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  • : La géopolitique par Jacques Soppelsa
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Cv Jacques Soppelsa

Agrégé de géographie , Docteur d'Etat ,et Professeur de géopolitique à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne). Retrouvez le Cv résumé en cliquant sur le lien suivant : Jacques Soppelsa

Recherche

Publications

1971 : Les Etats Unis (PUF)
1972 : Géographie Universelle (2 tomes) Livre du mois
1973 : Le Moyen  Orient (3 tomes) Mang
1975 : L'économie des Etats Unis (Masson). Livre du mois
1976 : La Géorgie méridionale et le Vieux Sud des Etats Unis (thèse)
1979 : Les grandes puissances (Nathan)
1980 : Géographie des Armements (Masson) Livre du mois
1981 : Histoire du Far West (Larousse  BD) 32 facsicules en coll.
1982 : La Terre et les hommes (Belin)
1984 : Des tensions et des armes (Publications de la Sorbonne)
1986 : Lexique de  Géographie Economique (en coll  Dalloz)
1988 : Lexique de Géopolitique (Dir. Dalloz)
1992 : Géopolitique de 1945 à nos jours (Sirrey)
1994 : La Patagonie (en coll. Autrement)
1995 : Los Frances en Argentina (en coll .Zago)
1996 : La dictature du rendement (Ellipses)
1997 : Dix mythes pour l'Amérique (Colin)
1999 : la démocratie américaine (Ellipses)
2001 : Géopolitique de l'Asie Pacifique (id)
2003 : Le Dialogue régional en Amérique Latine (Ellipses)
2005 : Les Etats Unis .Une histoire revisitée (La  Martinière-.Le Seuil)
2006 : "Dix morts en sursis" -Roman de Géopolitique fiction- Editions du Club Zero
2008 : Géopolitique du monde contemporain (en coll.) (Nathan)

2009 : Les sept défis capitaux du Nouvel Ordre Mondiale

2010 : Dictionnaire iconoclaste de l'immigration

2011 : Géopolitique et Francophonie

2012 : Louis XVII, La piste argentine

Archives

9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 09:07
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La nouvelle menace spatiale(1)

La rivalité entre les Etats Unis et la Chine cosntitue sans doute l'arrière fond stratégique sur lequel se détachent les principaux enjeux du monde postbipolaire.Dans un article intitulé "la stratégie globale des Etats Unis face à l'émergence de la Chine "Chauprade suggéra naguèee que l'hégémonie américaine pourrait se trouver contestée à l'horizon 2015. En effet, si seulement la moitié de la population chinoise (environ 700 millions d'habitants) atteignait un niveau de développement économique comparable à celui de l'Occident (ce qui est possible dans un temps relativement court vu la croissance chinoise et le précédent sud coréen), le marché intérieur chinois sera plus important que celui de l'Alena et de l'Union européenne élargie réunie.C'est à dire plus important que l'espace euro-atlantique. Or le marché intérieur ,comme on le sait,est le socle de la puissance économqiue.Les Etats Unis auront ainsi face à eux le seul rival économique non contrôlé politiquement. Les autres grands acteurs comme l'Inde ou le Brésil ne cessent de gagner en importance dans les relations mondiales. En ce sens, le monde qui se reconfigure sous nos yeux peut être qualifié de monde bi-multipolaire.

La placeabsolument centrale pour les Etats Unis de la question spatiale dans la rivalité géopolitique sino-américaine est connue de tous.A la tenaille énergétique censée contrôler la croissance chinoise et à la stratégie de "containment" s'ajoute une stratégie spatiale,dont le bouclier anti missile ("missile defense") n'est que la composante la plus visible.Et à laquelle la nouvelle National Space Policy élaborée sous George W.Bush donne valeur de doctrine officielle.

C'est dans ce contexte qu'il faut analyser le tir d'un missile antibalistique antisatellite (ASAT) auquel a procédé la Chine le 11 Janvier 2007. Selon toute vraisemblance, il s'agit d'une réponse aux activités américaines dans l'espace. Déjà, en Août 2006,des informations émanant du "National Reconnaissance Office avaient révélé que la Chine avait "aveuglé" un satellite de reconnaissance américain avec des lasers basés au sol.Dans ce cas,il s'agit de l'utilisation d'un kinetic kill vehicle lancé depuis un missile balistique ,et détruisant sa cible par simple impact (technologie dite de "hit and kill")

Suivant la théorie soppelsienne des quatre éléments, élaborée dès 1995, c'est bien la conquête par les Etats Unis ,après la terre,l'eau et le feu (nucléaire) du quatrième élément,l'air, qui donnera à la superpuissance une longuer d'avance sur une scène géostratégique marquée durablement par le passage à l'ère de la géopolitique extra atmosphérique. (cf.Jacques Soppelsa.Les Etats Unis.Une histoire revisitée.Editions Le Seuil- La Martinière 2004).

