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  • : La géopolitique par Jacques Soppelsa
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Cv Jacques Soppelsa

Agrégé de géographie , Docteur d'Etat ,et Professeur de géopolitique à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne). Retrouvez le Cv résumé en cliquant sur le lien suivant : Jacques Soppelsa

Recherche

Publications

1971 : Les Etats Unis (PUF)
1972 : Géographie Universelle (2 tomes) Livre du mois
1973 : Le Moyen  Orient (3 tomes) Mang
1975 : L'économie des Etats Unis (Masson). Livre du mois
1976 : La Géorgie méridionale et le Vieux Sud des Etats Unis (thèse)
1979 : Les grandes puissances (Nathan)
1980 : Géographie des Armements (Masson) Livre du mois
1981 : Histoire du Far West (Larousse  BD) 32 facsicules en coll.
1982 : La Terre et les hommes (Belin)
1984 : Des tensions et des armes (Publications de la Sorbonne)
1986 : Lexique de  Géographie Economique (en coll  Dalloz)
1988 : Lexique de Géopolitique (Dir. Dalloz)
1992 : Géopolitique de 1945 à nos jours (Sirrey)
1994 : La Patagonie (en coll. Autrement)
1995 : Los Frances en Argentina (en coll .Zago)
1996 : La dictature du rendement (Ellipses)
1997 : Dix mythes pour l'Amérique (Colin)
1999 : la démocratie américaine (Ellipses)
2001 : Géopolitique de l'Asie Pacifique (id)
2003 : Le Dialogue régional en Amérique Latine (Ellipses)
2005 : Les Etats Unis .Une histoire revisitée (La  Martinière-.Le Seuil)
2006 : "Dix morts en sursis" -Roman de Géopolitique fiction- Editions du Club Zero
2008 : Géopolitique du monde contemporain (en coll.) (Nathan)

2009 : Les sept défis capitaux du Nouvel Ordre Mondiale

2010 : Dictionnaire iconoclaste de l'immigration

2011 : Géopolitique et Francophonie

2012 : Louis XVII, La piste argentine

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 16:24



"Le Québec entre deux chaises?"
La question de l'avenir du Québec semble plus que jamais susciter la controverse. Un apport au débat: la conclusion d'une étude de Mathieu Rubichon,réalisée en Juin 2006:

...D'une manière générale,depuis l'avènement de l'administration Bush,la vision des Etats Unis s'est franchement dégradée ,contrastant nettement avec les opinions observées sous l'administration Clinton. S'il serait exagéré de parler d'antiaméricanisme,une certaine radicalisation est apparue malgré tout,les Québécois ayant tendance à ne plus faire la distinction entre le gouvernement et le puple maéricains.La fibre française et européenne des Québécois francophones semble avoir profité de cette évolution.On a assisté à un certain retournement de tendance:
"De l'entrée en vigueur de l'accord de libre échange canado américain,au tournant des années quatre vingt dix,jusqu'au II Septembre 2001,intellectuels et littéraires se plurent à exploiter et à réhabiliter l'américanité du Québec.Mais depuis cette date fatidique et ses suites,la perspective semble avoir beaucoup changé.Même que le Québec affiche une certaine européanité...L'an 2001,avec le sommet des Amériques à Québec et le festival Québec-New York dans la Big Apple marqua l'apogée d'une conception du Québec qui visait à nous réconcilier avec une part essentielle de nous mêmes:notre américanité,autrement dit notre apprtenace à ce continet" (Robitaille) 
Les Québécois se sont en effet montrés "très européens" dans leur opposition à la guerre en Irak,lors de la campagne électorale de 2003,sur les questions socilaes et sur leurs préférences à un monde multipolaire.ils se sont églement distingués des Etats Unis sur le plan religieux,amis également sur le mariage homosexuel et sur l'emploi de la marijuana à usage thérapeutique..
Toutefois,malgrè ce rapprochement d'idéologie avce l'Europe et la France,jamais aussi peu d'étudiants québécois,par exemple,ne sont venus faire leur cursus universitaire en France..
Cette européanité du Québec s'inscrit elle dans la durée ou bien s'agit il d'une simple parenthèse?Cette situation n'est elle pas simplement due au discrédit inégalé de l'Adminsitrtaion Bush? Lors des prochaines élections américaines,si les Démocrates ou des Républicains plus modérés reviennet au pouvoir,en sera t il toujours ainsi?
..De l'avenir du Québec dépendra aussi le sort de la question constitutionnelle et de son statut au sein du Canada.Car tant que ce diférend avec Otawa ne sera pas réglé,la province ne pourra efectuer des perpsectives d'avenir à long terme.
Mais au vu de l'histoire du Québec,on peut se demander si,un jour,cette question pourra enfin être tranchée...

Mathieu RUBICHON    
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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 22:58
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L'homme d'Hiroshima

Paul Tibbetts, l'homme qui largua la bombe d'Hiroshima,est mort aujourd"hui à l'âge de 92 ans.

 

Le 16 Juillet 1945,les Américains faisaient exploser une arme atomique à Alamogordo,dans le désert du Nouveau Mexique. On la maintes fois écrit, non sans cynisme , "ils passèrent très vite du stade de l'expérimentation à celui de l'utilisation pratique , puisque trois semaines plus tard, via le servant Tibbetts,ils bombardaient Hiroshima (le 6 Aout),puis Nagasaki , (le 9) .Le monde venait d 'entrer dans l'ère nucléaire.Et Washington venait de démontrer dramatiquement, à la face du monde en général,et des puissances ennemies de l'Axe en particulier,qu'ils étaient désormais dotés d'une arme dont la puissance de destruction s'estimait en "mégamorts"!

"Les armes atomiques sont affreusement chères, par définition dangereuses, militairement inefficaces et moralement insoutenables".Cette déclaration (au demeurant contestable quant à la troisième assertion),formulée en 1997,sous le second mandat Clinton, n'émanait pas d'un dangereux gauchiste ou d'un pacifiste acharné mais tout simplement du Général Gordon Butler,ex Commandant en Chef du "Strategic Air Command" ! . Butler s'exprimait devant un parterre d'officiers généraux russes et américains, qui opinèrent tous du bonnet,dans une touchante unanimité..Il est vrai, ajoute l'observateur qui rappelle l'anecdote"qu'ils étaient tous à la retraite!". Une anecdote qui a au mois le mérite de toucher du doigt le coeur du problème en matière d'armes atomiques: ces dernières, clef de voûte du système bipolaire et de la logique des Blocs, garants de l'impossibilité d'un conflit direct entre ces derriers sous peine de générer l'Apocalypse, sont elles devenues obsolètes?

Avant même le déclenchement du Second Conflit Mondial, on le sait, un certain nombre de savants envisageaient avec sérieux la militarisation de l'atome.Songeons en particulier, côté Alliés, à Bohr, à Enrico Fermi ou à Chadwick. Alertés par Albert Einstein en personne,(ce dernier avait émis l'hypothèse que l'Allemagne nazie pourrait produire rapidement une bombe basée sur le principe de l'énergie de fission d'un atome lourd de plutonium ou d'uranium) , tout ce joli monde,travaillant notamment , à partir de 1943, sous la houlette de Robert Oppenheimer ,boss du projet "Manhattan",atteint son objectif deux ans plus tard.

Face à la menace potentielle allemande,en effet,le Gouvernement américain ne lésina pas sur les moyens,en investissant plus de deux milliards de dollars dans ledit projet,entre 1943 et 1945.Les plus grands physiciens et chimistes du du monde occidental y furent donc associés,ainsi que les plus grandes entreprises industrielles américaines du secteur, telles l'Union Carbide ou Du Pont de Nemours. Tout celà dans le plus grand secret, .Le haut commandement militaire américain combattant en Asie Pacifique lui même ignorait que l'on travaillait à l'élaboration d'une bombe atomique destinée à faire plier le Japon!

