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  • : La géopolitique par Jacques Soppelsa
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Cv Jacques Soppelsa

Agrégé de géographie , Docteur d'Etat ,et Professeur de géopolitique à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne). Retrouvez le Cv résumé en cliquant sur le lien suivant : Jacques Soppelsa

Recherche

Publications

1971 : Les Etats Unis (PUF)
1972 : Géographie Universelle (2 tomes) Livre du mois
1973 : Le Moyen  Orient (3 tomes) Mang
1975 : L'économie des Etats Unis (Masson). Livre du mois
1976 : La Géorgie méridionale et le Vieux Sud des Etats Unis (thèse)
1979 : Les grandes puissances (Nathan)
1980 : Géographie des Armements (Masson) Livre du mois
1981 : Histoire du Far West (Larousse  BD) 32 facsicules en coll.
1982 : La Terre et les hommes (Belin)
1984 : Des tensions et des armes (Publications de la Sorbonne)
1986 : Lexique de  Géographie Economique (en coll  Dalloz)
1988 : Lexique de Géopolitique (Dir. Dalloz)
1992 : Géopolitique de 1945 à nos jours (Sirrey)
1994 : La Patagonie (en coll. Autrement)
1995 : Los Frances en Argentina (en coll .Zago)
1996 : La dictature du rendement (Ellipses)
1997 : Dix mythes pour l'Amérique (Colin)
1999 : la démocratie américaine (Ellipses)
2001 : Géopolitique de l'Asie Pacifique (id)
2003 : Le Dialogue régional en Amérique Latine (Ellipses)
2005 : Les Etats Unis .Une histoire revisitée (La  Martinière-.Le Seuil)
2006 : "Dix morts en sursis" -Roman de Géopolitique fiction- Editions du Club Zero
2008 : Géopolitique du monde contemporain (en coll.) (Nathan)

2009 : Les sept défis capitaux du Nouvel Ordre Mondiale

2010 : Dictionnaire iconoclaste de l'immigration

2011 : Géopolitique et Francophonie

2012 : Louis XVII, La piste argentine

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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 13:44

 

 

TERRE 2007 : un monde en voie de multipolarisation,

Deux types de situations spécifiques nousn paraisnet pouvoir être dégagées ,aujourd'hui,pr-s de déeux dcenniesaprès l'axte funéraire du monde bipolaire :

-Les espaces inorganiques correspondent, grosso modo, à cet univers du tiers monde ,nations et territoires souvent artificiellement délimités (séquelles de la décolonisation), sous développés, véritables poudrière démographqiues .Nous songeons ici, notamment,aux cuvettes amazonnienne et congolaise, aux ressources naturelles considérables ,(intérêt économique), aux zones marginales des hautes latitudes, (intérêt stratégique) et,naturellement,aux "ventres mous" d'Asie méridionale et d'Afrique subsaharienne. Cette dernière,en particulier,révèle une palette édifiante des risques que la planète peut encourir à plus ou moins brève échéance.

Marquetterie de jeunes Etats qui ont accédé à l'indépendance il y a moins d'un demi siècle, l'Afrique pourrait connaitre un regain de tensions, engendrant à nouveau des conflits intraétatiques, par essence très localisés A l'horizon 2 015, ce continent pourrait se caractériser par des traits géopolitiques singulièrement sombres: fragilité des frontières (souvent sécrétées par le processus colonial) incapacité à mettre sur pied des regroupements suprarégionaux viables, dans le domaine économique et, a fortiori, politiques:

dégradation des données géo économiques; colossales difficultés pour créer les conditions d'une vétitable "transition démocratique".

-des blocs en voie de polarisation:

Bordés de zones sensibles, sièges "privilégiés" des tensions et des conflits ouverts,(de la Meso Amérique aux franges du Machrek -Maghreb , des ventres mous et convoités de l'Asie méridionale et orientale aux horizons mouvementés de la Russie postsoviétique)ces espaces continentaux ou subcontinentaux relativement homogènes pourraient s'articuler à plus ou moins long terme,autour de quatre entités,par ailleurs fort diversifiés:

-un "bloc américain", dominé par l'ultime superpuissance,auquel pourrait être associé l'Océanie anglo saxonne. Aujourd'hui,rien ne laisse présager au plan des relations internationales, de profonds bouleversements durant les deux prochaines décennies.Y compris au plan de la pérénnité de la doctrine affichée, il y a bientôt deux siècles ,par le Président Monroe, à l'échelle de l'Amérique Latine.On ne peut pas ne pas songer ici à la plateforme électorale proposée,il y a un quart de siècle, par Ronald Reagan,le "Grand Communicateur": "Que l'Etat Fédéral cesse désormais d'être sur le dos des gens"..propos qui furent récupérés par un célèbre cartoonist et complétés, à usage externe, par ce commentaire lucide et un tantinet cynique: "offre valable aux Etats Unis; nulle etsans valeur au Nicaragua,au Pérou,au Brésil,au Mexque, en Afghanistan, en Afrique ,au Moyen Orient"...La réélection de George W Bush a accentué ( parallèlement aux traumatismes du 11 Septembre 2001) l'impact des options géopolitiques et géostratégiques adoptées depuis l'effondrement du système bipolaire, tout en réactualisant le bon vieux slogan: "A l'Ouest, rien de nouveau"! Plus que jamais, au delà de certains avatars conjoncturels, les Etats Unis, persuadés des vertus de la prédestination,n'ont guère cessé de poursuivre leur quête du Graal, en franchissant progressivement les différentes étapes de la puissance: puissance régionale (avec la maitrise du territoire métropolitain, tout au long des XVIIIeme et XIXeme siècles); grande puissance (maitrise des océans); superpuissance (en se dotant des attributs du nucléaire); une quête qui passe enfin par la conquête de l'espace et le maintien du cap vers "l'hyperpuissance".

Maitrise de l'espace ? Nouvelle géopolitique orbitale? George W Bush suscitait en 2005 les sarcasmes de certaines chancelleries européennes en annonçant qu'en 2018 un voyage intersidéral de trois mois conduirait à l'implantation de la première colonie permanente américaine...sur Mars !. Utopie ? En 1960, un certain John F.Kennedy déclarait à la face du monde, (déclenchant à l'époque les sarcasmes de ces mêmes chancelleries) qu'un Américain poserait le pied sur la Lune avant 1970.

.-un groupe sino japonais ,(ou l'émergence d'une superpuissance chinoise?)

Le Japon,au lendemain de son spectaculiare redressement économique (le "modèle nippon") avait tenté de séduire la Chine, ennemie ancestrale,mais partenaire potentielle idéale ,tant par sa complémentarité que par sa proximité.Au delà de l'épisode (certes nullement négligeable) de la crise de l'Automne 1997, qui se répercuta,depuis Bangkok, via les "nouveaux pays industriels", ,jusqu'à Tokyo, le Japon ,contournant sans trop de difficultés les contraintes du Traité de 1945,a réussi à améliorer de manière significative ses capacités militaires.La Chine de Pekin, en réintroduisant tout d'abord la rémunération du travail fondé sur le rendement, puis en ouvrant de plus en plus largement son immense territoire aux investisseurs étrangers,a amorcé un virage considérable,nonobstant sa rigidité idéologique,dramatiquement illustrée sur la Place Tien Ian Men... Pékin,et la masse démographique du pays,sont peut être,en dépit de maintes zones d'ombre et de sérieux déséquilibres sociaux,sociétaux et géographiques, en train de forger pour le proche avneir les instruments suceptibles d'obtenir le statut de nouveau Supergrand ! Avec le spectaculaire retrait de l'influence russe, depuis l'implosion de l'URSS,et le désengagement (relatif) des States au coeur du Pacifique Nord, la Chine et le Jpaon pourraient effectivement envisager une augmentation très sensible de leur influence sur l'ensemble de l'Asie Pacifique.. Mais un rapprochement institutionnel significatif des deux entités, via la renaissance d'une"Sphère de Coprospérité" demeure largement utopique..
Surtout lorsque l'on rappelle le faisceau de tensions, de contentieux,voire de conflits larvés inscrits au sein de ce continent:Contentieux sino russe, le long du fleuve Amour;contentieux sinon indien à propos du Cachemire ou de l'Amasahl Pradesh; litiges frontaliers au sein de la péninsule indochinoise;contestations de souveraineté sur certains archipels,en Mer du Japon ou en Mer de Chine; question, o combien délicate, des deux Chines, celle de Pékin et celle de Taipeh. Sans parler des deux Corées et de l'évolution récente, dramatique,à tous égards,de la politique de Pyong Yang... Ces contentieux ,très nombreux,sont d'autant plus inquiétants que la zone se caractèrise aussi par une militarisation accrue et, last but not least (mais nous y reviendons) par le rôle croissant tenu par les activités illicites, étroitement liées à la vitalité accrue d'organisations transnationales de type mafieux (yakusas japonais, triades chinoises..) et par l'ampleur de l'économie liée au trafic de drogue. Bref,tous les ingrédients semblent déormais rassemblés,tant au plan régional que supranational, pour multiplier les obstacles à la création progessive d'un "bloc sino japonais" et faire de cette région,l'une des prochaines,sinon la prochaine "zone des Tempêtes", pour reprendre ici la formule popularisée naguère par Mao Dze Dong..Une zone des tempêtes qui pourrait être parcourue, à moyen terme,non par une flotille sino japonaise, mais par le seul navire amiral chinois!

(à suivre)

confronté à sept défis majeurs.