C'est cette suprématie en construction que les Chinois veulent contrer par une double stratégie,en développant des outils à la fois dissuasifs et opérationnels (à suivre)

Ezequiel Entelmann

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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 15:50
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LES ETATS UNIS ET LA "QUESTION COLOMBIENNE"

A l'heure où les medias soulignent la pérennité du drame des otages des FARC et où les hypothèses les plus contradictoires fleurissent quant à l'issue de ce drame, il nous a paru interessant de publier les conclusions d'une étude menée par Lina Rashed et portant sur la politique contemporaine des Etats Unis à l'égard deBogota. Des conclusions à ajouter à un dossier déjà singulièrement complexe..(Jacques Soppelsa)

"La politique contemporaine des Etats Unis en Colombie est contradictoire, à la fois faite de prudence devant une situation très confuse,tant en Colombie qu'au sein des instances qui élaborent la politique américaine devant la crainte de l'enlisment américain en Colombie et celle des possibles réactions de la Communauté internationale et faite d'ingérence dans le sfafires colombiennes en réponse à des objectifs bien définis.

Cependant,sur le long terme,c'est bien l'existence d'une ligne de conduite précise qui s'impose au regard.Les hésitations américaines ne sont que conjoncturelles, de court terme..La politique des Etats Unis au cours des deux dernières décennies semblait obéir à des changements de cap successifs,passant par exemple d'une aide militaire très réduite au cours du mandat du Président Samper à l'aide militaire au "Plan Colombie",plan d'urgence face à la marginalisation progressive des forces armées devant les FARC et les paramilitaires,beaucoup plus élevé. Cependant,le Plan Colombie n'a pas constitué à proprement parler un "tournant",dès lors qu'on le replace dans la politique à long terme des Etats Unis;il est bien plutôt la suite logique de cette politique,se limitant à accentuer des caractéristiques présentes depuis longtemps;avec le Plan Colombie,l'aide militaire américaine a continué de s'accroître ,de même que ses retombées négatives;en effet,le non respect des Droits de l'Homme, le danger des fumigations,le risque d'escalade du conflit et l'aspect contre-insurrectionnel de l'aide sont dénoncés depuis la première "guerre à la drogue",en Colombie,en..1978! Les négociations de paix ne sont pas non plus un phénomène nouveau,puisque les premières ont été lancées par Betancur dès 1982.La "zone de détente", en revanche, en est un. Le Plan Colombie a donc pu être apprécié come un "tournant quantitaif", mais à un point tel qu'il en ocasionna peut être un changement de nature de la politique américaine,ce qui expliquerait la vivacité des réactions de la communauté internationale.Et les attentats du 11 Septembre 2001 ont naturellement contribuer à infléchir la donne, puisque le rôle des intér^êts américains dans la poltiique US en Colombie est ouvertement reconnu,et qeu l'aide militaire est directement utilisée contre les guerillas,ce qui n'avait aps été le cas depuis que la "guerre à la drogue" a remplacé la lutte contre le communisme;mais les changements que ces attentats ont entrainés étaient tout sauf inattendus,contrairement à l'idée qu'a tenté de répandre l'administration américaine,qui a aspiré à faire aussi de l'après 11 Septembre une rupture justifiant des politiques plus franchement agressives;et c'est bien la continuité qui l'emporte dans la politique nord américaine.