Soulignons d'emblée un "malentendu".Depuis quelques décennies, certains exégètes évoquent ,avec Hiroshima, la naissance du concept de dissuasion ! Il n'en est rien. Largué ce jour là par Tibbets, servant d'un banal bombardier, l'Elona Gay , "Little Boy et ses 14 Kt , au delà de leur spécificité et de la terreur qu'ils engendrent n'ont rien à voir avec la dissuasion ou,si l'on préfère, l'utilisation d'une arme "d'ultime recours"! Little Boy cause la mort de plus de 75 000 personnes et va largement contribuer à la capitulation nippone. La décision de la Maison Blanche et du Pentagone s'inscrit aussi dans un contexte géopolitique plus subtil,pour nepas écrire plus sournois...Washington, observant sans trop d'enthousiasme la remarquable progression de l'Armée Rouge à travers la Chine continentale et le Mandchouko, mais également du côté de Sakhaline, ,jouxtant les Kouriles,craint non sans raison que Moscou (son allié,en l'occurence! )ne gagne Tokyo avant elle et ne mette concrètement en place un environnement politique irréversible...En ce sens, on peut aussi écrire sans trop d'exagération qu' Hiroshima fut le première initiative majeurecombinant,du côté des Etats Unis, deux objectifs complémentaires: défaite de l'Axe ,bien sûr, et frein indirect aux ambitions d'un "partenaire" susceptible d'être fort encombrant au lendemain du conflit

L'explosion d'Hiroshima se comprend donc parfaitement, en s'inscrivant dans cette double logique. Mais pourquoi Nagasaki, alors même que l'Etat Major japonais s'était résigné à une capitulation sans conditions? Pour des raisons cyniquement techniques et finacières...La bombe d'Hiroshima "Little Boy" était une bombe à l'uranium ;celle de Nagasaki ,"Fat Man", une bombe au plutonium.Toutes deux étaient en fait l'aboutissement de recherches (avec de lourds investissements) conduites par deux lobbies scientifiques mais également industriels différents,voire concurents.Le modne d"couvrait ici, ,la première manifestation concrète et édifiante de la complexité ..du désormais légendaire complexe militaro industriel, bien avant que le Général Président ne le définisse..et ne le dénonce, lors de son dernier discours officiel,en 1959.

Jacques Soppelsa

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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 22:58
La Tunisie contemporaine.De quelques commentaires géopolitiques.

.De quelques défis majeurs:

La Tunisie a célébré l'an passé le cinquantenaire de son Indépendance.Le pays est

désormais entré de plein pied dans l'univers des nations modernes,bien qu'elle doive

encore affronter un certain nombre de défis

-Défis démographiques, bien sûr,ayant pour corrolaire direct la délicate gestion d'une

urbanisation intense ou,au plan sociétal,l'inévitable confrontation des générations.

Les deux éléments clefs de sa géopolitique interne demeurent, ici,

-la persistance d'écarts relativement importants entre les différentes franges de la

société,comme en témoignent les chiffres fournis par les statistiques officielles elles

mêmes

Mais,au delà de ces problèmes (caractéristiques de tout pays émergeant et tentant de

s'évader de son statut ancestral de nation "sous développée")la Tunisie contemporaine,

au delà de nombreux atouts naturels ,c'est surtout deux décennies caractérisées par 

un indéniable processus de démocratisation.

Le bilan du régime (en dépit de quelques zones d'ombre)apparait comme singulièrement

positif.Le régime néo Destourien s'est d'abord astreint, non sans succès,à préserver,

voire à développer, les atouts de la géographie et les acquis de l'Histoire nationales.Les

grands principes démocratiques , initiés dès 1920 avec la création du Destour puis,en

1934, du Neo Destour, ont été systématiquement réaffirmés.Car la " nouvelle Carthage"

combat sans relâche le sectarisme , les extremismes et l'islmaisme radical.Ce n'est pas

un hasard, en ce domaine ,si c'est à Tunis que,le 5 Janvier 1998,se réunissait le Conseil

des Ministres du monde arabe, pour signer le premier accord de coopération antiterroriste

et préparer la première convention arabe de lutte antiterroriste.Et c'est encore à Tunis

que,sous l'égide du Président Ben Ali,fut acceptée la définition "légale" du terrorisme,

à savoir "un fléau totalemnt contraire à l'Islam, qui est une religion qui respecte la dignité

et la stabilité de l'homme alors que le terrorisme est un phénomène interational menaçant

sa vie et sa sécurité "(fin de citation).

Le Gouvernement a réussi le décollage économique et social de la nation.Les indicateurs

officiels publiés par les services ad hoc des Nations Unies,pourtant peu suspects de

favoritisme,sont "tous au vert".

Au plan de la vie politique,le premier mandat de Ben Ali s'était traduit par l'adoptio du

"Pacte National",en Novembre 1988,supprimant notament la Présidence à vie de l'ère

bourguibienne,la suppression des tribunaux d'exception,l'instauration de la parité entre

les hommes et les femmes.Ceci s'est poursuivi au cours des dix dernières années et les

paramètres les plus variés utilisés quant à l'analyse des données socio économiques

et démographiques (secteur éducatif, lutte contre l'analphabétisme,espérance de vie,

mortalité infantile etc..) sont tout à fait convergents,pour souligner le

"take off" contemporain de la Tunisie.

Son PIB a dépassé les 36 milliards de dollars l'an passé (soit ,eu égard à sa population

totale,de l'ordre de 10,5 millions d'habitants, un PNB de 3600 dollars);sa croissance

moyenne décénale s'élève à plus de 7% par an...Seul véritable point noir (tout est relatif

à l'échelle du continent africain) le taux de chômage était de l'ordre de 14% en 2006

L'Indice de Developpement Humain (IDH) ,par exemple,la place au premier rang des nations

dites du Tiers Monde quant à son évolution décennale;le pays occupe désormais le

second rang en Afrique quant au nombre de femmes cadres supérieues;et l'on pourra

noter qu'aujourd'hui, le Parlement tunisien compte davantage de femmes que son

homologue..français!

La Tunisie,par son dynamisme récent,( pour ll'ensemble des domaines socio économiques,

de l'énergie au commerce,du secteur manufacturier au tourisme de masse) par son

pragmatisme,et par son souci de lutter contre les principaux fléaux qui, malheureusemnt,

alimentent la chronique quotidienne de nombreux pays du Maghreb-Machrek, peut

jouer u n rôle majeur dans le concert des nations arabes du Proche Orient, des nations

africaines et,last but not least,des nations du bassin méditerranéen.A preuve,sur ce

dernier plan, la place appréciée que tient Tunis dans les initiatives communes prises

pour envisager l'instauration progressive de l'Euro Méditerranée et de ses objectifs,

générés par Barcelone ,en 1992.

J.Soppelsa

 

J.S.

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 11:10
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Le "scientisme" et le credo dans le progrès scientifique: une utopie obsolète ?

Il est de bon ton aujourd'hui,de se gausser des "scientistes "et des "positivistes" en rappelant,souvent hors de propos,la prophétie d'André Malraux, "le XXIme siècle sera spirituel ou ne sera pas"!Et pourtant,une approche objective des acquis du dernièr demi siècle,même superficielle,ne peut guère laisser de doutes quant aux conséquences spectaculaires de l'évolution du secteur de la "Recherche et du Devloppement",le fameux "R § D", dans la plupart des domaines;

Plus que jamais,le secteur "Recherche et Développement" apparait comme la clef de voûte du progrès,en contribuant a priori à concrétiser lesthéories scientistes ,bien que singulièrement optimistes du positivisme , voire des philosophes de la Raison du siècle précédent.

