des Blocs) Elle souhaite restaurer le niveau opérationnel comme le principal lieu de la dissuasion; elle admet explicitement que le rapport des forces s'est déplacé en faveur de l'URSS..en exagérant forteemnt ledit déplacement. L'histoire montrera assez rapidement qu' à cette date, l'Armée Rouge est déjà happée par le guépier afghan et que les contraintes intérieures auxquelles va s'attaquer (vainement)Gorbatchev, annoncent le trépas prochain de l'Union Soviétique !

Le programme I D S, ciblé sur le principe de la défense multi couches,et capable de multiplier les ripostes depuis le sol ou depuis l'espace, va induire la mise au point d'armes nouvelles: armes à énergie cinétique, à énergie dirigée, à faisceaux de particules, à laser..Bref,la technologie militaire U.S a bel et bien fait sa révoltuion technologique, parallèlement à la mise au point de nouveaux systèmes de détection et de CIIII-1 ("Command, Communication, Control ,Intelligence), concept apparu au milieu des années soixante dix et qui visent désormais à intégrer tous les moyens nécessaires à la gestion des forces en temps réel.

Deux critiques sont immédiatement émises à l'encontre du programme I D S. Des scientifiques (et non des moindres) vont estimer que le développement de certaines des armes susceptibles d'équiper le bouclier dépasse les connaissances maitriséesà cette date dans le domaine de la physique théorique..En outre, et cette observation parait pétrie du plus élémentaire bon sens,ce bouclier ne peut être crédible et stabilisant que s'il est parfaitement étanche.Or, en 1987,l'administration américaine considérait que, une fois achevé,ledit bouclier pourrait être fiable... à 98% En d'autres termes,si 100 missiles soviétiques étaient lancés simultanément d'Arkhangelsk, de Petropavlos,de Baikonour et autres Mourmansk (ce qui n'avait rien d'utopique) 98 d'entre eux seraient abattus au cours de l'une des trois phases succesives de leur périple. Bref,deux d'entre eux toucheraient leur objectif, à savoir,eu égard à leur puissance de feu, l'anéantissement,par exemple, de la moitié de la population de Chicago,ou d'Atlanta..ce qui, en la matière, pouvait être difficilement assimilé par Washington à un geste franchement amical !

Le contexte économique et la nouvelle donne géopolitique,on le sait, ne permettront pas d'achever le programme I D S. En 1989,l'inoxydable Kissinger et le conseiller militaire du Président Bush , Snowcroft, lancent une nouvelle idée: celle d'une redistribution générale des coûts. Il s'agit, dit Kissinger,"de garantir la sécurité de...l' URSS (sic) , en proie à de très sévères difficultés internes..en échange de l'abandon des Démocraties Populaires. Phrase révélatrice , propos singuièrement révélateurs, tenus quelques mois à peineavant la chûte du Mur de Berlin.Cette nouvelle donne stratégique (il s'agit d'instaurer un climat de coopération totale entreWashington et Moscou),cette ambition clairement affichée,a pour conséquence directe d'affaiblir considérablement l'intérêt du programme I D S ,(déjà fortement critiqué par ailleurs du fait de son coût croissant et désormais jugé par beaucoup "exorbitant") Mais elle passe pratqiement inaperçue au plan des relations internationales, eu égard aux évènements que l'on sait du côté de l''Eurore Orientale.

Elle va se traduire par l'abandon de de l' I D S et son relais par une nouvelle doctrine,le"G P L S" officialisée par George H Bush, le 29 Janvier 1991, à l'occasion du traditionnel Message Présidentiel sur l' état de l'Union.Nous venons d'entrer dans l'lère postbipolaire...