Une preuve en est la rapidité avec laquelle Washington abandonne une doctrine pour une autre: le CBI conduit par les Etats Unis a ainsi successivement adopté comme objectif la subversion communiste,puis le narcotrafic. L'engagement des Etats Unis en Colombie dans le cadre de la lutte contre ce dernier n'est que la forme nouvelle d'une implication qui remonte à la proclamation de la Doctrine Monroe et de son corollaire;elle n'a donc rien d'absolu ni de définitif.Une nouvelle inflexion a semblé se dessiner par la suite,avec les débuts du CBI contre le terrorisme.Quoiqu'il en soit, l'ennemi demeure..les guerillas,dont la dénomination s'adapte aux besoins,qu'elles soient nommées "narcoguerillas" ou "narcoterroristes". Or lesdites guerillas menacent toujours les intéreêts américains en Colombie,ce dont on peut conclure que la politique US dans ce pays a toujours consisté à défendre les intérêts nationaux sous le couvert d'un support doctrinaire et d'un vocabulaire changeants, dont la superficialité et la rapidité avec laquelle ils sont adoptés puis abandonnés montrent bien que là n'est pas le plus important.La diversité des acteurs internationaux que recouvre la notion de "terrorisme" témoigne du fait que, si le terrorisme es parfois bien réel,il s'agit tout autant de la part des autorités américaines d'élaborer une théorie manichéenne qui criminalise tous ceux qui ,remetant en question l'ordre établi, vont à l'encontre de leurs intérêts,justifiant ainsi le combat contre ces diférents acteurs .

On peut donc conclure avec Stephen Randall "que la politique des Etats Unis à l'égard de la Colombie tire son origine de plusieurs considérations de base, des considérations de sécurité nationale, d'intérets,et des considérations idéologiques"et, faudrait il ajouter,des considérations internes: la lutte contre le narcotrafic n'en est bien sûr pas absente,amis ele est un facteur parmi d'autres, la forme nouvelle et provisoire (?)de la tendance lourde qu'est l'implication américaine en Colombie:à un phénomène d'une telle ampleur que la "question colombienne" ne peuvent correspondre que des causes complexes. (Lina Rashed)

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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 12:03
Herman Sullivan et le "Melting Pot"

L'approche d'Herman Sullivan

Les responsables des recensements fédéraux américains se hasardent régulièrement à suggérer que la remise en question du "melting polt" ne suppose pas inéluctablement ,in fine,le pluralisme culturel,mais plutôt la coexistence d'un courant culturel "principal", à dominante anglo saxonne , et de cultures ethniques tendant ,soit à se dissoudre dans le courant dominany,soit à se marginaliser.Le Sociologue Herman Sullivan ,de Georgetown, brossa au milieu des "nineties",une typologie qui n'est pas sans pertinence:il distingue,en la matière,cinq grands types de situations:

-l'assimilation pure et simple

-l'acculturation

-la domination

-le bipartisme culturel:

-et le "rejet ségrégationniste".

 

qui a longtemps affecté ,avec beaucoup de virulence ,les communautés asiatiques.Il concerne surtout,depuis l'aube de l'histoire nord américaine,les minorités noires..mais il affecte aussi,depuis peu,et peut être plus sournoisement ,les latino américains.Ces derniers semblent remettre en cause,plus ou moins ouvertement,le credo séculaire dans les capacités illimitées de l'Amérique à assimiler sans grands heurts ses contingents de nouveaux immigrants.ce "séparatisme culturel",sciemment et énergiquement réaffirmé,concerne des foyers démographiquement modestes,comme ceux des Amish du Lancaster,farouchement attachés aux us et coutûmes du XIXeme siècle, des Mormons du Utah ou des francophones des vallées intérieures du Maine ou du Vermont:ce troisième type a été tragiquement illustré par les avatars (pour ne pas dire plus) de la nation amérindienne.Les survivants du génocide connaissent surtou aujourd'hui une vive misère physiue et moale..bien que depuis le vote de la Loi de 1975 ("Indian Self Determination and Educational Assistance Act") un certain sursaut peut être souligné:(la première Université indienne des Etats Unis a été implantée à .Sioux Falls,dans le Sud Dakota,sous la seconde mandature ee Ronald Reagan).: (assimilation spontanée mais partielle ,des valeurs culturelles du groupe dominant par un groupe dominé)ce type est spectaculairement composite,des Allemands des campagnes du Midle West aux Italiens de certains boroughs de New York ou de Chicago,en passant par les Scandinaves du Minnesota ou les Cajuns des bayous de Louisiane,(où la francophonie semble connaitre un léger mais indéniable essor depuis une génération,via le Codofil et l'officialisation du bilinguisme par les autorités de la Nouvelle Orléans.: (qui fut le cas de la grande majorité des immigrants de l'Europe du Nord Ouest,d'Europe Centrale et Orientale,voire du Bassin méditerranéen).Ce premier type vient tout naturellement,au fil des générations, renforcer au moins quantitativement, le groupe dominant et,plus rarement,son noyau dur de "W A S P ("White Anglo Saxon Protestants")
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31 décembre 2007 1 31 /12 /décembre /2007 12:56


.La Banque du Sud: une arme contre Bretton Woods" ou "anti doctrine Monroe" ?