Un monde en voie de mutipolarisation (I)

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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 13:44
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De la multipolarisation (II)

-un ensemble islamique ?:

Encore une entité spatiale susceptible de devenir un "bloc", via le regroupement des neonantis de l'OPEP et de leurs voisins? Sous la bannière de l'Islam,la plupart de ces pays,à démographie galopante, pourraient effectivement constituer un vaste pôle, englobant le Proche et le Moyen Orient, l'Asie Centrale, l'Afrique du Nord et d'indéniables possibilités de pénétration au sein de maints Etats d'Afrique Noire.. A l'échelle de cette entité potentielle, le Pakistan, première puissance musulmane à s'être officiellement dotée de l'arme nucléaire,en 1998,ou l'Indonésie et son impressionnante donne démographique,disposent d'atouts indéniables pour jouer une partition majeure.. Mais la position deTéhéran nous semble potentiellement plus appréciable encore, aux frontières d'une Russie qui a de plus en plus de mal à contrôler "sons Caucase" et les ex républiques soviétiques d'Asie Centrale, y compris celles qui baignent dans les pétrodollars 
Pétrodollars...Précisément,, dans cette perspective, et sauf accident géopolitiqiue majeur au sein de cet ensemble aujourd'hui virtuel,il semble difficile aussi de négliger,au moins à l'échelle d'une génération, les Etats pétroliers du Golfe, et notamment l'Arabie Saoudite. Eux seuls possèdent encore les réserves en hydrocarbures permettant d'affronter plus sereinement le monde..de l'après pétrole. Eux seuls disposent durablement d'une arme économique qui pourrait s'avérer redoutable pour un continentcomme l'Union Européenne. Dans l'hypothèse d'un "bloc islamique",et en dépit des positions radicales de certains, Ryad semble en outre capable de "damner "le pion à l'Iran, aux portes du Club Nucléaire

Encore conviendrait il aussi de voir 'estomper progressivement d'indéniables éléments centrifuges.Ceci ne sera pas une mince affaire. Le monde musulman est aujourd'hui un patchwork de nations diversifiées,d'entités originales héritées de civilisations trèsriches mais très variées (perse,arabe,ottomane..)et de milieux religieux très contrastés.L'Islam, il faut le rappeler, c'est aussi une histoire marquée,dès ses origines,par les schismes.La seule évocation de la fracture séculaire entre les mondes sunites et chiites,ou celle des particularismes ibadites ou zaydites,ne peut de facto que fragiliser l'hypothèse de l' émergence,à court terme,d'un véritable bloc islamique.

-l'Europe Communautaire-,enfin, marquée désormais de manière indélibile par le double processus de l'approfondissement et de l'élargissement. Localisée à proximité de "l'arc de crise", l'Union Européenne, regroupement d'Etats développés pouvant être confrontés directement,à plus ou moins long terme, à la problématique générale des nations du Sud et aux dommages collatéraux que ne cessent d'engendrer les inégalités de la croissance, va devoir affronter une gamme très diversifiée de menaces,tant d'ordre externe qu'interne.

Les défis d'ordre externe, voire les fléaux mondiaux dont l'analyse constitue ,précisément, le coeur de cet ouvrage, ils n'épargnent pas,et pour cause,à l'heure du "village-planète' cher à McLuhan, les Etats de l'Union.

Au plan interne, on doit souligner tout d'abord le rôle joué par les mouvements autonomistes et régionalistes.Ces derniers génèrent parfois des situations locales dramatiques, comme en Irlande du Nord ou au Pays Basque,par exemple,où les conflits latents peuvent se traduite par de véritables actes terroristes .Mais, pour le moyen terme, l'un des plus importants défis se dressant sur la route de l'Union,désormais à 27 membres,concerne le plan démographique,sous le double aspect contemporain du vieillissement des populations des Etatsmembres, d'unepart; le nouveau visage des flux migratoires,d'autre part.
Et les questions, souvent épineuses, des minorités et des frontières ne sont pas non plus totalement résolues.Sans parler de certaines "incompréhensions" (pour employer un euphémisme)..culturelles.L'archevêque de Cracovie n'hésitait pas, à la veille de l'entrée de la Pologne dans la communauté ,de fustiger l'Europe Occidentale,qualifiée par le prélat "d'Europe de la corruption,de la contraception,de l'avortement et du vice", et chantait en revanche les louanges de "la seule Europe qui vaille, l'Europe des cathédrales".

Sept défis majeurs:

Dans ce contexte, et dans un monde nimbé d'une foule d'incertitudes, sept défis capitaux nous semblent pouvoir être , désormais,évoqués:

-la pérennisation des conflits, notamment intra étatiques;

-la nouvelle donne de "l'aventure nucléaire";

-les aléas du désarmement;

-l'aggravation de la fracture ,en termes d'inégal développement, entre les nations du Nord et les Etats du Sud;

-la banalisation des activités illicites, liées à l'explosion de la criminalité organisée;

-le fléau du terrorisme international;

-et, mais sur un tout autre plan, les difficultés de la multipolarisation, liées à l'existence d'une superpuissance unique,ayant mis délibérement le cap vers les rives de l'hyperpuissance.

 

Jacques Soppelsa

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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 09:37

Du désarmement (II)

 

Au royaume de l'hypocrisie:

Au cours du dernier tiers de siècle, les exemples d'accords et de traités officiellement signés, ne manquent pas! Au point que certains auteurs,au plan de la géostratégie, distinguent académiquement deux garndes périodes: 1945-1965, (deux décennies,nous l'avons vu,marquées du sceau de l'impitoyable course aux armements, notamment atomiques); et 1965-2000 (ou, pour être plus clair,.Septembre 2000), un tiers de siècle illustré de facto par une gamme d'initiatives notoires,notamment au plan multilatéral ). Nous préférons, sur ce plan, distinguer trois grandes phases:1945-1965, effectivement, des Accords de Yalta aubourbier vietnamien, période d'escalade en matière d'armes de plus en plus sophistiquées; 1965-1985 (où l'on doit pouvoir utiliser le concept de "contrôle des armements") et 1985-2001,où ce dernier semble pouvoir être légitimement relayé par celui de désarmement" ...Mais avec de sérieuses nuances conjonvturelles et,a foritori depuis le coup de tonnerre du 11 Septembre 2001.

En outre,la prolifération des traités et des accords , ponctuels ou généraux, ne cache t elle pas aussi, à travers de nombreux exemples concrets,des objectifs inavoués (car inavouables) ..et souvent pervers ? Bref, "la mariée ne serait elle pas trop belle?". Car, en la matière, il y a bel et bien "accord" et "accord"!. Nouveau paradoxe:

Au cours de cette période,qui s'est traduite, au plan géopolitique, par l'apogée du système bipolaire, ce sont les initiatives multilatérales qui sont, et de loin les plus nombreuses, nonobstant l'impact des premières négociations bilatérales,les fameux accords SALT.

Quid de ces accords multilatéraux ? En simplifiant avec outrance,dans l'imbroglio des négociations et le maquis d'une terminologie d'autant plus abscone que le vocabulaire hermétique utilisé dans ce domaine l'est souvent volontairement (le traitement de choses aussi sérieuses que le contrôle des armements devant être réservé aux "experts", à ceux qui "savent" ,eux seuls doivent manier un vocabulaire approprié,aurait pu,avant l'heure,décrétait béatement le Sapeur Camembert !), on peut distinguer cinq grands types d'accords multilatéraux: Ces accords multilatéraux, plus d 'une quinzaine pour la période 1965-1985, visaient sept ou huit objectifs majeurs: geler ou limiter le nombre et les aspects qualitatifs des vecteurs d'armes nuclaires ; éviter la militarisation de certains types d'environnements ou de certains milieux; éviter la dissémination de certaines armes; interdire certains moyens de guerre; interdire la fabrication et éliminer les stocks de certains types d'armes ;restreindre les expériences et les essais; appliquer le droit international aux conflits armés (sic), voire notifier au préalable, ,comme l'avait déjà suggéré,au coeur du Moyen Age, Guillaume de Nogaret, certaines activités militaires. ("Fais ce que je dis,mais ne fais pas ce que je fais"! Nogaret s'empressa d'oublier cette généreuse recommandation à son arrivée à Anagni,lorsqu'il se saisit sans ménagement, du Pape Boniface, dans le strict intérêt de la monarchie capétienne..et , a fortiori, durant sa lutte épique contre l'Ordre des Templiers.)

Sept ou huit objectifs majeurs: Vaste programme ! Parmi les iniatives réellement concrétisées, apparaissent tout d'abord les traités ou négociations visant explicitement à éviter la militarisation, nucléaire ou conventionnelle, de certaines zones géographiques.
Le "Traité de Ttatlelolco" et le "Traité de l'Antarctique" en constituent les exemples les plus édifiants:

-Le "Traité de Ttatlelolco",qui recueille, en Avril 1968, 22 signatures, "interdit les armes nucléaires en Amérique Latine". Ce traité, historiquement, est capital ! Car Il instaure en effet , pour la première fois dans un régionpeuplée du globe une zone libre d'armes nucléaires, actualisant ainsi les propositions un tantinet utopistes des négociateurs du Traité de Westphalie. Le protocole I du traité souligne que les Etats non latino américains disposant de territoires sur le sous continent seront tenus de maintenir ces derniers "exempts d'armes nucléaires" ( La France et son département de Guyane, ou la Grande Bretagne ,contrôlant à l' époque le Honduras britannique ou la Guyana, sont directement concernées,sans être explicitement citées). En outre (protocole 2), les puissances nucléaires devront s'engager à ne pas employer, ni à menacer d'employer, des armements nucléaires contre les Etats localisés dans ladite zone. Le Traité instaure enfin,à l'aval,un processus tout à fait révolutionnaire pour lé'poque, un véritable système de contrôle international, l'ONANAL (Organisation pour l'interdiction des armes nucléaires en Amérique Latine) Dont acte .A une double (et superbe) nuance près: les heureux nantis,membres du Club Nucléaire à cette date, vont froidement ignorer les recommandations émisesà Tatlelolco (et les protocoles évoqués supra), ce qui amenuise singulièrement sa portée réelle..D'autant que,parmi les Etats latino américains les seules nations susceptibles de se doter du nucléaire,à savoir l'Argentine et le Brésil, vont bien se garder ...de le signer.