Aux Etats Unis, par exemple, moins de 100 millions de dollars avaient été investis dans le secteur de la recherche fondamentale en, 1941, à l'aube de l'effort de guerre décrété par Franklin Roosevelt. Le cap des 50 milliards de dollars était franchi en 1997 ! Sur les 100 plus grandes firmes transnationales, 94 consacraient plus de 10% de leur chiffre d'affaires au secteur du "R § D" en l'an 2000. Avec les conséquences démographiques que l'on connait au plan des grandes migrations contemporaines affectant la population active. Notamment l'apparition et l'explosion quantitative du "Drainage des Cerveaux". Entre 1960 et 1990, par exemple, quelques 120 000 "têtes d'oeufs" ,comme on les appelle plaisamment aux States, ont été "importées" par la société nord américaine (ce qui s'est aussi traduit, pour la première superpuissance, par une économie de formation de l'ordre de 7 milliards de dollars! Plus de 2 prix Nobel "américains" sur 5 sont nés à l'étranger..Un "Brain Drain" qui s'effectue désormais,en priorité ,au détriment des pays du Tiers Monde.Et,au delà de l'anecdote, rappelons avec Titmum "qu'en 1975, un membre de la délégation de la Banque mondiale, à New Dehli,avait pu noter que,sortant de la grande école de médecine de Gujaret, au nord de Bombay, 85 nouveaux diplômés venaient solliciter de concert leur visa d'immigration pour les Etats Unis.

Dans ce contexte de l'apogée des sciences et des techniques, trois domaines semblaient particulièrement privilégiés: le secteur électronique et informatique; la médecine, le nucléaire;on a déjà,ici même,évoqué longuement le dernier d'entre eux,facteur incontournable de l'analyse géopolitique et géostratégique du monde contemporain.

Mais les deux premiers sont aussi fort révélateurs

L'électronique? Revenons sur quelques dates:

Le premier ordinateur (mis au point par le Pentagone,ce qui est hautement révélateur), "Mark I - SOP-Univac",mis au point à partir de 1941 et est opérationnel le 10 Juin 1943; en 1946, c'est la réalisation de l'ENIAC '("Electronic Numerical Integrator Computer"); en 1947, la mise au point du premier transistor au germanium, par le trio Bardiew,Bertain et Schockley, chercheurs d'ATT; les bandes magnétiques sont utilisées pour la première fois en 1949; la mémoire à torite de férite apparait en 1951; les premiers circuits intégrés fonctionnent en 1955; les langages informatiques Fortran, Cobol, Algol,sont opérationnels entre 1956 et 1959; le premier mini ordinateur voit le jour en 1965 (cent transistors par circuit); le micro processeur est créé en 1969, l'année de l'expédition vers la Lune.Les écrans miniaturisés et les micro disquettes apparaissent en 1980.Et, au delà du sensationnalisme,soulignons deux exemples concrets particulièrement édifiants:
En 1989, à la veille de la disparition du système bipolaire, l'horloge atomique d'Offut, en Nebraska, dans la célèbre "Chambre de Guerre" du Pentagone, branchée sur le non moins célèbre "téléphone rouge",effectuait 9 191 671 770 oscillations à la seconde, avec une précision de l'ordre du dix milliardème de seconde..Nothing is perfect! Et la puce de Roland Moreno,au milieu des années quatre vingt dix, de la taille d'un ongle, exécutait vaillamment jusqu'à 12 milliards d'opérations à la seconde!

Cette révolution informatique a correspondu, de facto,simultanément ,à une miniaturisation de plus en plus spectaculaire des matériels, et à des possibilités croissantes de pénétration dans la quasi totalité des secteurs d'activités, des machines à traitement de textes juqu'aux robots domestiques (les "ouvriers à col d'acier"), de l'enseignement assisté à l'intelligence artificielle, des écrans tactiles à la bio industrie, des équipements stéréophoniques aux jeux vidéos. "Ouvriers à col d'acier"...Si le XIXeme siècle a vu,en effet,au plan de la population active, le relais des paysans par les "cols bleus "de l'industrie, si la première moitié du XXeme siècle s'est, en la matière, caractérisée par l'épanouissement des "cols blancs" du secteur tertiaire (thème de la technostruture) au détriment des actifs du domaine industriel, cesiècle s'est achevé avec le triomphe de la robotique. Avec de lourdes conséquences:

"John ,de Manhattan,ou Greg,de San Franciso,ou Brett, de Houston, voire William,à Junction Road ,Missouri, est tiré de son sommeil au petit matin par un réveil à quartz à la fiabilité et à la précision rigoureuses.Le thermostat autorégulé du bain fait merveille,comme le rasoir à transistor ou le four à micro ondes du petit déjeuner. Le walkman ou le compact disc laser, dans le véhicule climatisé qui le conduit jusqu'à son bureau, tout aussi climatisé, lui fait oublier les tracas de la vie professionnelle ou l'agacement sécrété par des embouteillages souvent démentiels,en dépit du travail de titans des ordinateurs régulant la circulation..Même si Brahms ou Fats Domino sont régulièrement interrompus par la sonnerie duradio téléphone ,le "bip" de l'appel à distance,ou la mélodie du portable.Au bureau,l'agenda électronique ,le répondeur automatique, le téléfax ou le micro ordinateur sans clavier,réagissant au seul son de la voix, pallient l'absenteisme Le soir, finie la corvée des sinistres sorties nocturnes;le video disque peut engranger sans peine le contenu de 5 000 romans policiers ou une encyclopédie de cent volumes ! De quoi étancher la soif de culture des plus frénétiques" ( in "Les rendez vous de Babylone" Alexandre Davérède)

Autre domaine particulièrement bouleversé par les découvertes et les innovations: le secteur médical et biologique.

Les dernières décennies sont particulièrement riches en la matière.La pénicilline est mise au point en 1942, les neuroleptiques et les tranquilisants en 1950. La structure doublement hélicoïdale de l'ADN est mise à jour en 1953; la première synthèse d'un acide nucléique est réalisée en 1954; la première transplantation rénale en 1959; la première transplantation cardiaque (au sein , pied de nez de l'Histoire, d'une Afrique du Sud baignant,à l'époque, dans le sinistre régime politique de l'apartheid) en 1967. La première photographie d'un gène est effectuée avec succès .le jour même où Armstrong et Aldrin marchent sur la Lune! Découvertes et inventions se sont alors multipliées, pour se traduire parfois par la révélation très saisissante de l'interpénétration des sciences et des techniques.En chirurgie, par exemple, les vingt dernières années ont vu se multiplier les techniques de laparoscopie, de scientigraphie, de scanographie (premier scaner en fonction en 1976) ou d 'échographie (1980) .Et cmoment ne pas citer les perspectives introduites par l'inventaire systématique et complet du génome humain ou la première opération de télémédecine, réussie en Septembre 1996, entre l'Italie et la Bosnie Herzégovine ? Le génie génétique, aux applications contemporaines particulièrement diversifi ées,représente peut êtrel'archétype ,en la matière, du domaine le plus spectaculaire et le plus controversé. Les optimistes considèrent en effet que, par son canal, seront rapidement résolus les plus graves problèmes du monde actuel , aux conséquences géopolitiques cruciales,comme la faim dans le monde, avec la création de nouvelles espèces animales et végétales et la production de nouvelles protéines pour l'alimentation animale); l'approvisionnement en ressources énergétiques (carburol, digestion des hydrocarbures par les micro organismes;rentabilité retrouvée ou créée de maints gisements de matières premières abandonnés ou jusque là inexploités..) ; lutte contre la pollution;disparitionde certaines maladies endémiques, avec le production d'hormones...etc Les pessimistes dénoncent certes,non sans raison,les risques majeurs d'éventuelles dérives dans le secteur de la biologie contemporaine: l'apparition de nouvelles toxines, le développement de souches de virus de plus en plusrésistantes;les déséquilibres écologiques engendrés par la croissance de nouvelles espèces; voire,de manière beaucoup plus inquiétante, les dérives potentielles alimentées,à partir de 1980, par la réussite des premières expériences au plan des manipulations génétiques.Le premier embryon de veau est conçu in vitro en 1988; la première transplantation embryonnaire bovine, en 1992. Et,en 2002,les Américains ont cloné une quinzaine de veaux à partir d'un seul embryon ! Alors, quid des manipulations humaines ?