 

Pur hasard ou clin d'oeil de l'Histoire,en Décembre dernier,le jour anniversaire de la déclaration historique du

Président James Monroe,en ...1823, sept chefs d'Etat latino-américains, réunis à Buenos Aires

à l'occasion de la passation de pouvoir entre le Président argentin sortant Nestor

Kirchner et son épouse ,Cristina Fernandez de Kirchner,signaient l'acte fondateur de

la "Banque de Développement Régional" ,d'ores et déjà plus connue sous le nom de

"Banque du Sud".Un concept imaginé,il y a deux ans, par ce même Nestor Kirchner et

le vibrionant Président vénézuelien Hugo Chavez.

Sept Etats,donc,sont désormais concernés par cette nouvelle institution,et non des moindres:

l'Argentine,le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Vénézuela,d'une part, membres du Marché

Commun latino américain (Mercosur), porté sur les fonds baptismaux par les quatre premiers

en Janvier 1995) ,la Bolivie et l'Equateur,d'autre part. (Fortement sollicités, la Colombie, le Chili,

le Pérou, pour des raisons diverses ,n'ont pas encore adhéré à l'initiative).

Une institution dont le siège (et c'est plus qu'un symbole) ,est établi à Caracas.

Officiellement, l'objectif principal de la Banque sera "de renforcer l'autonomie financière

de l'Amérique du Sud". Effectivement,comme le soulignait le Président brésilien Lula dès Janvier

2008, "les adhérents à la Banque auront désormais libre accès à des possibilités de crédits

sans avoir, comme c'est le cas aujourd'hui, via les institutions multilatérales existantes,

telles la B.I.D. ,l'obligation de souscrire aux conditions ,souvent draconiennes,édictées par ces

dernières.

Nestor Kirchner et Hugo Chavez n'étaientpas moins explicites ni moins ambitieux:

..."L'intégration sud américaine doit construire, pour les peuples de la région,un espace consacré

à la promotion du développement économique et social, à la réduction de la pauvreté  et de

l'excluson sociale et à la convergence  et à la complémentarité des processus d'intégration

économique".

En la matière,a priori ,ce constat au moins théorique, d'autonomie, sinon d'indépendance,

pourrait autoriser à répondre positivement à l'interrogation : la Banque du Sud,dans un

contexte international de crise aigüe, s'inscrit elle délibéremment dans une optique de

"concurrence" des institutions sécrétées par Bretton Woods"?

On ne peut que constater, de facto,que cette initiative,imaginée dès 2005-2006,  a été

précisément concrétisée dans la fouée de près de trois années de crise spectaculaire au chapitre

économiquedes Nations du Nord en particulier et du système international néolibéral en général!

La chaîne spéculative déroulée inexorablement entre 2004 et2007 a entrainé, par exemple,nous

le savons,maintes Banques étatsuniennes ,et non desmoindres (Bank of America, Meryll Lynch,

City Bank..)ou l'Union des Banques Suisses, à se retrouver face à des dettes  colossales,cumulées

par leurs propres institutions financières (300 milliards de dollars pour les banques US,par exemple

au cours du seul été 2007!) On connait certains effets hallucinants de ladite crise, illustrés notamment

,Outre Atlantique,par le secteur de l'immobilier.Nous serons,en revanche, beaucoup plus

prudents face à la question: a t elle une chance de réussir dans sa quête de ladite 

concurence!!).