-Le Traité de l'Antarctique constitue ,lui aussi ,un bon exemple de ce premier type d'accords. Il est certes signé dès Décembre 1959, mais il sera amendé à la fin des années soixante et actualisé en grandes pompes du côté de Versailles en Décembre 1991, trente ans après son entrée en vigueur. 21 signataires, à l'époque (mais quatre fois plus sous les ors versaillais) s'engagent "à ce que le continent antarctique soit exclusivement utilisé à des fins pacifiques".Il s'agit d'une mesure de démilitarisation importante,eu égard au nombre élevé de bases qui, à cette date,commencent à essaimer du côté du pôle Sud. Le continent suscite en effet, au delà des traditionelles expéditions et expériences à but strictement scientifique, des convoitises croissantes, eu égard à son potentiel économique (des réserves pélagiques aux matières premières minérales, du "krill" aux ressources énergétiques.. ) mais surtout,avec l'impact de technologies de plus en plus sophistiquées,en particulier dans le domaine des télécommunications et de la circulation aérienne, à sa spécificité géostratégique.
La question (capitale ) de la souveraineté , enn revanche,n'y sera pas totalement réglée.Et l'application de la désormais célèbre théorie des croissants (ou des secteurs),acceptée avec plus ou moins d'enthousiasme par les grandes puissances "locales", toutes soucieuses (arguments historiques à l'appui) d'être spatialement présentes au Pôle Sud (Etats Unis, URSS, Grande Bretagne, France, Norvège) comme les nations géographiquement "proches" du continent (Australie, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud) n'a pas résolu le triple contentieux impliquant le Chili, l'Argentine et la Grande Bretagne), contentieux d'autant plus épineux qu'il correspond à la péninsule antarctique, secteur potentiellement le plus riche en ressources de l'ensemble du continent.

(à suivre)

 

J.Soppelsa

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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 09:37
Du désarmement (III)

 

-Les accords destinés à éviter la prolifération du nucléaire.

Le plus bel exemple, pour cette période, demeure celui du "Traité de Non Prolifération" du 5 Mars 1970.Il est signé dans l'euphorie par 113 nations,six semaines à peine après l'émouvante interrvention de Nixon à la Maison Blanche. Il " interdit les transferts d'armements nucléaires par les Etats dotés de ces armes et leur acquisition par les Etats qui en sont dépourvus". Ces denriers (protocole II) seront en outre soumis à un véritable contrôle international , pour ""éviter le détournement des matières nucléaires destinées à des fins civiles vers la fabrication d'engins explosifs". Car le transfert de ces matières atomiques à des fins non militaires est,en revanche, clairement réaffirmé. Inutile de constater, avec plus de trente années de recul, que ce Traité ,remarquable à tous égards au chapître des bonnes intentions, a été allégrement sapé de facto , dès les premières années de son application, tant par la politique incohérente (du moins en apparence) des fournisseurs de matières premières que par le non respect quasi systématique des obligations de désarmement contractées par les puissances dotées de l'arme atomique !

-Les accords visant à tenter d' éviter la militarisation de "certains environnements":

Le 18 Mai 1972, le "Traité sur les fonds sous marins",auquel adhèrent 70 signataries,va "interdire de placer des armes nucléaires sur les fonds marins au delà d'une zone littorale de 12 milles".Ce Traité ne sera naturellement pas signer par la France , dont le champ quasi exclusif d'expérimentation en matière de nucléaire militaire correspond précisément à ce type d'environnement, du côté de Mururoa. Les mauvaises langues iront même jusqu' prétendre , ici et là, et tout particulièrement du côté des Nations Unies, que ce traité aurait été très fortement initié par quelques "bons amis" de la France,notamment les Etats Unis, toujours prêts à souffler quelques idées à l'Australie et à la Nouvelle Zélande, voire à quelques micro- Etats du Pacifique Sud. Cette rumeur est manifestement confortée par un constat complémentaire: le traité en question n'interdit pas,en revanche, l'installation sur ces mêmes fonds sous marins,de bases de maintenance de systèmes d'armes nucléaires mobiles"..comme c'est le cas pour la plupart des bases ..américaines de l'Atlantique Nord. Au delà de son intérêt symbolique (et de son regain d'actualité, via l'épineuse question iranienne), semblable acccord n'a guère constitué d'obstacle sérieux à la course aux armements dans l'environnement marin, voire au renforcement de l'élément jouant désormais le premier rôle au sein des "triades" nationales, le véhicule porteur sous marin.

La "Convention sur la modification de l'environnement" confine, elle aussi, aux frontière de l'ambiguïté (version généreuse) ou de l'hypocrisie (version réaliste).

Le 5 Octobre 1973, 32 nations s'engagent en effet "à interdire l'utilisation à des fins hostiles des techniques susceptibles de modifier substantiellement l'environnement" (sic) Outre le caractère hautement spécieux de la formule (quid de cette notion de "modification substantielle" ?), on notera en effet que, dans la convention en question, " la manipulation concrète de l'environnement par le canal de techniques utilisables dans le cadre d'opérations militaires tactiques échappe à la prescription !Bref, si l'on comprend bien, il sera désormais interdit de dégrader durablement l'environnement en utilisant des armes nucléairesstratégiques , (dotées, nous l'avons vu, d'une portée supérieure à 1500 kilomètres, les négociateurs entretenant par ailleurs un remarquable flou artistique quant aux engins à portée "intermédiaire") mais cette interdiction ne concernera pas les armes atomiques "tactiques", celles que l'on déploie sur le champ de bataille !

-Les accords multilatéraux s'attaquant directement à la limitation des essais nucléaires:

Le 4 Octobre 1963, déjà,le "Traité d'Interdicion Partielle des Essais" est ratifié par 112 partenaires.Il interdit théoriquement "les essais sous l'eau,dans l'atmosphère et dans l'espace extra atmosphérique". Paradoxalement,mais ce n'est là aussi qu'une apparence, il ne concerne pas, en revanche, les essais en milieux souterrains, là où, précisément, à cette date, s'effectuait le plus clair des expérimentations !

Le 10 0ctobre 1967, 82 signatures sont apposées au bas du document concluant les négociations relatives aux milieux extra atmosphèriques".C'est sans doute le plus révélateur de la période quant à la médiocrité de facto de la portée concrète de semblables initiatives...au delà des gesticulations diplomatiques accompagnant ,comme à l'acoutumée, de manière classique, ce type de manifestation. Il interdit "la mise en orbite,autour de notre planète,des armes de destruction massive, nucléaires ou conventionnelles. Il stipule que "les corps célestes seront utilisés à des fins exclusivement pacifiques", une terminologie qui a d'autant plus de saveur que nou sommes alors au coeur de la course à l'espace,,moins de deux ans avant la marche historique de Neil Armstrong.

Toutefois (Protocole III), l'espace extra amosphérique reste libre..pour la circulation des missiles porteurs d'armes atomiques (ouf !; les différents complexes militaro-industriels peuvent respirer)...et le déploiement dans l'espace d'autres armes que celles dites de destruction massive n'est pas limité!

Enfin, le "Traité sur la Limitation des Essais Souterrains",ratifié le 2 Juillet 1974, limite la puissance explosive des armes nucléaires: "Toute fabrication d'arme atomique d'une puissance supérieure à 150 kT est interdite" .Seuil particulièrement élevé, les signataires du traité (les deux Superpuissances en tête) vont pouvoir poursuivre l'élaboration de programmes de développement plus sophistiqués, sans contrainte sérieuse, à l'heure où la doctrine des "représailles massives" est obsolète et relayée par celle de la "réponse graduée".

-Les Accords destinés à interdire la fabrication de certains types d'armes:

Sur ce chapître relatif aux traités partiels mais multilatéraux, deux accords, dont les initiateurs vont retrouver avec éloquence les propres termes ..des Pères de l'Eglise, au Concile de Nicée ou à celui de Clermont, sont particulièrement révélateurs:

-les 92 signataires de la "Convention contre les Armes Biologiques",entrée en vigueur le 26 Mars 1975, officialisent "l'interdiction de poursuivre des recherches dans ce domaine, par ailleurs lourdement chargé de connotations d'effroi ,voire de terreur (encore qu'à notre humble avis, il est tout aussi désagréable , in fine, de mourir d'un coup de fusil ou des effets sournois d'un bataillon de virus)

-Les 112 signataires de la "Convention sur l'Interdiction ou la limitation de certaines armes conventionnelles" traitent (défintivement,en principe !) des "armes jugées excessivement pernicieuses ou aux effets indiscriminés". Le protocole I de ladite convention rnet hors la loi "les armes conçues pour blesser par des fragments invisibles aux rayons X dans le corps humain";le protocole II relègue théoriquement dans l'armoire collective aux sinistres souvenirs, "les mines, pièges et autres engins analogues". Et le Protocole III porte sur "les armes incendiaires",également, désormais, interdites de séjour...ce qui, à notre connaissance,n'empêchera guère l'utilisation d'armes chimiques pour tenter d'éradiquer la question kurde du côté de Badgdad, ou durant la guerre Iran-Irak,pour ne pas faire référence, faute de preuves irréfutables,au second conflit du Golfe...Ceci n'empêchera pas non plus les belligérants de s'acharner à faire rapidement d'une partie dela péninsule indochinoise, de l'Angola ou du Mozambique, des contréesrichement dotés en champs de mines anti personnels (au point que les experts onusiens ont récemment estimé que l'extractionet l'anihilation de ces engins de mort disséminés sur la planète,au rythme actuel de l'éradiction, ne pourrait guère être atteinte avant deux bonnes décennies. Sans parler des Etats Unis en personne , qui minèrent avec une belle efficacité les ports du Nicaragua (activité pour laquelle ils seront solennellement condamnés par la Cour de La Haye..ce qui n'eut pas le don d'émouvoir sérieusement le Président Ronald Reagan) puis les campagnes,durant la seconde phase des opérations anti sandinistes. (Illustrationcontemporaine cruelle de ce dernier fait de guerre: les paysans du Nicaragua s'habituèrent,dans leur chair, à repérer la configurationde ces champs de mines anti personnels et à essayer d 'éviter dans leurs cheminements quotidiens ces lieux de mort..jusqu'à l'arrivée du typhon El Nino qui, bouleversant brutalement les données géographiques locales, s'est ingénié à perturber ladite configuration,de telle sorte que les peones ont du remettre en question leurs connaissances du terrain et "redécouvrir" de manière dramatique, une fois pansées les blessures directement liées au cyclone, les séquelles éloignées de la lutte des "contras" et de l'application concrète de la doctirne Reagan relative aux conflits de basse intensité .