Dans ces premières années du nouveau siècle, les perpectives les plus pondérées inclinent à considérer comme probables, sinon raisonnables, les "projections" suivantes:

Quant à la conservation par congélation ,élément incontournable des ouvrages de science fiction, en dépit de la multiplication de semblables pratiques en Amérique du Nord (où des sociétés privées,.y compris de scupules, n'hésitent pas à proposer pour une quinzaine de milliers de dollars, versés comptant, de congeler le cadavre de vos proches defunts),rien n'autorise à envisager, pour le proche avenir..une quelconque résurrection. En revanche,la stricte technique du clonage (qui consiste àcréer un organisme entier à partir du noyau d'une cellule prélevée sur un animal adulte) est acquise et plutôt bien maîtrisée.

Quant aux travaux actuellement accomplis sur les mécanismes du vieillissement (génétique moléculaire, décryptage des patrimoines héréditaires des êtres vivants.) la détermination de plus en plus fine de la composition des télomères (les extrémités des chromosmes), amorcée au début des années quatre vingt, est susceptible de permettre une prolongation très appréciable de la durée de l'espérance de vie humaine. Au moins..en pays développés, avec tout le cortège de conséquences sociétales qu'elle peut engendrer.

Maints instituts réputés sérieux avancent des hypothèses séduisantes ,fondées notamment sur les premières leçons tirées de l'expérience des "souris mathusalem". L'Institut Européen d'Oncologie de Milan,en modifiant un seul gène du patrimoine héréditaire de la souris, a obtenu une nouvelle espèce de rongeurs dotés d'une espérance de vie supérieure de 30% à la normale). L'espérance de vie de l'être humain, à la naissance, vers 2020, pourrait grimper autour de la barre des cent ans,et les nouvelles générations pourraient atteindre allègrement,à partir de cette date, le cap des 125 printemps.Là aussi, avec des conséquences économiques et sociétales majeures.

Comme le soulignait Michel Allard, en 2004, en commentant le dernier recensement de l'Hexagone, on compterait en France, aujourdh'ui, plus de 10 000 centenaires;alors qu'il n'y en avait que 200 en 1950, et 3000 en 1990 ! Selon toute vraisemblance, ils seront plus de 150 000 en 2050 !Le concept de troisième âge est d'ores et déjà solidement ancré dans les sociétés de l'hémisphère Nord, et celui de "quatrième âge" commence à prendre, en ces mêmes espaces géographiques,force et vigueur.

Quant à l'homme, vers 2015, il pourrait vivre au rythme de la fabrication d'hémoglobine extraite de globules rouges d'animaux ou de sang artificiel extrait du perfluocarbone; à celui de la consommation de produits pharmacogénomiques ou à la base de thérapies génétiques généralisées, à l'ère des membres robotisés et des xénogreffes, pour pallier la pénurie inquiétante des organes "naturels".. Après tout, dès 1999, dans son laboratoire de Reading, le Britannique Kevin Warwick n'a t il pas inauguré..la greffe sur l'être humain de puces électroniques ? On imagine ,ici aussi,l'ampleur des dérives potentielles!.

A fortiori, Janus plus édifiant encore,le domaine nucléaire..Mais ceci est une toute autre histoire...

Jacques Soppelsa

 

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 11:10
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DU TERRORISME ISLAMISTE.

 

La Géopolitique se définit, on l’a vu, comme « l’analyse des inter relations entre le processus politique et l’espace, le milieu géographique ».Mais cette définition du Père de la discipline, Friedrich Ratzel, peut sans doute être complétée, eu égard à l’évolution du monde contemporain, et correspondre à la formule suivante « analyse des rivalités entre différents types de pouvoirs sur de plus ou moins vastes territoires, ces rivalités concernant, certes, les Etats Nations, mais également, désormais ,des entités non gouvernementales ».A ce titre, les réseaux susceptibles de pratiquer le terrorisme à grande échelle sont, au delà de leur spécificité, des « organisations transnationales ».

Depuis l’implosion de l’Union Soviétique, nous l’avons vu à plusieurs reprises , le monde est devenu « une aire d’incertitudes à l’ère de l’incertitude ».Ce monde , contrairement à la période 1945-1990 (des Accords de Yalta, fondements du système bipolaire et de la Logique des Blocs à la chute du mur de Berlin), une période où la menace majeure et l’adversaire principal étaient clairement affichés ( Moscou pour Washington ou Washington pour Moscou !) est particulièrement fragilisé par la multiplication des dangers et la confusion des défis. Au premier rang de ces menaces figure aujourd’hui, dramatiquement mis en lumière par des attentats d’une ampleur inouïe, figure le Terrorisme.
Encore convient il de s’accorder sur la définition même de ce concept.

 De quelques définitions :

En cette aube du IIIeme millénaire, et après un bon quart de siècle d’internationalisation des activités terroristes, ce problème de définition, qui est loin d’être marginal, n’est certes pas réglé !.Songeons que, selon les Experts des Nations Unies, on pourrait dénombrer aujourd’hui quelques 213 définitions du terrorisme ( !), dont 74 sont, ici ou là, officiellement utilisées.

-Pour l’Union Européenne, par exemple, le terrorisme « est un acte qui a pour but d’intimider gravement les populations ou de contraindre indûment les pouvoirs publics ou les organisations internationales à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque, ou de déstabiliser gravement les structures politiques, économiques et sociales d’un pays ou d’une organisation supra étatique »

-Pour l’OTAN, bras armé de l’Alliance Atlantique, le terrorisme se définit « comme l’emploi illégal ou la menace de l’emploi illégal de la force ou de la violence contre des personnes ou des biens , afin de contraindre ou d’intimider les gouvernements ou les sociétés, dans le but d’atteindre des objectifs politiques, idéologiques ou religieux »

-Pour la Conférence Islamique, le terrorisme est un acte de violence quels qu’en soient les objectifs, pour exécuter individuellement ou collectivement un plan criminel, dans le but de terroriser les populations, de mettre en danger leurs vies, leur honneur, leur liberté, leur sécurité ou leurs droits, de mettre en péril l’environnement ,les services et les biens publics ou privés, de mettre en danger les ressources nationales ou internationales, ou de menacer la stabilité, l’intégrité territoriale, l’unité politique ou la souveraineté des Etats indépendants ».