D'ores et déjà,maints observateurs internationaux montrent du doigt d'indéniables zones

d'ombre: Quid de l'élargissement éventuel et progressif aux non Etats membres ?(même si ,

il n'est pas inutile de le rappeler, à l'heure actuelle, via notamment la présence du Brésil, une

forte majorité de la population du sous continent est, de facto,déjà directement concernée par

la Banque du Sud !) On a pu aussi voir , en ce domaine,que le contentieux pérenne entre 

Bogota et Caracas, par exemple,s'est traduit ces derniers mois par des voltes face du gouvernement

colombien à l'égard de la Banque..)  Quid des mécanismes de prise de décision?Quid de

l'éventuelle  dimension sociale souhaitée par Chavez et rejetée,pour l'instant, par Brasilia ? Quid du 

financement proprement dit de l'institution "chaque pays membre,à l'heure actuelle, étant 

libre de définir la nature de sa participation"? Quid de la proposition , suggérée par l'Equateur,

de création dans les plus brefs délais, d'une monnaie régionale unique?Quid de la répartition

interne du pouvoir? Quid du projet initial,et apparement repoussé aux calendes grecques,de

constitution d'un fonds de solidarité destiné à aider les Etats surendettés ou susceptibles de

devoir faire front à une grave crise financière? Quid de l'opposition,certes feutrée,entre les tenants

d'une politique volontariste radicale ( Vénézuela, Equateur,Boivie) et le noyau dur du Mercosur

(Brésil, Argentine,Uruguay) volontiers accrochés ,en dépit des apparences,à certaines

"certitudes" néolibérales?

Ces interrogations ,au delà de leur diversité ,sont loin d''être négligeables!

Pourtant,elles nous paraissent relativement secondaires face à l'enjeu ,voire au pari réel tenté

par les fondateurs de la Banque du Sud !.

A notre avis,dans l'esprit de ces denriers, il ne s'agit pas ici, et exclusivement, de tenter 

de contrebalancer le poids (au demeurant élevé) des grandes institutions financières 

internationales et de leur lourde emprise sur le sous continent latino américain.

il s'agit avant tout,simplement, de poursuivre, sous une forme contemporaine, deux objectifs

(par ailleurs intimement liés) quasi permanents depuis près de deux siècles: contribuer ,via une 

nouvelle forme de panaméricanisme,à faciliter le processus d'intégration régionale cher..dès 

1816 (cf. sa "Lettre de la Jamaïque") au Libertador, Simon Bolivar; et "contrer" plus ou moins 

ouvertement , à l'échelle de l'Amérique du Sud, sinon de l'Amérique Latine, la politique 

de Washington, inaugurée par James Monroe,et inlassablement perpétuée depuis: " 

l'Amérique aux Américains" (sous entendu, "contrôlée" par la Maison Blanche)...

-contribuer à faciliter le processus d'intégration régionale:

Ce dernier,on le sait, confine à l'obsession en Amérique Latine.(Cf. notre ouvrage: "Le

dialogue régional en Amérique Latine"- Paris-2002)

Le sous continent a pu être considéré,à juste titre,comme un véritable laboratoire en la matière

(du Congrès Amphictyonique de Panama à la mise en palce ,au cours du dernier demi siècle,

du Groupe de Contadora, du Groupe Andin, du MCCA.,du Caricom etc...

Le plus bel exemple récent concerne, bien entendu, le Mercosur,évoqué supra, né du Traité

d'Asuncion de 1991 et entré en vigueur en Janvier 1995. Ce n'est sans doute pas un hasard si,

avec la disparition progressive des système dictatoriaux et la mise en place de régimes démocratiques

au début des "eighties", les quatre nations fondatrices dudit Mercosur font partie,précisément ,

des sept Etats adhérents à la Banque du Sud. Ce n'est pas non plus un hasard si Brésil et

Argentine avaient élaboré un calendrier raisonnablement étalé dans le temps quant à la 

concrétisation d'un Marché Commu bilatéral à l'horizon 2000, et que,(ce qui est exceptionnel 

dans l'histoire mondiale des organisation supraétatiques, ) l'agenda a été bousculé et les 

échéances avancées,..quelques mois à peine après le discours de George H.Bush et son 

"Initiative des Amériques", promouvant un Marché Commun Unique à l'échelle de 

l'hémisphère ,"de l'Alaska à la Tierra de Fuego" .. pour 2005! S'il n'est pas question de nier

les données de la géopolitique interne et le souci indéniable de Buenos Aires et de Brasilia 

de contribuer  en s' inspirant du modèle européen, à améliorer les relations économiques 

entre les deux nations, force est de constater que le Mercosur s'est aussi avéré être un 

"bouclier" ,plus ou moins efficace, face à "l'expansionnisme nord américain", sécrété dans 

un premier temps par la mise en place de l'ALENA, (Décembre 1993) une association qui,fait 

significatif, regroupe les Etats Unis, le Canada et un premier Etat d'Amérique

Latine, le Mexique (sans parler d'un partenaire "associé", le Chili). .Autre fait significatif:dès 

les premiers mois de sa mise en place,le Mercosur signait avec l'Union Européenne ,en 

Décembre 1995, le Traité de Madrid, nouvelle preuve ,s'il en est ,du souhait de ses membres 

de diversifier leurs activités internationales..

et de s'évader de l'ombre portée du puissant voisin nord américain...