 

Jacques Soppelsa

 

 

 

 

 

 

 

s dans le monde bipolaire
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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 23:05
L'axe Paris Moscou (2)

Au milieu des années quatre vingt dix, quatre scenarii étaient généralement évoqués quant à l'avenir de la Russie à moyen terme.Trois nous paraissent aujourd'hui obsolètes: celui du "délabrement inexorable de la Fédération", minée par d'incontournables défis internes (un scenario catastrophe qui,nonobtant les incontestables difficultés rencontrées par le régime,est désormais relégué sans l'armoire aux mauvais souvenirs); celui "de la reprise en mains de la nation par les forces les plus conservatrices" ( scenario nullement utopique il y a une dizaine d'années ,eu égard précisément aux difficultés sociétales rencontrées à l'époque à l'intérieur du pays et aux avatars de sa "périphérie" (l''échec retentissant des "putschistes" d'Aout 1991 et la marginalisation des sensibilités d'extrême droite,face à la politique centriste affichée et confortée par Vladimir poutine, le redressement des institutions depuis dix ans ..laissent légitimement penser que semblable scenario est,lui aussi, largement périmé). "L'instauration d'une nouvelle Russie,pilier d'une confédération élargie", suggérait une hypothèse qui avait pour mérite de préserver la nation russe du spectre de la dispersion,mais qui se heurtait de plein fouet aux changements d'écheles et aux incertitudes géopolitiques des ex républiques de la périphérie.

Un nouvel axe Paris Moscou?

Quatrième scenario, celui de la "transition en douceur ver la renaissance".C'est celui que l'on semble aujourd"hui pouvoir constater, au delà de la pérennisation d'indéniables problèmes socio économiques,voire sociétaux.
Le pouvoir politique s'est conforté et "autonomisé",sans risque véritable  pour la Fédération;ladite Fédération révèle aujourd"hui,au delà de ces défis sociétaux internes,un réel souci de reprendre délibérément place aux tous premiers rangs des Etats Nations du monde contemporain:au plan de la gestion des ressources (notamment énergétiques) de la sécurité (de la frontière bielorusse au Pacifique,de l'Arctique au Caucase..)...Et ce n'est sans doute pas un hasard si Vladimir Poutine fut le premier à réagir aux singuliers propos tenus par Condy Rice décrivant sa "nouvelle liste noire de pays voyous",une liste où figure,comme de juste,aux côtés  de Cuba ou de la Corée du Nord,la Bielorussie elle même!
Dans semblable contexte,et a fortiori eu égard aux difficultés rencotrées rcemment par l'Union Européenne (notamment au plan de son double processus d'approfondissement structurel et d'élargissement spatial),l'antique prophétie du Géopoliticien McKinder pourrait apparaitre, nouveau paradoxe, comme d'une implacable actualité. Après d'indéniables avatars,la nouvelle Fédération, combinant par ailleursles potentilaités de la Russie d'Europe et les somptueuses ressources sibériennes,pourrait largement contribuer,via le renforcement de ses liens historiques avec les principales puissances continentales de la "vieille Europe"", au rééquilibrage de la donne géopolitique internationale et, tou en évitant soigneusemnt de remettre en question les fondements et l'esprit de solidarité occidentaux, à la consolidation d'un efficace garde fou aux tendances un tantinet hégémoniques du couple anglo saxon, un binôme Washington-Londres qui,à maintes reprises, a démontré de manière éclatante (de la Guerre des Malouines au  second conflit irakien,sa solidité .Un garde fou  y compris dans l'intérêt de Etats Unis eux mêmes  (car rien n'est plus dangereux que l'unilatéralisme, au moins à moyen terme,en politique étrangère)
En ce domaine,nous croyons que Paris,tout en améliorant ses relations bilatérales ave l'Oncle Sam, a largement son mot à dire et sa place à tenir .L'axe Paris-Moscou,,à notre avis, loin d'être une arme de guerre contre Washington,pourrait a contrario autoriser la Maion Blanche à respecter certaines lignes jaunes,y compris dans l'enceinte des Nations Unies ..