Notons d’ores et déjà, mais on l’oublie trop souvent (sciemment ou involontairement ) que la Conférence Islamique, émanation d’Etats musulmans

particulièrement soucieux d’éradiquer le fléau du terrorisme, a adopté de facto une définition beaucoup plus vaste de ce concept que la plupart des organisations internationales d’essence occidentale, en incluant par exemple les services ou la protection de l’environnement…

Rappelons aussi, mais ce n’est pas un hasard, (nous y reviendrons), qu’elle fut aussi l’une des toutes premières, à l’échelle mondiale, à s’attaquer au terrorisme islamiste. En 1998, lors du huitième Sommet de la Conférence, ses membres se sont solennellement engagés « à mettre toutes leurs forces au service du combat contre le terrorisme ».Et c’est ladite Conférence ,et non George W.Bush, qui a usé la première du slogan (par ailleurs controversé) de « guerre au terrorisme »…

-Quant à l’Organisation des Nations Unies elle même, elle définit officiellement le terrorisme, depuis Mars 2005,comme « tout acte qui vise à tuer ou à blesser grièvement des civil ou des non combattants et qui, du fait de sa nature ou du contexte dans lequel il est commis, doit avoir pour effet d’intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à agir ou à renoncer à agir d’une façon quelconque ».
Ces définitions, au delà de certaines nuances, ne sont pas dépourvues de mérites. Mais elles n’abordent pas la distinction, au demeurant classique, entre le terrorisme international contemporain (majoritairement lié au fondamentalisme islamiste radical) et ses formes les plus anciennes. Quelles sont elles ?

-le terrorisme « régionaliste » , parfois aussi qualifié de « terrorisme autonomiste »,qui correspond ,selon Claude Fourré, « au refus d’une population ou d’un groupe qui se sont ou ont été marginalisés et qui s’estiment exploités au sein d’un pays unifié ».Un terrorisme qui s’est manifesté, par exemple, naguère, au Québec et qui resurgit plus ou moins périodiquement au Pays Basque (avec l’ETA), en Irlande du Nord ,voire en Corse, pour ne prendre que quelques exemples en Europe Occidentale ;

-le « terrorisme nihiliste »,expression de l’anarchisme. Il se fixe des objectifs à long, voire à très long terme. Ce type de terrorisme a ensanglanté la France dans les premières décennies de la IIIeme République de Ravachol à la Bande à Bonnot.Il est réapparu plus récemment en Allemagne (la Bande à Baader),en France (Action Directe) ou en Italie, avec les Brigades Rouges...

-Quant au terrorisme « anti colonial »,séquelle fréquente des mouvements de libération nationale, il vise à ériger un contrepouvoir du côté duquel la population locale pourrait basculer,… pour y trouver la sécurité (sic) Au delà de cette définition un tantinet schématique, ce troisième type de terrorisme prit rapidement, au sein de maints pays du Tiers Monde ,le visage plus traditionnel ,à travers l’histoire, des « guerres de libération ».

Ces formes de terrorisme n’ont certes pas totalement disparu du paysage planétaire. Mais elles ont été ,désormais, nettement reléguées au second plan ! Relégation directement liée à l’essor soutenu, d’une ampleur inouïe quant à ses formes d’expression, ses cibles ou sa médiatisation, du « terrorisme international » en général ,et du terrorisme islamiste » en particulier.

X..Bicharra, (auteur d’un ouvrage consacré à « Terrorisme islamiste localisé ;terrorisme islamiste globalisé » ) qualifiait ledit concept de « lien entre l’acte politique et l’acte de terreur (entre la motivation et le moyen), celui de la violence légitime exercée par les Etats et la violence illégitime des individus, des groupes ou d’organisations supra nationales non étatiques ».

De fait, contrairement au terrorisme d’Etat » (qui regroupe les actions mises en œuvre, manipulées ou laissées s’accomplir), a fortiori au terrorisme de guerilla, qui s’inscrit par essence dans un processus au mois implicite de « guerre de libération, ou au terrorisme de droit commun, souvent lié aux activités émargeant à la criminalité organisée, et bien que les moyens utilisés soient souvent les mêmes, le terrorisme international contemporain, à grande échelle, concerne explicitement le domaine religieux,. Le terrorisme des islamistes radicaux correspond ouvertement à un objectif : la mise sur pied d’une véritable « croisade contre l’infidèle ».

 

J.Soppelsa

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 10:58

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L'Union Indienne et les contentieux frontaliers.

L'Union Indienne est concernée par Sept frontières internationales terrestres, sans compter la proximité maritime des Maldives et du Sri Lanka,voire de l'Indonésie: Sept frontières,donc, avec la Chine du Sud Ouest (Sin kiang),le Nepal,le Bouthan,le Tibet, (occupé par la Chine depuis 1950),la Birmanie,le Bangladesh et,naturellement, le Pakistan. Les tensions avec Ceylan (l'actuel Sri Lanka),alimentées par l'aide fournie New Dehli à l'opposition tamoul ont été qualifiées ,à l'ONU, de "cycle sans fin": la guerilla de 1983,générée par les "Tigres de Libération de l'Ealam Tamoul" contrôlait à cette date le secteur septentrional de l'ile cinghalaise et Colombo ne pouvait que constater que lesdits guerilleros disposaient d'une solide base arrière et d 'appuis logistiques dans l'Etat indien du Tamil Nadou,de l'autre côté du détroit de Palk. L'Etat indien finira par signer un accord de paix avce le Sri Lanka fin1987,enverra une force d'interposition entre 1988 et 1990, sans trop de succès;le cycle "combats-cessez le feu" ne fait alors que perdurer,en dépit de l'intervention d'un médiateur occidental,la Norvège.

L'Union Indienne a reconnu sans problème ,en leur temps,les indépendances successives du Népal,en 1954 et du Bouthan( 1971) tout en annexant sans difficulté le Sikkim. En revanche, une bonne centaine d'enclaves s'égrènent le long de la frontière avec le Bangladesh.Et bien que New Dehli ait soutenu ce dernier lors de la sécession de 1971, quatre problèmes restent non résolus: l'importance des activités criminelles liées à la forte implantation des structures mafieuses dans les enclaves bengalis;des revendications contradictoires quant au bassin aval du Gange; la présence,dans le secteur,de troupes armées venues du Nord Est indien et contribuant à la vitalité du séparatisme dans cette région;la massification de l'immigration clandestine...

Mais les contentieux les plus vifs concernent la Chine et le Pakistan. 
Quant à la Chine,les litiges frontaliers perdurent depuis un demi siècle.En 1954, les deux puissances avaient signé un véritable accord de coexistence pacifique,,le "Panch Sila" et New Dehli n'avait pas protesté lors de l'occupation du Tibet par la Chine.En dépit dudit acord,trois milieux géographiques faisaient problème: le secteur oriental, à l'Est du Bouthan;le secteur central (frangeant le Népal) et le secteur occidental ,le Karakoram.Seul ,aujourd'hui,le contentieux relatif à ce dernier est réglé A l'Est,la Chine occupe trois territoires revendiqués par l'Inde,dont le Ladak,de haut intérêt stratégique. La Chine,surtout, a remis unilatéralement en cause l'accord dit de "la ligne MacMahon"., une ligne délimitée arbitrairement..par le Traité de 1917 signé à l'époque par la puissance coloniale, la Grande Bretagne et le Tibet, alors indépendant.Cette frontière, remplaçant celle du piémont,fixée à une quarantaine de kilomètres plus au Nord, sur la ligne de crête himalayenne,se traduisait ,pour Pékin,par la perte de quelques cinquante mille Km2. Dès sa création,la République Populaire de Chine va immédiatement la contester. Pékin rejette l'argumention de Nehru (argumentation tirée de l'époque coloniale et de la présence britannique) et déclare la guerre à l'Union Indienne en Octobre 1962,.Après quelques semaines de combats,qui voient les troupes indiennes très largement défaites ,la Chine décide unilatéralement ,suprême humiliation,de les interrompre! Les pourparlers ne reprendront qu'en 1981 et l'on ne pourra évoquer "des avancées significatives" qu'à partir de 2003,et la visite historique du Premier Ministre Indien,Vajpayee, à Pékin.La Chine reconnait alors l'annexion indienne du Sikkim, jadis povince tibétaine, et New Dehli la souverainté chinoise sur Lhassa...