-"contrer" les Etats Unis:

L'époque de la realpolitik chère à Ronald Reagan (qui considérait, par exemple,que le Golfe 

du Mexique était un "lac américain")est largement révolue.A fortiori le temps où certain 

locataire de la Maison Blanche (Théodor Roosevelt) n'hésitait pas à déclarer à propos de 

Cuba: je suis tellement fâché contre cette infernale petite république que j'aimerais qu'elle 

soir rayée de la carte.Tout ce que nous voulons d'eux,c'est qu'ils se comportent

bien,qu'ils soient prospères et heureux,de façon que nous n'ayons pas besoin d'intervenir.Et 

maintenant, voilà qu'ils ont commencé une révolution complètement injustifiable et inutile,et 

les choses vont devenir si compliquées que nous serons obligés d'intervenir ,ce qui 

convaincra immédiatement tous les idiots soupçonneux en Amérique

du Sud qu'après tout c'est ce que nous voulions (sic). Où l'époque où ¨Porfirio Diaz, Président 

du Mexique, évoquant "les deux malédictions de son pays: Si loin de Dieu et si près des Etats 

Unis".

Avec George H Bush,puis ses deux successeurs, est venu le temps des relations multilatérales 

primordialemen frappées du sceau de la géoéconomie, inauguré (paradoxalement en 

apparence) par la "guerre à la drogue"  initiée au début des années quatre vingt 

dix. L'influence des Etats Unis ,au delà de l'officialisation de la doctrine

des conflits de basse intensité,se concrétise désormais par le poids ,sinon croissant, du moins 

considérable,de leurs initiatives économiques. A fortiori, il semble plus que difficile de 

considérer que l'initiative de Chavez et de Kirchner,destinée officiellement à soustraire 

progressivement les Etats latino américains de l'orbite des grande institutions financières 

internationales, soit totalement dépourvue de considérations strictement géopolitiques,

àl'échelle du Nouveau Monde..Un commentaire qui prendrait plus de crédibilité encore si, 

dans un proche avenir ,via Raul Castro, Cuba adhérait à la Banque du Sud !!


Jacques Soppelsa

Professeur de Géopolitique en Sorbonne; Président honoraire de l'Université de Paris I

Ancien Conseiller Culturel et de Coopération auprès de l'Ambassade de France en Argentine.

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 17:58
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Géopolitique de l'Ukraine.

De quelques tendances lourdes.

"Si les hommes appréhendent la géographie à travers leurs besoins,leur culture,leurs peurs,leurs rêves" comme l'écrivait Philippe Moreau Desfarges,alors l'Ukraine peut être considérée comme l'archétype concrétisant cette affirmation.

Les fondements géographiques naturels du pays, qu'il s'agisse de sa situation proprement dite, des données orographiques, des ressources du sol ou du sous-sol, en font un territoire de très haut intérêt géostratégique.

Riverain de la Mer Noire, on ne peut pas dire que l'Ukraine soit un territoire "enclavé",encore que ladite mer soit presque fermée (cf.l'importance historique majeure des Détroits du Bosphore et des Dardanelles),tant pour le pays que pour sa voisine -et naguère tutrice- la Fédération de Russie ,avec laquelle elle partage désormais le littoral proprement dit.

L'Ukraine est, aujourd'hui,avec ses quelques 603 500 Km2,juste devant la France,le second pays du continent européen,sensu largo, certes très loin,précisément,de la Russie.Ses horizons méridionaux se confondet donc avec le littoral de la mer Noire.Unecôte ukrainienne fortement valorisée par la présence de la presqu'île de Crimée et par celle des embouchures du Dniestr,du Buh,du Dniper, la "colonne vertébrale " du pays.