 

 Jacques Soppelsa

 

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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 10:57

Du désarmement (.De quelques points d 'histoire)

 Il peut paraitre paradoxal, a priori,de classer le thème du désarmement parmi les défis majeurs auxquels l'humanité est confrontée, en ces premières années du nouveau millénaire.Pour être tout à fait juste,en cette époque où les médias jouent une partition de plus en plus incontournable et souvent discutable (après tout, certains experts n''ont ils pas démontré,sérieux arguments à l'appui,que,par exemple, la chaîne américaine C N N avait été l'un des acteurs principaux de la Première Guerre du Golfe ! ), l'austérité apparente du concept et le caractère abscons de certaines des procédures illustrant, notamment, l'évolution du "contrôle des armements",expliquent en grande partie le fait patent que ce thème soit souvent, sinon ignoré,du moins négligé.Et ce n'est pas en évoquant les négociations multilatérales portant sur tel ou tel type d'armes que l'on pourra,à coup sûr,faire exploser l'audimat ! Et pourtant...
Lorsque,il y a un tiers de siècle, au début des années soixante dix, Richard Nixon s'apprête ,respectant scrupuleusement la tradition,à délivrer, comme chaque troisième Mercredi de Janvier, le "Message Présidentiel sur l'état d e l'Union", l'opinion publique américaine et internationale s'interroge.Quel thème central le locataire de la Maison Blanche va t il évoquer? -L'état économique du pays ? Ce dernier, il et vrai, n'est pas particulièrement florissant. La première superpuissance montre, en ce domaine, quelques signaux inquiétants, qui seront corroborés avec éclat, l'année suivante,par la dévaluation, en Août, du "Roi Dollar" , (une grande première), avec toutes les conséquences géoéconomiques que l'on sait. -le contexte sociétal? Les émeutes qui ont éclaté dans les ghettos noirs de Watts, de Pasadena,de la plupart des grandes agglomérations étatsuniennes, sont encore dans toutes les mémoires; les sprinters noirs Carlos et Smith ont brandi un poing ganté et menaçant sur le podium du 200 mètres des Jeux Olympiques de Mexico, devant quelques centaines de millions de téléspectateurs..Les fléaux contemporains, du racisme à la pauvrté,des exactions des milieux xénophobes à la pérennité de la criminalité ou à la grand déprime des milieux ruraux, bref des laissés pour compte de la croissance, des exclus de l'American Way of Life,sont loin d'être résorbés.. -La Guerre du Viet Nam? A un tournant majeur du conflit, alors que l'opinion publique commence à découvrir cruellement la face hideuse de l'aventure,quelques quarante ans avant l'édifant "remake" irakien, 
-les menace sur l'environnement? Permettons nous , ici,une petite parenthèse.,car le sujet,relativement neuf à l'époque, deviendra singulièrement d'actualité, et pas seulement Outre Atlantique. Le problème de la pollution et celui, plus généralement,des agressions sur l'environnement,ont pris force et vigueur à la fin des "sixties", conséquence simultanée des effets du système traditionnel libéral et éminemment gaspilleur, et de ceux d'un système capitaliste sinon aussi libéral, du moins tout ausi peu avare quant à l'exploitation tous azimuths du patrimoine.. un patrimoine d'autant plus allégrement saccagé que, dans les mentalités, héritées des premiers pionniers, les ressources de ce dernier semblent, depuis des lustres,inépuisables... L'ampleur du phénomène ,au moment où Nixon s'installe dans le petit bureau ovale ,ne manque pas d'illustrations concrètes saisisantes: pollution des eaux; pollution atmosphérique, destruction des paysages...
 Le Lac Erié,tapissé de monstrueux complexes industriels, est considéré alors comme "décédé" biologiquement ! Il est qualifié en 1969, dans un Rapport Fédéral, comme" un véritable égout à ciel ouvert".La rivière Cuyahuga,dans l'Ohio,du fait de la présence d'énormes quantités de décharges industrielles volatiles, prend feu sur plusieurs kilomètres ! Le jour de Thanksgiving1966, une vulgaire inversion climatique provoque, à New York, la mort de 168 personnes. Plus symbolique encore: sur la rive méridionale du Lac Michigan, la "cité de l'acier",Gary, essentiellement peuplée d'ouvriers d'origine slave, vit au rythme des usines sidérurgiques gigantesques de la Republic Steel, de l'Inland Steel, ou de l'U.S.Steel. La ville reçoit,bon an mal an , quelques 40 000 tonnes de suies et de poussières diverses. Mais,et celà dépasse la simple anecdote, par suite d'une (autre) inversion thermique, tout aussi vulgaire, le jour où..l'astronaute Neil Armstrong effectuait ses premiers pas sur la Lune, ...les petits oiseaux de Gary perdaient leurs plumes! Bref,Nixon ne manquait guère de thèmes potentiels pour alimenter son discours.Et, pourtant,le Président des Etats Unis va consacrer l' essentiel de son intervention à une toute autre question, celle du contrôle des armements, voire du désarmement. Suscitant l'étonnement de nombreux observateurs, y compris parmi les plus avertis,Nixon déclare "la guerre à la guerre". "Les Etats Unis ont décidé de participer de toutes leurs forces à l'arrêt de la frénétique spirale de la course aux armements". Nixon entonne les louanges de la Promotion dela Paix par le canal du désarmement ! L'Organisation des Nations Unies va, très vite, lui emboiter le pas et reprendre le même refrain , en décidant oficiellement de faire "des années soixante dix, la décennie du désarmement". Certes, ces mêmes Nations Unies avaient tout aussi pompeusement baptisé les années cinquante, "la décennie de la décolonisation par les voies pacifiques"(sic),..avec les brillants résultats que l'on sait .Et les années soixante, la "décennie du développement", avec des résultats tout aussi brillants en matière de tentative d'éradication des fléaux majeurs du sous développement. La seule différence avec ces glorieux précédents, et leur bilan pathétique, c"est qu'un tiers de siècle plus tard, un coup d'oeil objectif sur les initiatives caractérisant la période sur ce chapître, peuvent nous autoriser à dresser (une fois n'est pas coûtume) une appréciation relativement positive
Soulignons tout d'abord que le désarmement n'est pas une affaire récente:
Les Pères de l'Eglise,déjà,à l'aube du christianisme,avaient décidé dans leur grande sagesse, à Nicée, puis à Clermont, (là où,après plusieurs semaines d'âpres discussions,ces mêmes Pères ,à une voix de majorité, avaient définitivement décrété que les femmes avaient une âme) de mettre "hors la loi les armes les plus cruelles".L' Eglise catholique avait impertubablement campé sur ces positions ,tout au long des temps médiévaux,riches en combats et en batailles, en suggérant l'application de la ' Trêve de Dieu", période plus ou mons longue durant laquelle il était formellement interdit aux preux chevaliers de combatte.. et en imposant,en cas de non respect, le châtiment suprême de l'excommunication (on ne plaisantait pas avec cette dernière, au Moyen Age! ) En 1648, au lendemain de l'une des plus terribles (tout est relatif) guerres de l'Histoire, la Guerre de Trente Ans, qui sema une désolation extrême de part et d 'autre des rives du Rhin, les négociateurs du Traité de Westphalie vont aller jusqu'à proposer l'officialisation de concepts aussi modernes que celui de "désarmement régional" et "d'équilibre affiché des forces" .En 1899, la Conférence de La Haye propose "l'arbitrage obligatoire" (une tehnique qui connaitra plus tard quelques beaux succès,notamment sur le continent latino américain), un processus qui est concrétisé,en 1901,par l'installation dans cette même ville de la Cour Permanente d'Arbitrage En 1919, le Pacte de la Socéité des Nations est ratifié par les Alliés.Il résulte du travail de bénédictin accompli par un homme,le Président américain Woodrow Wilson, initiateur, en janvier 1918, des désormais sacro saints "quatorze points". Au sein de ce programme,validé par Lloyd George ,Orlando et Clémenceau,trois des points évoqués concernent directemnt ce souhait d'enfinir progressivement avec l'uitlistaion de la guerre comme instrument de résolution des contentieux: le premier préconise "des conventions de paix, préparées au grand jour,après quoi il n'y aura plus d'ententes secrètes (sic); le quatrième suggère "que les armements de chaque pays soient réduits au minimum"; le quatorzième décide la création d'une association générale des Nations"ayant pour objet d'offrir des garanties mutuelles d'indépendance politique et d'intégrité territoriale ,aux petits comme aux grands Etats". Le Pacte des la Société des Nations considère alors "que la recherche et la la pérénisation de la paix exigent la réduction des armements nationaux au minimum compatible avec la sécurité nationale et avec l'exécution ds obligations internationles imposées par une action commune". Un Pacte qui, pour la petite histoire,comme l'ensemble des mesures décidées via le Traité de Versailles ,ne seront pas ratifiées par le Congrès des Etats Unis, à majorité républicaine, pour des raisons de basses maneuvrespolitiques nationales. Les résultats obtenus durant l'Entre Deux Guerres" par les (modestes ) tentatives d'application de ces beaux principes,en dépit des efforts d'un Briand ou d'un Kellogs, vont certes s'avérer quasiment dérisoires face à la montée des totalitarismes,à Tokyo,à Rome ou à Berlin.Et à la fin des années cinquante, après les non moins cinglants échecs des "Plans de Désarmement Général et Complet", les armes nucléaires vont devenir l'objet majeur des principales amorces de négociations.

Jacques Soppelsa

 

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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 10:57

Flash back sur le désarmement (1)

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Il peut paraitre paradoxal, a priori,de classer le thème du désarmement parmi les défis majeurs auxquels l'humanité est confrontée, en ces premières années du nouveau millénaire.Pour être tout à fait juste,en cette époque où les médias jouent une partition de plus en plus incontournable et souvent discutable (après tout, certains experts n''ont ils pas démontré, sérieux arguments à l'appui,que,par exemple, la chaîne américaine C N N avait été l'un des acteurs principaux de la Première Guerre du Golfe ! ), l'austérité apparente du concept et le caractère abscons de certaines des procédures illustrant, notamment, l'évolution du "contrôle des armements",expliquent en grande partie le fait patent que ce thème soit souvent, sinon ignoré,du moins négligé.Et ce n'est pas en évoquant les négociations multilatérales portant sur tel ou tel type d'armes que l'on pourra,à coup sûr,faire exploser l'audimat ! Et pourtant...
Lorsque,il y a un tiers de siècle, au début des années soixante dix, Richard Nixon s'apprête ,respectant scrupuleusement la tradition,à délivrer, comme chaque troisième Mercredi de Janvier, le "Message Présidentiel sur l'état d e l'Union", l'opinion publique américaine et internationale s'interroge.Quel thème central le locataire de la Maison Blanche va t il évoquer?