Mais le contexte le plus délicat concerne,bien entendu,le Pakistan et, plus concrètement, l'imbroglio du Cachemire,

"Le Cachemire représente aujourd'hui l'endroit le plus dangereux du monde " déclarait le Président Clinton en avril 2000,à la veille de son voyage officiel dans le continent indien. L'ampleur du problème constitue effectivement l'une des incertitudes contemporaines majeures de la région en particulier et du proche avenir de l' Union Indienne en général.

Jacques Soppelsa

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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 09:45

La France et l'Europe spatiale

par Laurent BERNARDINI

PLus de trente ans se sont écoulés depuis la création du CNES.Le bilan semble plutôt positif pour la petite agence spatiale.Première conclusion: la place de la France au sein de l'Europe spatiale? on peut affirmer aujourd'hui que la politique spatiale française et la politique spatiale européenne forment un tout. Les programmes menés par le CNES et l'ESA sont cohérents et complémentaires.Toutes le sactivités qui,jusqu'à présent,ont été dirigées par l'Europe spatiale,répondent à la même logique que celle du CNES: l'indépendance de l'acès à l'espace.Météosat, Hélios,Corot,SPOT et bientôt Galileo,n'ont fait que confirmer un savoir faire français exploité à l'échelle européenne.Ces programmes ont permis l'émancipation de l'Europespatiale.
D'autre part,le leadership qu'exerce la France au sein de ce système est bénéfique et entrainant pour les pays memebres de l'ESA.La France,épaulée par ses partenaires  de toujours (la Belgique et l'Allemagne)a su mettre en marche une politique spatiale au service des Etats et de  leurs citoyens.Mais l'on ne peut établir un bilan de la politique française et européenne sans prendre en considération le rôle et la place des..Etats Unis,puissance spatiale de référence pour les Européens.Grand frère un peu sceptique  au débu,puis rival économique par la suite,l'Amérique a toujours perçu le potentiel de l'Europe.Malgré des début chaotiques,cette dernière a su s'imposer dans des domaines importants de la recherche spatiale.Le lanceur Ariane,fleuron incontesté de l'Union, suscite chez les Américains àla fois de l'agacement et une certaine admiration (multiplication des commandes US chez Arianespace) Mais devant l'essor d'une concurence spatiale orientale (Chine,Inde,Japon) et les nouvelles orientations de la NAS et de l'ESA pour la fin du XXIeme siècle,une coopération transatlantique parait inévitable...
L'ané e 2007 a ,d'ores er déjà,été riche d'enseignements Les Américains ont joué un rôle déterminant dans l'évolution du projet  européen Galileo...Mais,au delà des obstacles inévitablement rencontrés...la volonté des Etats concernés de s'investir dan des systèmes spataux extrémement perfectionnés est patente,meêm si ces derniers se caractérisent aussi par leur vulnérabilité.Par exemple,les Américains confient à l'espace un certain nombre de secteurs vraiment sensibles,comme la Défense ou le Renseignement.Sachant que la destruction  totale des satellites d'un pays pourait entrainer une paralysie globale de ses activités, un Etat malveillant serait tenté de mener une action contre les systèmes satellitaires de son ennemi.Véritble talon d'Achille des sociétés modernes,conférant à la fois puissance mais aussi vulnérabilité extrême,les systèmes satellitaires ne pourraient ils  remplacer un jour...la dissuasion nucléaire?   

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 14:55
Defis démographiques

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Choc du surpeuplement.

Au delà du "choc du nombre",le binôme"population nombreuse-pauvreté "est loin d'être évident.ll semble nécessaire aussi d'introduire d'autres notions, au premier rang desquelles figurent la densité de population et son corrollaire, le surpeuplement. La totalité de la population mondiale pourrait être entassée sur le territoire de Belfort ,soit quelques 600 km2 , et l'espace vital des terriens ,dans ce cas de figure, ne serait guère plus étroit que celui dont disposent les Parisiens ,dans le métro,à 6 heures du soir, certains jours de grève! Soyons sérieux. La densité de population correspond au nombre d 'habitants par km2. Existe t il une densité idéale? Il n'existe pas ,et pour cause, un seuil universel à partir duquel on pourrait dire que tel territoire est trop ou pas assez peuplé.Songeons que la densité de la France est à peu près équivalente à celle de la Chine Populaire,mais ce rapprochement masque le vrai problème, l'inégaité de la répartition des habitants. Rappelons aussi qu'à l'échelle de la planète, l'inertie des grandes masses de population est quasiment une constante.Elles n'évoluent qu'à des rythmes extrêmement lents;une région densément peuplée,sauf catastrophe confinant à l'Apocalypse, tend à la rester; les aires d'origine des grandes civilisations agraires (Chine, péninsule indienne) sont toujours très denses. Et les "nouveaux mondes "le sont peu. En réalité, la notion de "surpeuplemnt" ne s'apprécie pas de manière quantitative mais qualitative,en liaison étroite avec les facteurs socio économiques.

Il y a surpeuplement d'un espace rural traditionnel quand les agriculteurs manquent de terres, quand les ressources produites sont insuffisantes; il y a surpeuplement dans une ville quand les logements y sont surchargés, les infrastructures inexistantes et le chômage élevé...Ici réside sans doute la ligne de partage majeure entre les pays riches et les pays pauvres. 
Un indicateur plus fin que le traditionnel "Produit National Brut" pour analyser les critères du développement a été élaborré par le Programme des Nations Unies au début des années quatre vingt dix: l' 'indice de Développement Humain", l'I D H.
De quoi s'agit il? Comme la devise de l'O N U, à bien des égards,semble devoir être,"pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? ", ici aussi,l'établissement de cette norme semble relativement peu clair. Relisons sa définition officielle: "Cet indicateur composite est construit à partir de trois indicateurs pondérés de façon inégale:la longévité, mesurée par l'espérance de vie à la naissance, reflet de l'état de santé et de nutrition de la population; le savoir, mesuré par le niveau d'instruction , indicateur qui combine deux critères,le taux d'alphabétisation des adultes et la moyenne des années d'études , et le niveau de vie mesuré par le PNB/habitant? Jusque là ,pas de difficulté et l'on ne peut qu'apprécier le souci des hauts fonctionnaires de l'Organisation en question d'approcher de manière l'état de développement des nations..Les choses se gâtent par la suite:Le PNB/hbt est en effet "ajusté".: Le PNB/habitant subit un traitement particulier préalable: on suppose que le revenu a une utilité décroissante par rapport au développement humain; on définit alors un revenu par tête correspondant à la moyenne mondiale et on applique un taux d'abattement progressif pour le montant du revenu dépassant cette moyenne. Ce traitement est destiné à minorer le poids de l'indicateur du niveau de vie sur l' ID H,et à majorer corrélativement celui des indicateurs sociaux retenus" (sic).
Les résultats obtenus au cours des quinze dernières années sont toutefois édifiants:la quasi totaité des pays du Nord,sur une échelle indiciaire établie arbitrairement de 0 à 10, révélent des données chiffrées supérieures à 0,8 .Le Canada (0.96) la Norvège ,les Etats Unis, l'Islande ,la Finlande ,la France ou les Pays Bas caracolent en tête.L'ensemble des pays développés présentait, en 2005, une moyenne de 0.89 contre 0.58 pour les "pays en voie de développement" et 0.34, pour les "pays les moins avancés",la moyenne mondiale s'élevant à 0.77.Les états d'Afrique subsaharienne ferment la marche ,occupant à la même date ...19 des 20 derniers rangs de ce classement dramatiquement révélateur ( Haiti constituant l'exception qui confirme la règle).