Au Sud Est, c'est la non moins importante embouchure du Don.La frontière orientale court à travers le monumental plateau central russe, longe dans le secteur septentrional les marais du Pripet, s'adosse au nord Ouest au plateau polonais de Galicie puis,à l'Ouest,aux derniers contreforts des Carpathes (L'Ukraine carpathique,qui culmine à quelques 2060 mètres d'altitude aux Mont Hverla,a conservé aussi son nom de Ruthénie,une Ruthénie qui échappa au joug tsariste à la fin du XVIIIeme sicèle,a contrario du reste du pays; la frontière se poursuit enfin vers le Sud,jusqueà la Bessarabie et au delta du Danube.

L'Ukraine est donc très largement dominée par des horizons de plaines,par ailleurs généralement très fertiles..Sur près des deux tiers de son territoire s'étirent les légendaires "terres noires",les tchernoziums particulièrement propices à la céréaliculture ,celle qui a permis de qualifier l'Ukraine,depuis la Grèce antique,de "grenier à blé" de l'Europe! A la veille de l'Indépendance,l'Ukraine représentait ainsi 52% de la production de betteraves sucrières, 25% des céréales et 25% de la production bovine des importations européennes. /

Le sous sol ukrainien possède,a ton pu écrire (V.Tchirikov) "tant de richesses naturelles qu'elles le placent parmi les miuex pourvus au monde"!Il recèle notamment,les importants (et ,dans la saga soviétique,"mythiques") gisements de minerai de fer de Krivoirog,de Khrementchouc et de Kertchn,au coeur du massif de Crimée;mais également des gisements de bauxite (à Mikolhaiev),de titane,de cuivre,d'or,de platine,et,ce qui est loin d'être secondaire,d'uranium,dans les régions de Vodhy et de Jelty

Au plan énergétique,parallèlement au gigantesque bassin de charbon du Donbass (aujourd'hui partagé par la frontière russo-ukrainienne, mais qui représentait encore près des 30% des réserves de l'Union Soviétique avant la disparition de cette denrière!) ,on soulignera aussi la présence de gaz naturel dans les régions de Lvov et de Kharkov,et de pétrole à Iviano-Kfrankvisk.,des réserves toutefois insuffisantes pour les bsoins de la nouvelle Ukraine,ce qui a pu autoriser Moscou à "peser" politiquement sur Kiev, via un "chantage " aux hydrocarbures.

Ce pays naturellement béni des Dieux a représenté,en revanche,eu égard à sa situation et à sa configuration biogéographique,un foyer "privilégié" d'invasions!! Il révèle ainsi unehistoire particulièrement mouvementée.

A la charnière de l'Europe et de l'Asie,proche du Moyen Orient ,l'Ukraine a été historiquement marquée par trois tendances géopolititiques: l'effritement de l'influence turco-tatar, liée à l'Empire Ottoman,qui a eu pour effet direct de permettre aux nations voisines de s'engouffrer sur ces terres riches ukrainiennes.Mais en les transformant ainsi en une zone d'affrontement civilisationnel,entre une Russie orthodoxe et une Pologne catholique.La Russie tsariste finira ,à la fin du XVIIIeme siècle,par absorber la majeure partie du pays, à l'exception de la Galicie,sous contrôle de l'Empire austro hongrois,avec le partage de la Pologne..

La dualité russo-autrichienne de l'espace ukrainien a abouti, tout au long du XIXeme siècle,à une mise en valeur soutenue du secteur agricole, puis industriel..Mais c'est aussi l'époque où Vienne,souhaitant affaiblir Moscou,a contribué directement à la valorisation d'un sentiment ntional ukrainien,à la fois anti polonais et anti russe.

Au lendemain des tragiques évènements de 1917-1921, l'Ukraine s'est trouvée à nouveau partagée en deux:la polonaise et..la soviétique, à l'exception de la Bukovine, annexée par la Roumanie,et la Ruthénie,par la nouvelle Tchécoslovaquie.Mais c'est naturellement l'influence de Moscou,puis l'intégration de l'Ukraine dans l'orbite soviétique,qui constituent les évènements majeurs de son histoire moderne,avec la réunification (au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale) L(Ukraine,grâce à Khrouchtchev, révupère même la Crimée,en 1954.Il faut attendre les années 1970 pour voir renaitre et surgir le nationalisme ukrainien,à partir des régions centrale et occidentale.