Jacques Soppelsa 
   
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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 16:57
L'axe Paris Moscou, garde fou de l'hégémonisme.? (1)

La fin du sytème bipolaire, à l'aube des années 90, concrètement ilustréepar la réunification des l'Allemgane, l'échec de l'expérience des démocraties populaires  et l'implosion de l'Union soviétique,eut aussi pour corollaire la disparition de toute une gamme de caractères géopolitiques majeurs,solidement implantés dans le champ des relations internationales depuis presque un demi siècle: partage du globe sécrété par les  Accords de Yalta,course frénétique  aux armements,saga nucléaire,essor et concurrence de deux blocs antagonistes, émergence du "tiers monde"..Parallèlement,avec la fin du communisme,le monde n'a pu que constater "la victoire des valeurs démocratiques..et libérales (au moins dans l'hémisphère Nord),des valeurs qui,de facto,devaient rapidement progresser, en tâche d'huile, à l'échelle de la planète
¨Paradoxalement, ladite disparition a aussi fait entrer le monde dans une ère d'incertitudes,de troubles et de confusion.Zbignew Brzezinski pouvait écrire dès 1995 "que la fin du sytème de Yaltaà jeté le trouble tous azimuts.Les Etats de l'Europe de l'Est cherchèrent une nouvelle sécurité. Le camp occidental argumenta quant à la direction à prendre dans la nouvelle stratégie internationale.Les puissances moyennes ne souhaitèrent pas spontanément intervenir directement dans des conflits ne touchant pas meus intérêts directs..Bref,o,n laissa le champ libre à la dernière superpuissance, Washington affirmant parallèlement son objectif d'acquérir le statut jusque là inédit  d'hyperpuissance"
Seize ans après la première Guerre du Golfe, on ne peut que constater les effets de l'unilatéralisme.Saddam Hussein,en envahissant le Koweit en 1990,offrit à la Maison Blanche une occasion inespérée d'affirmer sa volonté héémonique.Et comme on a pu le noter à l'époque "i l a semblé désormais que l'Amérique demeurée seule debout parmi les décombres de la Guerre Froide n'aurait qu'un geste à faire pour se saisir du sceptre du monde"...
La situation,aujourd"hui,semble édifiante: àtravers des exemples concrets aussi divers et convergents que les drames  de la péninsule balkanique, les aléas du Porche Orient, l'invraisemblable imbroglio afghan,a fortiori le bourbier irakien; ou via l'évocation de "nouveaux défis",(terrorisme international,essor de la criminalité organisée,nouveaux flux de drogues illicites, avatar de la géoéconomie énergétique...) l'unilatéralisme nord américain,la fameuse Pax americana souhaitée par Bush Senior, relayée par Bill Clinton et confortée par Bush Junior, au delà de quelques succès ,présente un bilan finalement mitigé et désormais,ici ou là,de plus en plus mis en question .Un exemple: la quasi unanimité des Etats nations à l'égard de l'initiative de George Bush Senior lors de la première guerre du Golfe a maissé place à une attitude  singulièrement plus nuancée de la France ou de l'Allemagne face à celle de George W. Bush..
Lats but not least..La montée de nouveaux périls, indiscutable (et au premier rang desquels figure dramatiquement le terrorisme international, sévissant tant aux Etats Unis qu'en Russie ,en Espagne ou en Grande Bretagne...)s'est ausi traduite,du côté de Washington,par l'apparition de nouveua xconcepts géopolitiques,tel s ceux "d'Etats voyous", d'"Etats préoccupants" ou "d'Axe du Mal",qui ne peuvet pas laisser insensible la communauté internationale.
Dans ce contexte, quid de la situation et du rôle à court et à moyen terme suscpetible d'être tenu par la Russie, principale héritière de feu l'Union Soviétique?  

(à Suivre)

Jacques Soppelsa 
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 18:13


2)un contexte géostratégique particulièrement diversifié,car tous les types d'affrontements potentiels
s'y retrouvent, de l'affrontement "Est-Ouest", loin d' être totalement périmé en dépit de l'implosion de l'Union Soviétique, aux afrontements "Nord-Sud",de plus en plus cruciaux,en passant par les affrontements idéologiques (trois types de comunisme y sont encore recensés, à Hanoi,Pékin et Pyong Yang)religieux ou linguistiques...