Choc des disettes et des famines

La question de la sécurité alimentaire demeure un problème crucial. Il est certes difficile de fixer avec précision les besoins nutritionels des populations .Les normes proposées aujoud'hui par la F A O ("Food and Agricultural Organization") sont de 2 700 kilocalories et de 45 grammes de protéines par jour. Mais cette précision arithmétique est plus qu' arbitraire.On doit pouvoir considérer la sécurité alimentaire comme "un état dans lequel la population assure durablement ses besoins nutritionels. Cette capacité pouvant tenir à la production nationale proprement dite,et à d'éventuelles importations..sous réserve que le pays acheteur soit solvable.Nul ne met en doute par exemple la réalité de la sécurité alimentaire du Japon alors que ce dernier ne produit qu'une petite partie de ses besoins nutritionels. Ce qui est loin d'être le cas dans le Sud. Dans son Rapport de 2 004 , la F A O estimait qu la part de la population souffrant de la faim était passée de 33% en 1970 à moins de 20% en 2 003..Mais ceci n'est qu'une moyenne. L'Asie Pacifique a connu en la matière de sensibles progrès. L'Afrique,au contraire,a plus que stagné. Le Tiers monde est le monde de la sous nutrition.mais il demeure aussi celui de la malnutrition. Le déséquilibre qualititatif des régimes alimentaire est criant.Les experts en diététique considèrent que le "régime alimentaire type" doit comporter 15 à 20% de lipides,60 à 70% de glucides et 15 à 40% de protides.Les nations sous développées sont loin du compte: très peu de corps gras et d'aliments riches en proteines.Le régime alimentaire du Sud est caractérisé par une prédominance écrasante d'aliments riches en glucides..pauvres, de type féculents. Les civilisations latino américaines, africaines, asiatiques, ce sont les civilisations de la galette de maïs,de la poignée de manioc ou du bol de riz quotidien, dans les meilleurs cas.

(à suivre)

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 14:55
.Défis démographiques (III)

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Le fléau de l'analphabétisme

Les moyens d'échapper (au moins partiellement) à cette dramatique situation de dépendance sécrété par l'impossibilité pour nombre de pays de survenir eux mêmes à leurs besoins les plus élémentaires résidnt peut être dans ..l'éducation. La F A O, comme la plupart des organisations internationales, considère efcetivement qu son éradication passe par la formation de cadres et de travailleurs qualifiés "'restant au pays" .mais les résultats constatés au cours du dernier tiers de siècle sont inégaux et souvent décevants.Le "Drainage des cerveaux" n' a été que fort partiellement ralenti.Certes, dans le domaine de l'alphabétisation, d'après les normes de références adoptés,non sans difficultés, par l' Organisation des Nations Unie, l'alphabétisation de la population mondiale serait passée de 48% en 1970 à 73% en 2005 .Mais ces données ,à première vue fort encourageantes ,masquent des réalités concrètes inquiétantes. Certains pays asiatiques ont réussi à enclencher le cercle vertueux par lequel l'élévation des connaissances augmente la productivité, qui accroit les richesses et donne à la collectivité les moyens de mieux former les cadres.Mais dans les faits, dans la zone intertropicale, le ralentissement économique conjugué à la poussée démographique a souvent mis l'école en porte à faux, impuissante à elle seule à assurer des débouchés sur place.Certains pays du continent africain se sont même illustrés par une baisse du taux d'alphabétisation, comme en Mozambique, au Lesotho ou en Tanzanie.. Cette baisse apparait aussi,ponctuellement,dans certains états musulmans,.mais elle concerne alors ,majoritairement, (si les données publiées sont fiables) ,la population féminime .Dans la pénisule arabique,maints responsables ,évoquant les efforts d'alphabétisation,n'hésitent pas aujourd'hui à rappeler que la fréquentation des écoles par les filles est largement suffisante si leur brève scolarisation leur permet de lire le Coran...Le cas de l'Algérie contemporaine est, dans ce domaine, exemplaire: les statistiques les plus objectives donnent pour ce pays des chiffres assez accablants quant à l'analphabétisme :en 2005,il s'élèverait à 21% pour les hommes et à plus de 45% pour les femmes . Témoignage d'un observateur français en 2002: "A peine 50% des jeunes de 12 à 17 ans abordent le collège,et encore dans quelles conditions ! Je me souviens avec nostalgie de l'accueil chaleureux qui m'avait été réservé par les autorités à l'occasion dun voyage d'étude à la fin des années 70. A l' époque, de nombreuses recherches pédagogiques avaient été entreprises par les Algériens qui se rendaient dans la plupart des pays du monde, en quête d'informations..J'avais été stupéfait lorque un chauffeur de taxi m'avait demandé ce que je pensais de ..la réforme Haby ! Et puis, il y a eu la campagne d'arabisation, le manque de maîtres pratiquant correctement la langue, les "barbus" hativement formés "(sic)

Au total, près d'un milliard d'adultes seraient analphabètes, dont deux tiers de femmes...Une situation qui fragilise les plus faibles, l'infériorité persistante de la condition féminime..et l'exploitation des enfants. Sur ce plan particulièrement douloureux, le Bureau International du Travail a estimé que la planète comptait,au tournant du millénaire,plus de 270 millions de "travailleurs",agés de 14 ans à . 5 ans ! ( Un enfant sur cinq en Amérique latine, un enfant sur trois en Afrique).

Si vous y ajouter les carences flagrantes relevées dans le domaine de la Santé (cf.l'article de Patricia Mamet dans ce même blog) force est de constare que ,au delà de la cruauté des données statistiques, l'interrogation,naguère,d'un Alfred Sauvy ("vous avez parlé de malédiction du Sud ?") est loin d'avoir perdu de son actualité.

Jacques Soppelsa

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 13:49
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Des défis démographiques et de leurs conséquences

En ce domaine, levons tout d'abord une ambiguïté.L'expression "défi démographique" se promène dans bien des manuels universitaires ou scolaires et semble être l'un des clichés favoris de bien des medias. Les défis démographiques (qui ont progressivement abandonnés leur sens premier de "provocation" au profit, vers 1965, "d'obstacles que doit surmonter une civilisation dans son évolution", traduction littérale et approximative du terme anglais "challenge"), convernent naturellement l'ensemble de la planète.Mais ils sont particulierement aigus au sein du monde dit "en voie de développement".Ces défis se dressent face aux dirigeants des Etats souverains et des grandes organisations internationales,mais aussi face aux différents groupes sociétaux, sinon aux individus eux mêmes. Ils deviennent alors fantasmes et constituent bien l'une des "grandes peurs du millénaire"  .Pour les savants eux mêmes , (nous songeons ici aux "démographes distingués") ils sont parfois sources d'erreurs, d'abord parce que la démographie est une discipline "jeune" (le terme n'apparait qu'en 1855) et aussi parce que les voies du comportement humain dans ce domaine sont impévisibles! Ainsi, les données prévisionnelles les plus alarmistes, confinant parfois à l'Apocalyse, affichées tout au long de la seconde partie du XXme siècle, ont elles dû être (avec prudence) révisées à la baisse.

Les défis démographiques directement perceptibles sont nombreux et très variés: croissance de la population à un rythme inédit,mauvaise répartition des richesses, et ses corrollaires, la pauvreté, la sous nutrition,la malnutrition,les endémies..Défis aussi pour décrypter les masses d'informations,surabondantes ,parfois tronquées sciemment,ou fausses par incompétence! Comment pourrait s'y retrouver le "vulgum pecus", entre l'attitude des medias qui priviligient volontiers le spectaculaire , et les rapports des grands organismes internationaux,par définition austères.,et dont le sérieux (apparent) semble gage de fiabilité ? Et quid de certains démographes maniant le "politiquement correct"?