-L'état économique du pays ? Ce dernier, il et vrai, n'est pas particulièrement florissant. La première superpuissance montre, en ce domaine, quelques signaux inquiétants, qui seront corroborés avec éclat, l'année suivante,par la dévaluation, en Août, du "Roi Dollar" , (une grande première), avec toutes les conséquences géoéconomiques que l'on sait.

-le contexte sociétal? Les émeutes qui ont éclaté dans les ghettos noirs de Watts, de Pasadena,de la plupart des grandes agglomérations étatsuniennes, sont encore dans toutes les mémoires; les sprinters noirs Carlos et Smith ont brandi un poing ganté et menaçant sur le podium du 200 mètres des Jeux Olympiques de Mexico, devant quelques centaines de millions de téléspectateurs..Les fléaux contemporains, du racisme à la pauvrté,des exactions des milieux xénophobes à la pérennité de la criminalité ou à la grand déprime des milieux ruraux, bref des laissés pour compte de la croissance, des exclus de l'American Way of Life,sont loin d'être résorbés..

-La Guerre du Viet Nam? A un tournant majeur du conflit, alors que l'opinion publique commence à découvrir cruellement la face hideuse de l'aventure,quelques quarante ans avant l'édifant "remake" irakien,

-les menace sur l'environnement? Permettons nous , ici,une petite parenthèse.,car le sujet,relativement neuf à l'époque, deviendra singulièrement d'actualité, et pas seulement Outre Atlantique.

Le problème de la pollution et celui, plus généralement,des agressions sur l'environnement,ont pris force et vigueur à la fin des "sixties", conséquence simultanée des effets du système traditionnel libéral et éminemment gaspilleur, et de ceux d'un système capitaliste sinon aussi libéral, du moins tout ausi peu avare quant à l'exploitation tous azimuths du patrimoine.. un patrimoine d'autant plus allégrement saccagé que, dans les mentalités, héritées des premiers pionniers, les ressources de ce dernier semblent, depuis des lustres,inépuisables...

L'ampleur du phénomène ,au moment où Nixon s'installe dans le petit bureau ovale ,ne manque pas d'illustrations concrètes saisissantes: pollution des eaux; pollution atmosphérique, destruction des paysages... Le Lac Erié,tapissé de monstrueux complexes industriels, est considéré alors comme "décédé" biologiquement ! Il est qualifié en 1969, dans un Rapport Fédéral, comme" un véritable égout à ciel ouvert".La rivière Cuyahuga,dans l'Ohio,du fait de la présence d'énormes quantités de décharges industrielles volatiles, prend feu sur plusieurs kilomètres ! Le jour de Thanksgiving1966, une vulgaire inversion climatique provoque, à New York, la mort de 168 personnes. Plus symbolique encore: sur la rive méridionale du Lac Michigan, la "cité de l'acier",Gary, essentiellement peuplée d'ouvriers d'origine slave, vit au rythme des usines sidérurgiques gigantesques de la Republic Steel, de l'Inland Steel, ou de l'U.S.Steel. La ville reçoit,bon an mal an , quelques 40 000 tonnes de suies et de poussières diverses. Mais,et celà dépasse la simple anecdote, par suite d'une (autre) inversion thermique, tout aussi vulgaire, le jour où..l'astronaute Neil Armstrong effectuait ses premiers pas sur la Lune, ...les petits oiseaux de Gary perdaient leurs plumes!

Bref,Nixon ne manquait guère de thèmes potentiels pour alimenter son discours.Et, pourtant,le Président des Etats Unis va consacrer l' essentiel de son intervention à une toute autre question, celle du contrôle des armements, voire du désarmement.

Suscitant l'étonnement de nombreux observateurs, y compris parmi les plus avertis,Nixon déclare "la guerre à la guerre". "Les Etats Unis ont décidé de participer de toutes leurs forces à l'arrêt de la frénétique spirale de la course aux armements". Nixon entonne les louanges de la Promotion dela Paix par le canal du désarmement ! L'Organisation des Nations Unies va, très vite, lui emboiter le pas et reprendre le même refrain , en décidant oficiellement de faire "des années soixante dix, la décennie du désarmement".

Certes, ces mêmes Nations Unies avaient tout aussi pompeusement baptisé les années cinquante, "la décennie de la décolonisation par les voies pacifiques"(sic),..avec les brillants résultats que l'on sait .Et les années soixante, la "décennie du développement", avec des résultats tout aussi brillant en matière de tentative d'éradication des fléaux majeurs du sous développement. La seule différence avec ces glorieux précédents, et leur bilan pathétique, c"est qu'un tiers de siècle plus tard, un coup d'oeil objectif sur les initiatives caractérisant la période sur ce chapître, peuvent nous autoriser à dresser (une fois n'est pas coûtume) une appréciation relativement positive

.Soulignons tout d'abord que le désarmement n'est pas une affaire récente:

Les Pères de l'Eglise,déjà,à l'aube du christianisme,avaient décidé dans leur grande sagesse, à Nicée, puis à Clermont, (là où,après plusieurs semaines d'âpres discussions,ces mêmes Pères ,à une voix de majorité, avaient définitivement décrété que les femmes avaient une âme) de mettre "hors la loi les armes les plus cruelles". L' Eglise catholique avait impertubablement campé sur ces positions ,tout au long des temps médiévaux,riches en combats et en batailles, en suggérant l'application de la ' Trêve de Dieu", période plus ou mons longue durant laquelle il était formellement interdit aux preux chevaliers de combatte.. et en imposant,en cas de non respect, le châtiment suprême de l'excommunication (on ne plaisantait pas avec cette dernière, au Moyen Age! ) En 1648, au lendemain de l'une des plus terribles (tout est relatif) guerres de l'Histoire, la Guerre de Trente Ans, qui sema une désolation extrême de part et d 'autre des rives du Rhin, les négociateurs du Traité de Westphalie vont aller jusqu'à proposer l'officialisation de concepts aussi modernes que celui de "désarmement régional" et "d'équilibre affiché des forces" .En 1899, la Conférence de La Haye propose "l'arbitrage obligatoire" (une tehnique qui connaitra plus tard quelques beaux succès,notamment sur le continent latino américain), un processus qui est concrétisé,en 1901,par l'installation dans cette même ville de la Cour Permanente d'Arbitrage En 1919, le Pacte de la Socéité des Nations est ratifié par les Alliés.Il résulte du travail de bénédictin accompli par un homme,le Président américain Woodrow Wilson, initiateur, en janvier 1918, des désormais sacro saints "quatorze points". Au sein de ce programme,validé par Lloyd George ,Orlando et Clémenceau,trois des points évoqués concernent directemnt ce souhait d'enfinir progressivement avec l'uitlistaion de la guerre comme instrument de résolution des contentieux: le premier préconise "des conventions de paix, préparées au grand jour,après quoi il n'y aura plus d'ententes secrètes (sic); le quatrième suggère "que les armements de chaque pays soient réduits au minimum"; le quatorzième décide la création d'une association générale des Nations"ayant pour objet d'offrir des garanties mutuelles d'indépendance politique et d'intégrité territoriale ,aux petits comme aux grands Etats". Le Pacte des la Société des Nations considère alors "que la recherche et la la pérénisation de la paix exigent la réduction des armements nationaux au minimum compatible avec la sécurité nationale et avec l'exécution ds obligations internationles imposées par une action commune". Un Pacte qui, pour la petite histoire,comme l'ensemble des mesures décidées via le Traité de Versailles ,ne seront pas ratifiées par le Congrès des Etats Unis, à majorité républicaine, pour des raisons de basses maneuvrespolitiques nationales.
Les résultats obtenus durant l'Entre Deux Guerres" par les (modestes ) tentatives d'application de ces beaux principes,en dépit des efforts d'un Briand ou d'un Kellogs, vont certes s'avérer quasiment dérisoires face à la montée des totalitarismes,à Tokyo,à Rome ou à Berlin.Et à la fin des années cinquante, après les non moins cinglants échecs des "Plans de Désarmement Général et Complet", les armes nucléaires vont devenir l'objet majeur des principales amorces de négociations.

(à suivre)

Jacques Soppelsa










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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 21:34


La chûte du Mur de Berlin et l'effondrement des Démocraties Populaires, l'implosion de la superpuissance soviétique, les bouleversements inouïs que connait la planète au début des années quatre vintgt dix,ont fait indéniablement entrer cette dernière dans "l'ère des incertitudes". Certains observateurs n'ont pas manqué, dans ce contexte, d'estimer que l'administration américaine,à la tête de la dernière superpuissance,avait obtenu une "victoire sans combattre",voire une "victoire sans triomphe"...à laquelle aurait succédé un "triomphe sans victoire"! (sic).Victoire et triomphe inaugurant uncycle d'unilatéralisme.. Il ne fait guère de doute, certes, que le leadership américain ne se soit solidement affirmé au cours des quinze dernières années. Ceci étant, face aux nouvelles donnes géopolitiques,trois grandes options furent évoquées,tant au plan théorique et doctrinal qu'à celui de la realpolitik quant aux actions extérieures susceptibles d'être conduites par Washington. Et leur évocation, frottée aux réalités de la dernière décennie, peut aussi amener d'emblée à répondre,au moins avec prudence, à une interrogation majeure :la gouvernance mondiale, confrontée aux fléaux qui menacent directemnt la planète, est elle aujourd'hui marquée du sceau de l'unipolarisme..ou de celui de la multipolarisation ?
Trois options, trois sensibilités,se sont donc exprimées sur ce thème: les "déclinistes, partisans d'un nouvel isolationisme américain; les "internationalistes réalistes",favorables à un retour de la dernière superpuissance à une politique étrangère centrée en priorioté sur le panaméricanisme (réactualisant ainsi la vieille doctrine Monroe) et les "expansionistes idéalistes", prônant un interventionnisme tous azimuths confortant l'hégémonie de Washington..au profit de tous (thème de l'exportation des vertus de la démocratie étatsunienne).Ces trois sensibilités correspondent assez fidèlement aux "luttes" doctrinalesobservées durant la fin du mandat de George Bush,les deux mandatures de Bill Clinton et, à traits plus forcés,durant la présidence de Bush Junior L'isolationnisme rejoint, plus ou moins consciemment, les analystes déclinistes soutenus par Paul Kennedy et ses émules. Sa concrétisation permettrait de nier, in fine, la thèse de l'unilatéralisme au profit d'un globe illustré par l'émergence,ici et là, de nouveaux blocs polarisés.Elle renoue aussi avec l'un des thèmes majeurs de la saga nord américaine: "l'Amérique aux Américains",au sens le plus étroit du terme, et son corollaire, une stricte neutralité au plan géopolitique.Cet isolationnisme serait aussi, paradoxalement en apparence,compatible avec les intérêts économiques de la nation en général, et des entreprises industrielles et commerciales en particulier ! Mais, Outre Atlantique, les "déclinistes" ont aussi été parmi les plus féroces partisans de l'interventionnisme..économique! Dans son ouvrage ,"Naissance et déclin des grandes puissances", Paul Kennedy,dès 1987,ne considérait pas le déclin des States en termes d'affaiblissement des ressources naturelles et humaines,mais en termes de réduction du pouvoir par lequel ils ont matérialisé leurs intérêts nationaux, sinon vitaux. Au delà de larigueur intellectuelle de la démonstration, les faits, toujours tétus, y compris en Amérique,ont permis de constater que la politique étrangère conduite par les Bush ou par Clinton s'est quasiment située aux antipodes de l'isolationnisme!