3)des facteurs de déstabilisation de première importance:

a) l'ampleur des contentieux frontaliers,d'autant plus aigus qu'ils concernent parfois des membres du Club Nucléaire ou des Etats frappant à sa porte.Songeons notammentaux contentieux impliquant la Chine Continentale avec l'Union Indienne (Cachemire,Amashal Pradesh)le Viet Nam (question des Spratleys et des Paracels)et,surtout,avec l'ex Union Soviétique: plus de 5000 kilomètres de frontières communes sont ainsi contestées entre les deux Grands depuis plus d'un demi siècle;à l'Ouest (lac Balkach, Xinjiang) comme à l'Est (de part et d'autre du fleuve Amour);songeons encore aux contentieux concernant le Japon (iles Rioukiou et archipel des Sankuku,revendiqués par la Chine de Pékin,le Japon,la Chine de Taipeh et la Corée du Sud! la Mer du Japon,lieu privilégié des convoitises des deux Corées et du Japon ou les Kouriles, occupées depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale et considérées par Tokyo comme ses "Territoires du Nord";aux litiges frontaliers entre le Cambodge et le Viet Nam, la Malaisie et la Thailande, les Philippines et la Malaisie, le Viet Nam et l'Indonésie, le Cambodge et le Laos,la Thailande et le Myanmar etc...

b) Ces contentieux très nombreux sont d'autant plus inquiétants que la zone se caractérise aussi par une militarisation croisante.
Sans omettre,ce qui est loin d'être négligeable, le constat que Pékin maitrise l'atome militaire depuis un tiers de siècle,et que la Corée du Nord s'est illustrée dès 1998 par le lancement, certes à moitié avorté,d'un misile nucléaire Tae Pong I (malencontreusement tombé en Mer de Chine,au grand dam de ses riverains!),la one est devenue depuis 1990 la seconde région du globe en matière de "militaire conventionnel",derrière l'incontournable Moyen Orient. En 2005, l'ensemble de l'Asie Pacifique ,stricto sensu, avait ainsi dépensé pour 22 milliards de dollars en achats (licites !)d'armes et de systèmes d'armes, et Pékin dispose désormais de la première armée du monde;avec plus de 3 millions d'hommes "sous les drapeaux", 56 navires d e surface de premier ordre, 52 sous marins, 5000 avions de combat et plus de 10 000 chars. Quant au Japon,ce "nain militaire",son budget de défense est allègrement passé de 30 milliards de dollars en 1990 à plus de 65 milliards l'an passé!

c)La zone se caractérise aussi par une inquiétante pérénisation de sfléaux liés au processus du sous développement,avec des disparités économiques considérables, crûment illustrées par la hiérarchie officielle établie par les Nations Unies.Celle ci y distingue benoitement les "pays très riches" (Japon,Singapour,Brunei,Taiwan),les "pays riches" (Corée du Sud),les "pays intermédiaires (sic) comme la Malaisie,les Philippines ou l'Indonésie;les "pays pauvres" comme la Coére  du Nodr..et la Chine Populaire (resic) et les "pays démunis", tels le Laos,le Viet Nam ou le Cambodge.Des disparités flagrantes,et alimentnt en outre une accéléartion des flux migratoires inter étatiques...

d) last but not least, le rôle croissant des activités illicites,étroiteent liées à la présence d'organisations transnationales d e type mafieux.
L'Asie Pacifique est de plus en plus touchée par le crime organisé (yakusas japonaises, triades chinoises..)et notamment par l'économie de la drogue.La zone demeure un centre majeur de production d'opium.Mais cette activité "historique" est désormais complétéepar un intense trafic de drogues de synthèse (le Japon en est le premier consommateur au monde)et par l'essor d'un vaste marché de "clients diversifiés" quant à  leur origine géographique, parallèlement à la banalisation d'une gamme de plus en plus complète d'activités illicites (du marché d'enfants adoptables au trafic d'organes,de celui des espèces protégées à l'essor du tourisme sexuel sous toutes ses formes,en Birmanie,certes,mais aussi en Thailande,au Laos,au Viet Nam,en Chine Populaire ou en Indonésie.

Bref, tous les ingrédients sont en place,tant au plan régional que supra national,pour faire de l'Asie Pacifiqu l'une des prochaines,sinon la prochiane,"zone des tempêtes", pour reprendre la formule naguère popularisée par Mao Dse Dong !