Un premier constat:la population mondiale est de plus en plus mobile, à toutes les échelles,régionales,nationales et interrnationales.Peut on maitriser ces flux? Se prépare t on à un brassage généralisé de populations comparables au "melting pots" qu' a connu l'Europe pendant des millénaires ou les Etats Unis pendant deux siècles... ou bien à la constitution de groupes ethniques potentiellement antagonistes , engendrant la violence aux quatre coins du monde?.

Un essor démographique sans précédent:

Aussi loin que l'on puisse remonter dans le temps,la population mondiale s'est accrue constamment depuis la grande révolution du Néolithique, il y a a quelques dix mille ans.Mais d'une manière extrêmement lente jusqu'à la révolution industrielle que connait l"Europe Occidentale (et singulièrement les Iles Britanniques) au XVIIIeme siècle. La population mondiale doublait en moyenne, tous les ...1600 ans!.Au début de notre ère,on comptait environ 300 millions d'habitants,le double vers 1650 Une mutation particulièrement brutale se déclenche au milieu du XVIIIIeme siècle.Car la révolution industrielle en question et ses répercussions scientifiques vont avoir aussi pour effet de permettre un meilleur controle de la mortalité ,particulièrement de la mortalité infantile.Le rythme de croissance s'accélère, passe de 760 millions à 1360 millions entre 1750 et 1900.Il faut quelques 65ans pour obtenir un nouveau doublement...mais seulement 37 ans au cours de la période 1950- 1987. En l'an de grâce 2000, la Division de la population du Département des Affaires économiques aux Nations Unies publie un Rapport qui considère que la population mondiale devrait "normalement" atteindre 6,8 milliards d'individus en 2010 et plus de 7 milliards en 2012 (faisant donc opportunément l'impasse sur l'hypothèse,certes peu propice à l'euphorie d'une troisième guerre mondiale, la guerre atomique !) .Des chiffres spectaculaires,mais qui prenent en compte, en fait, une légère décélération du rythme de croissance ,effctivement observée à partir du milieu des années quatre vingt. Les Nations Unies l'avaient estimé à 1,8% dans les années soixante dix..Il est de 1,40% entre 1995 et 2005. A moyen terme,la population mondiale pourrait se stabiliser.Mais ce phénomène de décrue est quasi exclusivement lié aux comportements démographiques observés dans les pays développé . Car si les nations dites "en développement" ont vu récemment leur taux de fécondité diminuer, la baisse relativement brutale des taux de mortalité (notamment de la mortalité infantile) a mécaniquement freiné la tendance à une stabilisation de leurs régimes démographiques.Il ny a pas,à proprement parlé,"d 'explosion", mais par effet d'inertie,la croissance démographique dans les pays du Sud s'accentue. Alfred Sauvy,naguère,évoquait une "bombe à retardement "qui menaceraitl'avenir de l'humanité de manière plus inquiètante que le nucléaire.Car si la production alimentaire de la planète permet de nourrir largement la population prise dans son ensemble, sa redistribution est particulièrement délicate . Et alors que dans maints pays riches,l'obésité devient un problème de société,(même s'il touche surtout, paradoxalement en apparence,les plus démunis, de nombreuses régions d'Afrique vivent sous le double sceau des conflits inter ethniques, et des disettes endémiques,,sinon des famines

Les "Suds",face à l'Occident, c'est toute une litanie de chocs ,à l'aube de ce nouveau millénaire: choc du nombre,choc du surpeuplement,choc de la misère,choc du gigantisme croissant des agglomérations urbaines...

Choc du nombre:

En 2001,à l'amorce du nouveau siècle, quatre habitants sur cinq (4,8 milliards de personnes) vivaient dans des contrées en "voie de développement "(sic),et un sur cinq en pays développé. La proportion était de 1 sur 2 en 1950! Un déséquilibre qui illustre l'impact d'un grand nombre de questions cruciales au sein des nations du Sud,.mais qui contribue aussi a suscité certaines "angoisses" chez les nantis du Nord. Le "péril jaune" , par exemple. Une notion que l'on croyait reléguée dans les archives de l'Histoire..On ne sait plus exactement à quelle occasion on a mis dans la bouche de l' innéfable Kasier Guillaume II, il y a plus d'un siècle, ce vocable confinant au fantasme.Peu de temps auparavant,certes,la "bonne" comtesse de Ségur racontait à ses petits enfants blancs et roses, et vétus de velours, le sort tragique des petites filles chinoises, offertes à leur naissance à l'appétit vorace des cochons...Après tout, on avait le contrôle des naissances que l'on pouvait ,et elle n'est pas si loin, l'époque où, dans la France de l'ancien régime, le petit Poucet sauvait la vie de ses six frères égarés sciemment dans la forêt par des parents désespérés. Les infanticides étaient légion. Malheureusement pour les petites filles de Chine,l'infanticide féminin n'a peut être pas totalement disparu de certaines campagnes parmi les plus déshéritées... Mais,heureusement pour la morale,les deux géants de l'Asie Pacifique que sont la Chine et l'Union indienne,consacrent de gros effforts pour promouvoir le contrôle des naissances et améliorer de facto le sort de leurs compatriotes.Le continent asiatique représente aujourdhui, à lui seul ,plus de 62% de la population mondiale, soit près de 4 milliards d'habitants.Et pour les dix prochaines années, les démographes les plus modérés prévoient un accroissement brut, sur l'ensemble de la zone, supérieur à 400 millions d'âmes,et donc sensiblement en retrait par rapport aux données chiffrées des deux dernières décennies.Naturellement,outre le ralentissement relatif de la croissannce,il existe de forts écarts seon les pays.La Chine et l'Union indienne devraient "peser" 1,35 et 1,5 milliard d'habitants en 2010 ,l'Union Indienne devenant donc le premier état du globe en termes de population.Mais si leurs poids démographique est très lourd, leur taux d'accroissement sont donc en baisse. Notamment celui de la Chine,qui est désormais pratiquement au niveau de celui des Etats Unis! En revanche,à côté de certaines puissances moyennes qui ont presque maitrisé leur croissance,comme l'Indonésie, la Thaïlande,voire le VietNam,on trouve des pays à forte, voire très forte expansion avec,à leur tête, les pays musulmans d'Asie méridionale et du Moyen Orient,comme l'Azerbaïdjan,l'Iran ou l'Arabie Saoudite.. Par comparaison au monde asiatique ,très densément et..trés inégalement peuplé ,(le quart de la planète est concentré sur moins de 3% des terres émergées !) , l'Afrique représente un foyer démographique moindre: 820 millions d'habitants en 2000, un peu plus que l'Europe,mais moins que l'ensemble de l'hémisphère américain. Ce continent n'en est pas moins ,aujourd'hui, le plus dynamique en termes de croissance.la proportion de la population africaine dans le monde devrait passer de 12,6% (estimation de 2000) à 15,3% à l'horizon 2010, ce qui,selon les projections moyennes des démographes,représenterait une augmentation brute de l'ordre de 350 millions de personnes.L'Afrique devrait donc, sauf catastrophe, avoir aisément franchi le seuil symbolique du milliard d'habitants à la fin de l' actuelle décennie. Quant à l'Amérique Latine, sa croissance se situe aujourd'hui juste au dessus de la barre des 1,5 % par an,soit un taux nettement plus modeste; et il devrait encore baisser. Les prévisions pour l'an 2010 tournent autour des 52 millions d'habitants pour l'ensemble du sous continent (dont quelques 190 millions pour le Brésil et 110 millions pour le Mexique) En fait , l'Amérique Latine , sensus largo, représente désormais le milieu dit "en développement" le plus proche,en ce domaine,du "modèle occidental".
(à suivre)

 

(I)
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