Les "internationalistes idéalistes",comme Francis Fukuyama et son best seller ("la Fin de l'Histoire et le dernier Homme"), publié dès 1989, se sont montrés résolument optimistes quant au leadership nord américain et à la fiabilité de la cause unilatéraliste. Leur argument: le pays est plus que jamais le plus puissant dans tous les domaines, tangibles (ressources de base,secteur militaire,énergie,science et technologie) comme intangibles (de la cohésion nationale au rôle majeur tenu au sein des institutions internationales,en passnant par la "culture universelle". Démonstration reprise ultérieurement par Joeph Nye ("Governance in a Globalizing World" )en 2000, ou par Robert Koehane ("Leisure in contemporary Society") en 2001 , et que Zbignew Brzezinski en personne avait déja fermement affirmé dans son "Grand Echiquier": "Aucune puissance ne peut prétendre rivaliser dans lesdomaines clefs du militaire, de l'économique, du technologique et du culturel, qui font une puissance globale.Seule l'Amérique est dotée de forces armées d'un rayon d'action planétaire;elle reste le principal moteur de la croissance mondiale; elle détient la suprématie dans les principales technologies;sa culture bénéfcie d'un pouvoir d'attraction incomparable, en particulier auprès des jeunes générations". Et l'ancien Conseiller de Jimmy Carter de conclure :"Les Etats Unis seront la première, la dernière et l'unique puissance globale".. Francis Fukuyama était catégorique: "l'Occident a gagné la Guerre Froide et,à l'"chele du monde, les conflits entre les nations sont terminés; l'idéologie communiste a échoué et le libéralisme deviendra l'idéologie universelle". Dans un tel contexte, où l'onvoit resurgir la thèse de la "destinée manifeste",voire de la "prédestination", fil rouge de toute la saga nord américaine, il est donc du devoir des Etats Unis,désormais seuls leaders de la planète, de contrôler les nouvelles donnes de la sécurité collective , aussi bien que les organisations régionales susceptibles de propager les idées libérales et les vertus de la démocratie présidentielle américaine. Héraut de la Pax Americana, Fukuyama soulignait qu'un "remarquable consensus sur la légitimité de la démocratie libérale en tant que système de gouvernement a émergé à traveres le globe au cours des dernières années, en éliminant les systèmes idéologiques rivaux , comme le fascisme ou le communisme.Le capitalisme a atteint sa maturité et largement prouvé sa supériorité sur les économies planifiées et centralisées, par sa maitrise de la technologie et par sa capacité à s'adapter à la division globale du travail,sans cesse en évolution".Les tenants de la Pax Americana, arrivés au pouvoir avec Bush Senior puis, paradoxalement,avec Clinton, ont ainsi systématiquement favorisé les organisations supra étatiques capables de collaborrer avec cette vision idéologique. Et ce n'est certainement pas un hasard si le Traité de l'ALENA, par exemple, première étape du vaste projet de "marché commun américain unique, de l'Alaska à la Tierra de Fuego, a été précisément concocté à l'heure des tentatives les plus sérieuses de dialogue régional en Amérique Latine, au lendemain de l"effondrement des dictatures! Ils ont aussi conduit la Maison Blanche à s'investir dans toute une litanie de lieux névralgiques de la planète,de la Mésopotamie au Kosovo, de l'ex fédération yougoslave à l'Afghanistan, de l'Asie Pacifique à l'Afrique subsaharienne...

Samuel Huntington, dans son best seller ( "The Clash of the Civilizations",) développe une idée majeure: "le XXIeme siècle verra les facteurs géopolitiques classiques dépassés par les clivages culturels et religieux".Il rejoint ainsi André Malraux (auteur de la désormais célèbre sentence:"le XXIeme siècle sera religieux ou ne sera pas!").Les écrits de Huntington vont être rapidement caricaturés par certains exégètes, assimilant les prévisions de l'auteur à une lutte future et sanglante entre le monde occidental,judéo chrétien, et les nouveaux "Barbares" de la zone islamique,pour ne pas dire islamiste.A travers cette caricature,on devine ici les arrière pensées à peine voilées de certains,y compris au plus haut niveau des "Grands de ce monde"... En réalité, Huntington propose une approche beaucoup plus subtile, y compris quand on la compare à celles des partisans de l'unipolarisme", évoqués supra.Il décrit des Etats Nations et des entités supraétatiques gravitant au sein d'un système qu'il qualifie volontiers de monde "uni multipolaire". L'analyse de Samuel Huntington aboutit en la matière à la description d'un globe qui s'articulerait autour de trois niveaux de puissances:

-au premier niveau, l'hyperpuissance américaine;

-au second niveau,les "puissances régionales de second rang",qui ne sont supérieures que dans leur région: Huntington évoque ici,précisément, le condominium franco allemand pour l'Europe Occidentale, la Russie pour l'Eurasie,la Chine (et éventuellement le Japon) en Asie de l'Est,l'Inde en Asie méridionale, l'Iran en Asie du Sud Ouest,le Brésil en Amérique du Sud et l'Afrique du Sud (ou le Nigeria) en Afrique;

-au troisième niveau, les pays "puissances secondaires dans leur région", qui ont souvent des contentieux et des conflits d'intérêts avec les Etats de second rang dans leur zone.Comme la Grande Bretagne vis à vis du condomium franco allemand en Europe, l'Ukraine vis à vis de la Russie, le Japon vis à vis de la Chine, la Corée du Sud vis àvis du Japon, l'Arabie Saoudite vis à vis de l'Iran, le Pakistan vis à vis de l'Union Indienne ou l' Argentine vis à vis du Brésil".

Nous laisserons bien entendu à l'auteur la responsabilité de semblables assertions, discutables à bien des égards,mais qui ont au moins le mérite de rappeler la complexité de la situation géopolitique de la planète en cette période post bipolaire

.-deuxième nuance, et elle est loin d 'être négligeable: l'hégémonisme américain ne peut pas ne pas être freiné,au moins conjoncturellement, par sa vulnérabilité économique.Les questions matérielles et financières ont été maintes fois évoquées, tant sous la présidenrce de Bush Senior que sous les deux mandats Clinton. Waren Christopher, lui même ancien Secrétaire d'Etat, évoquait en 1999 des chiffres significatifs en la matière : "les Etats Unis, de la chute du Mur de Berlin au krach asiatique de 1997, ont du se résigner à fermer vingt cinq ambassades ou consulats et à réduire de 40% les budgets consacrés à l'aide humanitaire".

-Troisième nuance, enfin: l'unilatéralisme américain et la tentation de tenir à nouveau le rôle de gendarme du monde,au plan structurel,ne sont pas incompatibles avec des priorités d'intervention et des hiérarchies dans la localisation spatiale des interventions.La dernière décennie a montré,en définitive,que Washington a certes privilégié le Moyen Orien (pétrole oblige?) et le continent américain, rejoignant ainsi la sensibilité des internationalistes réalistes tout en ressuscitant la doctrine Monroe.

Les "réalistes stricts" (surtout depuis l'élection de Bush Junior) se sont employés à consolider la "puissance maritime" qui frange l'arc de crise cher au Géopoliticien américain Spykman, une puissance maritime courant des Aléoutiennes au Cap Horn,voire jusqu' aux contrées océaniennes.Mais les Etats Unis se doivent aussi d'être présents dans les nouvelles démocraties libérales d'Europe Orientale et, phénomène plus original,en Afrique subsaharienne (de nouveau l'odeur du pétrole ?) tout en combattant les "Etats préoccupants" ( ex "Etats voyous") et en s'efforçant d'éradiquer de nouveaux fléaux planétaires,comme le terrorisme international.

Alors, unilatéralisme ,monde unipolaire, régions en voie de polarisation ?

Au delà de l'exemple tout à fait convaincant fourni par la dernière décennie (une misère,mesurée à l'aune de l'histoire des civilisations) et des bouleversements introduits par l'apparition de queluqes "variables" majeures, la Géopolitique peut nous incliner,malgré tout, en rappelant lepoids des "tendances lourdes" , à imaginer, pour le moyen terme,un monde en voie de multipolarisation,associant deux types de situations bien spécifiques, (les espaces inorganiques et les blocs polarisés) Nous en reparlerons...

 

Jacques Soppelsa

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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 18:14

 

Commentaires géopolitique sur une pétromonarchie.

Le poids des "tendances lourdes" dans les Emirats Arabes Unis

-Les données de la Géographie:

Les "Emirats Arabes Unis",qui ont accédé à l'Indépendance en 1971,sont très largement ouvert sur le Golfe Persique. Un Golfe qui,à l'échelle de la région,figure depuis longtemps, y compris avant l'ère des hydrocarbures,parmi les vecteurs maritimes majeurs des échanges internationaux.