Jacques Soppelsa                
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 09:47
L'Asie Pacifique: continent de tous les dangers (1)

L'Asie Pacifique en génral, l'Asie méridionale en particulier,est une one physiquement fragile, voire "fragilisée":les denrières décennies, y compris jusqu'à ces dernières semaines, y ont vu s'égrener régulièrement un chapelet de catastrophes sismiques,climatiques,ou biogéographiques..En 1996,par exemple,le seisme qui affecta Kobé fit plus de 5000 victimes et l'archipel nippon a recensé au cours du dernier siècle trente et un tremblments de terre supérieurs à 7 sur l'échelle de Richter;en 2000,des incendies gigantesques ravagèrent la couverture forestière indonésienne et pertubèrent l'atmosphère jusqu'en Malaisie et l'archipel des Philippines. Et chacun a en mémoire les évènements tragiques et les effets traumatisants du tsunami du 26 Décembre 2005...
Mais l'Asie Pacifique, au delà de ce sfléaux naturels, c'est aussi,au plan des données strictement géopolitiques,un faisceau exceptionnellement dense de défis et de danegrs.
Tout au long du dernier quart de siècle,et jusqu'au choc engendré , en 1997, par le krach des principales places boursières de la région,la plupart des anlystes disertaient volontiers sur sa valeur d'exemplrité,sur sa vocation de "modèle" économique.Bien que "l' on ne tombe que fort rarement amoureux d'un taux de croissance",le dynamisme et la vitalité de l'économie japonaise, l'aventure des "quatre dragons" asiatiques (les "N P I"),l'éveil des "bébés tigres", l'ouverture au monde du géant chinois,au moins sur sa façade littorale, inspiraient les chantres du néo libéralisme ,louant les vertus des expériences du continent face à "lefritement" (sic) du sytsème capitaliste nord américain.Rares étaient ceux qui,au delà de l'évocation de quelques crises régionales et de situations conflictuelles localisées (aléas de la partition coréenne, questions des Spratleys ou de la Mer de Chine, contentieux soviéto-japonais sur les Kouriles, crises de la péninsule indochinoise..)se hasardaient à évoquer l'envers du décor, et la pérennité de facteurs négatifs souvent cruciaux,depuis les pénuries alimentaires (exaspérées par le boom démographique )jusqu'aux crises énergétiques, de la destruction de l'environnement aux écarts grandissants en matière de conditions de vie..
En réalité, lorsque l'on s'attache à redécouvrir les "tendances lourdes" de la zone,cette dernière apparait fondamentalement marquée par une gamme de périls potentiels quasiment unique à l'échelle de la planète.
L'Asie Pacifique est un milieu à très hauts risques:
Elle combine en effet:
-des données géopolitiques exceptionnelles;
-un contexte géostratégique particulièrement diversifié:
-des facteurs de déstabilisation de première importance


1)des données géopolitiques exceptionnelles:
 C'est en effet le seul milieu géographique où se rencontrent aujourd'hui tous les cas de figure contemporains en la matière: une "superpuissance" (en l'occurence les Etats Unis,présents par leurs littoraux métropolitains du Pacifique  septentrional et oriental,mais aussi via les Hawaii et les nombreux "points d'ancrage" circumpacifiques,de Clark aux iles Marshall, de Guam à Subic Bay, ;des "puissances moyennes",au sens géopolitique du terme, membres du "Club Nucléaire", comme la Russie ou la Chine Populaire, ou exclues dudit club pour des raisons historiques, comme le Japon; la farandole ,évoquée supra, des "Nouveaux Pays Industriels" ,Corée du Sud, Taiwan,Singapour ou HongKong,désormais réintégrée à la "mère-patrie"; toute la gamme des pays "en voie de développement" (comme l'Indonésie,première puissance musulman en ermes démographiques,les Philippines,la Malaisie ou la Thailande);les "pays les moins avancés",comme le Laos,le VietNam ,le Cambodge ou la Corée du Nord);et même,quant à leur influence "indirecte" ,les anciennes puissances coloniales,France et Grande Bretagne...
(à suivre)

Jacques Soppelsa

Parmi ses ouvrages: Géopolitique de l'Asie du Sud Est-  Ellpises).
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