Trois remarques,au demeurant classiques, peuvent être rappelées sur ce plan:

-le rôle de cette position littorale;

-la "proximité",de l'autre côté du Golfe, d'un Etat qui, c'est le moins que l'on puisse écrire, défraye la chronique aujourd'hui:l'Iran !

-les frontières (souvent très artificielles)avec le puissant Royaume d'Arabie Saoudite.

Ces "facteurs externes", confortés par l'exiguité des territoires émiratis, jouent un rôle clef dans la région,tout particulièrement au sein de cette nouvelle ère caractérisant le monde post-bipolaire.

L'ensemble des Emirats, comme le Qatar ou le Koweit voisins,sont situés au coeur de "l'Arc de Crise",pour reprendre les termes du Géopoliticien américain Spykman:

L'Arc de Crise":

En 1978, André Fontaine écrivait: déchirement du Proche Orient, guerre civile entre Palestiniens, ..l'état d'atomisation du Moyen Orient rappelle celui des Balkans au siècle dernier".
Balkanisation:l'ensemble moyen oriental ,qui possède une part très importante des réserves mondiales d'hydrocarbures est, par excellence,l'archétype de la zone "privilégiée" des stratégies indirectes..au moins jusqu'à la Seconde Guerre du Golfe! Un élément géopolitique majeur qui,curieusement,est rarement mis envaleur par les experts et les analystes: jusqu'à la fin des années soixante dix,c'est le Proche Orient,via le conflit israelo arabe ,qui s'imposait dans la région comme souci géopolitique majeur.La donne a singulièrement changé, à la veille du nouveau siècle! 
A partir du milieu des années 80 et, a fortiori, au cours des deux dernières décennies, la région du Golfe sensu largo a connu une dérive spatiale remarquable,nonobstant la pérennisation du contentieux israelo palestinein et du drame libanais: un glissement des tensions ,voire des conflits ouverts,vers le Sud du Golfe persique!

Relisons l'histoire récente de la région :elle a subi en moins d'un tiers de siècle six chocs géopolitique majeurs:

-le retrait des Britanniques, au début des années 70;avec , précisément, l' apparition de nouvelles entités étatiques; Bahrein,le Qatar. et nos Emirats Arabes Unis

-la Guerre du Kippour et la première crise pétrolière; pour la première fois,et celà a eu des effets directs sur les E A U en particulier;l'arme pétrolière a été utilisée , confortant les liens organiques existant entre les deux pôles classiques du Moyen Orient, le Levant et le Golfe

-la révolution islamique en Iran,d'autant plus importante pour notre approche que, rappelons , les horizons iraniens font face, via le Golfe Persique,aux horizons emiratis!

-la guerre Iran- Irak ,entre 1980 et 1988, au cours de laquelle,précisément, les ambitions de Saddam Husien étaient tout simplemnt de contrôler le Détroit d'Ormuz!

-la "première Guerre du Golfe",inaugurée par l'intervention unilatérale des armées irakiennes sur le territoire kowetien,le 2 Aout 1990

-la Guerre de 2004, avec l'invasion par l'armée de la "Coalition" de la Mésopotamie et la chûte de Saddam .On connait la suite..

Le corollaire le plus évident de cette histoire contemporaine singulièrement belliciste,aux portes des Emirats Arabes Unis, c'est que la totalité des Etats localisés dans "l'arc de crise" représentent indéniablement un milieu surarmé.

Un milieu surarmé.

Les Emirats,comme l'ensemble des pays du Golfe,émargent depuis un quart de siècle au foyer le plus impressionnant de militarisation.Comme le soulignait naguère Henry Kissinger, l'équation :"tensions + pétrole = surarmement" est particulièrement bien vérifiée dans la zone :le poids élevé des dépenses militaires est une constante.La part de ces dernières,tant pour les Emirats Arabes Unis que pour l'ensemble des membres du CCG (Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe ),depuis un tiers de siècle,(et le premier "choc pétrolier") a systématiquement dépassé les 13,5% du PNB (et plus de 15% pour la dernière décennie).

Quant au contexte des "hydrocarbures" , au delà du constat ,maintes fois souligné, du rôleclef de tenu par l'exploitation du pétrole dans l'économie émiratie durant trente années ,mais aussi de la dégradation des réserves et des aléas du marché international, la question ,au moins à moyen terme, des techniques et des modes d'exportation nous parait , au plan géopolitique,incontournable

Les réseaux de pipelines des Emirats du Golfe sont complexes,mais ce ne sont que des oléoduc de défruitement, servant à relier les gisements d'extraction aux structures portuaires et aux raffineries. Pour l'exportation,ils n'ont,de facto,que deux solutions: rejoindre le réseau de transport saoudien (d'où, à nouveau, la place capitale ,au moins virtuellement, tenue par le puissant voisin);ou l'acheminement par la voie maritime à partir de sports du Golfe.Dans cette seconde option, les E A U dependent alors étroitement de la donne stratégique illustrée par le Détroit d'Ormuz

Les producteurs émiratis,à l'image des saoudiens, tendent désormais à se tourner vers les nouveaux (et colossaux) consommateurs asiatiques. Les Emirats réalisent aujourd'hui plus des deux tiers de leurs exportations vers l'Asie. Et on peut rappeler (et c'est plus qu'une anecdote) l'organisation, les 4 et 5 Janvier derniers par le "Golf Research Center", ...à Dubai, d'une réunion de travail consacrée à "Dynamic alliances, strenghtening ties between GCC and Asia", où furent notamment présents maints experts asiatiques,conduits,comme par hasard ,par le Secrétaire Général de l'ASEAN en personne.!Preuve de la prise de conscience que l'amélioration des relations entre Emirats et Asie-Pacifique a non seulement des"avantages géographiques". mais qu'elle peut sécréter un "bonus" éminement politique..

-Dernière"tendance lourde"de premier plan, l'ensemble des Emirats Arabes Unis,joue depuis plus d'un quart de siècle la carte de la coopération militairerégionale,dans le cadre du CCG

Le CCG.

Un certain nombre de pays du Golfe se sont effectivement regroupée au sein d'un "Conseil de Coopération du Golfe" en 1981.En sont membres les Emirats Arabes Unis ,le Bahrein,l'Arabie Saoudite,le sultanat d'Oman,le Koweit et le Qatar.Le 25 Mai 1981,les fondateurs de cette institution avaient pour but la création d'une organisation d'intégration régionale et decoordination comprenant plusieurs domaines,financiers, politiques, commerciaux,mais laissant aussi une place importante à l'édification d'une plate forme commune au plan de la sécurité à l'échelle de la région.

Ls objectifs officiels du CCG sont "de promouvoir la coordination et la régularisation dans les domaines de la finance,du commerce, de l'administration,du tourisme,des coutûmes" (sic), de la sécurité,des progrès scientifiques et techniques.ainsi que les activités minières et agricoles, notamment en établissant des centres de recherche communs, des "joint ventures" ,et en favorisant la coopération entre les diférents secteurs privés des pays adhérents";

Cette organisation est d'abord fondée sur le socle séculaire(tendance lourde liée à l'Histoire) des liens culturels tissés entre les Etats membres,mais également "sur la croyance en une destinée commune" ainsi que sur les nombreux points communs existant entre leurs systèmes juridiques basés sur l'application des règles de l'Islam. Le CCG est administré par un"Conseil Suprême"qui se réunit une fois l'an en session normale,et en session extraordinaire,à la demande de deux de ses membres.Soulignons aussi que le but majeur du CCG est" de servir l'objectif suprême de la nation arabe ,la cause de l'Islam'.Ceci n'est pas neutre.L'un des acquis du CCG, au cours de ces dernières années, à été effectivement de faire surgir et adoper une vision beaucoup plus claire des intérêts communs , à l'échelle des Etats de la zone. A preuve,par exemple: la réaction collective commune des pays membres vis àvis des autres entités internationales durant la Première Guere du Golfe,déclenchée par l'invasion du Koweit par l'armée irakienne. Mais les deux plus grands succès du CCG dans le domaine de la sécurité et de la défense résident dans la mise en place ,en 1984,d'une force commune dénommée "Peninsula Shield Force" et, surtout, à partir de 1997,la décision de mettre sur pied un réseau de communication militaire d'alerte entre les différents membres (Mesure préventive à l'égard de l'ennemi "potentiel" iranien ?) Plus révélateur encore,le CCG porte sur les secteurs économiques-clefs que sont le pétrole et le gaz naturel, une attention particulière.Son but:la promotion,progressivement, d'une politique commune dans "les domaines de l'exploitation et du transport".Mais,plus significatif encore, depuis quatre ou cinq ans,il vise aussi " l'adoption d'une position commune à l'égard des marchés internationaux.Rappelons que dès le début de la décennie quatre vingt dix,le CCG avait créé un "Regional Emergency Plan of Petroleum Products" conçu notamment pour assister un pays membre en cas de pénurie.

J.Soppelsa

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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 19:42

Hommage à McKinder et à Spykman

Extraits de la Conférence de Jacques Soppelsa - Genève- HCR. Mars 2007.

En 1904,en Ecosse comme ailleurs, il n'est question ni de l'Union Soviétique, ni du système bipolaire, ni du Tiers Monde, a fortiori de l'aventure nucléaire !..Et pourtant..
Cette année là, Sir Halford McKinder, ancien Directeur de la London School of Economics, Professeur de géographie à l'Université de Londres, après une série de travaux très fréquentables consacrés à cette discipline, se tourne délibérément vers la Géopolitique,cette branche de la science politique tout juste créée (au plan du vocabulaire) quelques années plus tôt,par le Prussien Friedrich Ratzel.en publiant un article, "The Geographical Pivot of History"..La plupart des idées émises seront reprises à deux occasions par leur auteur,en 1919 (dan son ouvrage "Democratic Ideals and Reality", paru,comme par hasard, l'année même de la Conférence pour la Paix,et en 1943 (édition remaniée dudit ouvrage), au coeur de la Seconde Guerre Mondiale.

L'idée majeure de McKinder est simple (et révolutionaire): l'espace maritime est unique ( "World Ocean") et occupe les 8/12emes de la surface de la planète Sur cet océan "flotte" une "Ile mondiale (l"Euro-Afrique-Asie"), une "World Island qui correspond à quelques 3/12èmes de ladite surface.Et, frangeant cette Ile Mondiale, les "'archipels externes" ,courrant de l'Alaska .à l'Océanie,via l'ensemble de l'hémisphère américain (I/12eme). En changeant d'échelle, l'Ile MondiaLe est dominée par un "Heartland",siège virtuel de la "puissance continentale", qu'il établit du côté de la Sibérie centrale, le siège de la "puissannce maritime",ancrée sur les archipels externes,étant,quant à lui, fixé dans la cuvette mississipienne .Puissance continentale, puissance maritime:l' ossature du futur système bipolaire (et donc de la logiqu des blocs) est d'ores et déjà esquissée, alors même qu'à cette date, l'empire tsariste est en proie à de très sévères crises internes,et que les Etats Unis viennent à peine d'acquérir le statut de "puissance moyenne" !Et pour le géopoliticien londonien,après les avatars du Reich allemand, le siège de la puissance terrestre glissera inexorablement vers l'Est car:

"Qui tient l'Europe Orientale tient le Heartland !

Qui tient le Heartland tient l'Ile Mondiale !

et qui domine l'Ile Mondiale commande au monde"..

sauf si la puissance maritime ,concrétisée par les archipels externee,au premier rang desquels figure l'Amérique du Nord ,s'oppose à l'expansionisme de la puissance continentale...En 1943, McKinder actualise cette approche et la complète en insistant sur le rôle clef du Middle Ocean ( l'Océan Atlantique) et en déterminant l'axe privilégié des relations inernationales pour le proche avenir:un axe courant de Washington à Moscou! Le système bipolaire est né,au moins sur le papier, deux ans avant Yalta et la première expérience nucléaire!

Il ne restait plus qu'une mission à ses disciples, et tout particulièrement l'Américain Spykman :lcompléter cette vision bipolaire par l'analyse du rôle dévolu à l'interface entre les deux ensmeble suprarégionaux évoqués:les "Rimlands".

Dans son ouvrage (posthume), "Géographie de la Paix",Spykman s'affirme sans réserve comme un farouche partisan des thèses de McKinder. .mais avec une (sérieuse) nuance: "l'approche géopolitique de McKinder est séduisante..mais incomplète" affirme t il,en regrettant que l'Ecossais délaisse systématiquement ,dans osn champ d'inevtigations,le rôle susceptible d'être joué par la zonepériphérique à l'Ile Mondiale, les "Rimlands",qui s'étirent entre deux points d'ancrage,les Iles Britanniques et l'archipel japonais. via Gibraltar,la Mer Mediterranée,la péninsule arabique, l'Asie Méridionale et la péninsule indochinoise! Spykman va affirmer que Mc Kinder est dans l'erreur en prétendant faire du Heartland le coeur de l'architecture géopolitique mondiale our Spykman,"c'est celui qui contrôlera la zone périphérique qui dominera le monde";ce secteur à l'interface de l'Ile Mondiale et des archipels externes ."Cette gigantesque zone tampon sera le lieu privilégié des contentieux et des conflits indirects réglant les relations antagonistes entre la puissance maritime et la puissance terrestre". Spykman estime en outre que ces deux entités seront un jour ou l'autre amenées à considérer comme inimaginable une collision frontale (elle serait gravement dommageable aux deux belligérants potentiels, compte tenu de leur surarmement). "La zone des Rimlands ( et,secondairement,son appendice africain,largement dominé,à l'époque,par les puissances européennes),à la fois terrestre et mariitme, au contact de deux entités naturellement antagonistes, verra proliférer le plus grand nombre de conflits ouverts au cours du second demi siècle. Ou comment un théoricien, un bon tiers de siècle à l'avance, décrivait les conclusions obtenues par les travaux in vivo d'un Gaston Bouthoul !!

-Deuxième commentaire quant à la multiplication de ces conflits localisés: il semblerait (et c'est un euphémisme!) que la probabilité de guerre dans les pays dotés d'appréciables ressources naturelles soient plus élevées que dans les pays totalement démunis.Ces ressources naturelles jouent effectivement un rôle clef dans l'émergence ou l'essor des rébellions et des guerillas internes.Michael Ross,de UCLA ,a pu estimer "que les économies d'extraction constituent une véritable malédiction ,comme le soulignent les conflits au Nigeria,en Afrique Centrale, voire naguère en Angola.Les probabilités de conflits ouverts dans les pays produisant du pétrole,du gaz et des diamants a fortement augmenté entre le début des années 1970 et la fin des années 1990, de même que le nombre de groupes rebelles levant des fonds via la contrebande".

Troisième commentaire quant au foisonnement des guerres intra étatiques:il correspond précisément à une période au cours de laquelle ,tirant les leçons des tragédies de la Seconde Guerre Mondiale , l'humanité s'est doté d'un instrument destiné à prévenir les conflits: l'Organisation des Nations Unies....Vous avez dit "paradoxal"?

 

Jacques Soppelsa

 

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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 19:32


 

Réflexionsur les "cycles de Fuller".

"L'aventure nucléaire peut être cpnsidérée , (paradoxalement en apparence) comme un "retour à la logique" dans les rapports de force, à l'échelle des conflits potentiels ou réels. L'Historien britannique Fuller, on le sait,avait brillamment esquissé ,naguère,un étonnant panorama de l'histoire de l'humanité,articulé sur l'analyse d'une trilogie chronologique majeure, correspondant à trois périodes de l'évolution des sciences et des techniques: civilisation des "cycles de combat de contact", des 'combats à courte distance" et, in fine, de la "destruction à longue distance sans discrimination".

L'être humain,il est vrai, n' a guère cessé de se battre.Si nos informations sont bonnes, notre ancêtre du Néolitihique passait le plus clair de son temps ,sur le seuil de sa grotte, à affuter soigneusement quelque branche d'arbre pour en faire une massue ou un épieu, afin d'aller fracasser avec quelques chances de réussite, le crâne de son voisin,installé dans la grotte d'en face.Et celà avec l'une des trois idées suivantes (je n'en connais guère d'autres) :lui dérober son feu, récupérer le produit de sa chasse,ou lui voler sa femme.!!

Le premier cycle , le "combat de contact" ,c'est l'ère du couteau, du poignard, de la pique ou de la dague,de la masse ou de l'épée.Les combattants s'affrontent au corps à corps.Les qualités physiques et morales des adversaires, leur nombre, l'efficacité des armes de poing utilisées, ,jouent un rôle clef dans l'issue de la confrontation.Les considérations tactiques sont primordiales ,pour ne pas dire exclusives! Les données stratégiques,au sens moderne du terme,sont très secondaires.Les combattants se détruisent mais les civils et les biens convoités ne sont pas directement concernés par la joute, puisqui'ls constituent précisément l'objectif de cette dernière. Tuer la femme du voisin, éteindre son feu ou gaspiller la viande de l'ennemi vaincu confineraient à un niveau de stupidité indigne de l'homo erectus.

Le second cycle, celui de la "lutte à courte distance",se distingue du précédent par la sophistication croissante des moyens de combat et l'apparition ou la généralisation des armes de jet: arc, arbalète, lance, ,javelot,catapulte..participant à la lutte,seules ou conjointement aux armes de poing. Avec l'essor de ce tye d'armement et la naissance,notamment,de l'artillerie,émergent aussi,quasi simultanément ,dans le "paysage géostratégique", les grandes forteresses,les éléments permanents de protection ,des châteaux fortifiés de l'époque médiévale aux redoutes et aux fortins chers à Vauban..L'environnement géographique devient un élément clef de l'organisation tactique..Vaille que vaille, les combats restent toutefois "affaires de spécialistes" et l'on s'efforce encore de respecter l'intégrité des biens et des civils..à quelques atrocités de mercenaires près ( il faut bien vivre en campagne)

Le troisième cycle,enfin,c'est celui de "la destruction massive, à longue distance, et sans discrimination".Il est inauguré par les premiers pas (si l'on peut dire) de l'aéronautique et avce l'ère du bombardier.Sa place reste modeste au cours de la Première Guerre Mondiale.Elle sera déterminante durant la Seconde.Les considérations tactiques sont désormais réduites à la portion congrue.Fi des maneuvres sophistiquées. Il s'agit de réaliser les destructions les plus massives possibles,d'anéantir sans discrimination les combattants, les cilvils, les biens de l'ennemi..La première phase de l'ère atomique ( l'explosif se substituant "simplement" à la bombe conventionnelle, et le véhicule porteur restant l'avion) appartient encore,indubitablement, au troisième cycle du modèle de Fuller.Il s'agit bien, ici encore,d' anéantir forces et biens de l'adversaire, pour décourager sa volonté de riposte.Ses biens ne sont pas préservés.Et ce n'est pas une vulgaire question de vocabulaire,mais un contexte stratégique bien précis qui fit baptiser la première doctrine nord américaine de l'ère nucléaire, "doctrine des représailles massives" !

Un changement capital va se manifester au début des années soixante gràce,un fois encore, à l'impact de la révolution des "missiles balistiques". Le missile va autoriser des frappes drastiques à des distances de plus en plus longues.Surtout, l'évolution technologique qui aboutit à son emploi, va s'acomppagner,nous l'avons vu, d'une précision de plus en plus diabolique .
Les écarts maximum ne dépassent guère, aujourd'hui,la cinquantaine de mètres, pour une cible localisée à quelques 10 000 kilomètres ! Nous sommes bel et bien entrés, théoriquement il est vrai, dans un nouveau cycle,celui de la dectruction à longue distance..mais sélective.L'extrême précision des tirs peut permettre d'imaginer la destruction "cloisonnée"des forces de l'adversaire,les "cibles privilégéies" de l'ennemi (bases militaires,centres de commandement, arsenaux, ports et aéroports, grands complexes industriels.) d'autant plus aisément que les moyens de détection et de repérage préalables sont également hypersophistiqués, tout en préservant,du moins en principe,les biens et les civils .Après tout, la coalition,à Bagdad, a pu anéantir quelques musées conservant pieusement les trésors des civilisations mésopotamiennes tout en évitant soigneusement de commettre quelques dégâts sur les entrepots d'hydrocarbures voisins.

.On peut ainsi,dans semblable contexte, accréditer la thèse défendue naguère par le Général Gallois, "la réhabilitation de la logique dans la conduite de la guerre , ulitme solution au réglement des contentieux et des conflits".

Jacques Soppelsa

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