Les dernières années de l'Ukraine soviétique vont être, au delà de la course à l'atome et de la nucléarisation de l'Union, terriblement assombries par le drame de Tchernobyl.On en connait les séquelles.

Le bilan, aujoud'hui, après l'indépendance,puis la spectaculaire (et fortement médiatisée) "révolution orange",favorisée,on le sait,par les Etats Unis: une Ukraine susceptible d'être décrite,au plan de la géopolitique interne, via la juxtaposition de trois secteurs spatiaux:

-à l'Ouest,l'Ukraine galicio-ruthénienne, imprégnée de culture "occidentale" et de catholicisme, et qui regarde avec insistance du côté de l'Union Européene;

-au centre, l'Ukraine stricto sensu,où les minorités ethniques et linguistiques sont faiblement rerpésentées;

-à l'Est, une Ukriane très fortement russifiée..

Au delà de ce clivage,la nation demeure encore passablement liée à Moscou par la donne géoéconomique en général, et les échanges commerciaux en particulier.

Et comme l'écrivait Chauprad, "la pluralité de l'Ukraine est utilisée par la Russie comme par les Etats Unis pour attirer ce vaste pays dans leur camp; une Ukraine pro américaine serait un grave échec pour la Russie de Poutine,de la même manière qu'une Ukraine redevenue pro russe serait un échec pour Washington dans sa politique de refoulement de la puissance néo impériale"

Jacques Soppelsa

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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 18:52

Monsieur Alexandre del Valle nous communique en avant première son interview d'Abdul Walid Al Nour ,(Politique internationale),une  interview qui ne manquera pas de susciter vos réactions,commentaires,critiques et controverses.A vos plumes .Merci

.

Entretien avec Abdul Wahid Al-Nour*

entretien conduit par Alexandre del Valle**

 

* Fondateur du Mouvement de Libération du Soudan (SLM), principal mouvement rebelle du Darfour. 2

**

Alexandre Del Valle

- M. Al Nour, pouvez-vous nous décrire votre parcours ? Dans quel contexte avez-vous fondé le Mouvement de libération du Soudan (SLM) ?

Abdul Wahid Al-Nour

En 1992, encore étudiant en droit, j’ai créé le SLM en réaction à l’établissement, par un coup d’État, du gouvernement militaro-islamiste du général Al-Bachir (en juin 1989). Comme vous le savez, son parti, le Front islamique, avait remporté moins de 10 % des suffrages aux élections législatives…

Aujourd’hui, le Front islamique s’appelle Congrès national, mais le fond n’a pas changé : c’est toujours la même dictature sanguinaire qui impose la charia à toute la population et qui finance le terrorisme international.

A. D. V.

- Qu’est-ce que le SLM et quels buts se donne-t-il ?

A. A. N.

Nous avons voulu reconstruire le pays à partir des idéaux que nous partagions : le respect des droits de l’homme et du droit international ; l’égalité des droits des citoyens ; la promotion de la démocratie chez nous et dans la région ; et la sécularisation de l’État. Nous estimons, en effet, que la nation appartient à tous et la religion à chacun. C’est autour de ce programme que nous avons mobilisé la population dans tout le pays. On oublie souvent, en Occident, que le combat du SLM est d’abord national, qu’il concerne l’ensemble de notre pays. Un pays - je le répète - que terrorise une dictature arabo-islamiste, raciste, génocidaire et intra-colonialiste.

Cette première phase de mobilisation a duré près de dix ans et a été couronnée de succès. Même si notre action se déroulait dans la clandestinité, nous étions populaires et nous comptions de plus en plus de soutiens, spécialement au sein des Université, dernier endroit où les élections étaient encore un tant soit peu libres. La deuxième phase a été la rébellion armée… C’est la répression sauvage et aveugle du gouvernement de Khartoum au Darfour qui nous a amenés à créer la SLA - le mouvement militaire qui représente les forces de défense du SLM, lequel conserve la totalité des centres de décision.

A. D. V.

- Vous affirmez que, depuis l’arrivée au pouvoir d’Al-Bachir, le régime de Khartoum a largement soutenu le terrorisme international et l’islamisme salafiste. Est-ce toujours le cas aujourd’hui, alors que l’idéologue islamiste et ex-bras droit d’Al-Bachir, Hassan Al-Tourabi, est tombé en disgrâce il y a déjà quelques années ?

A. A. N.

A. D. V.

- Avez-vous toujours été laïc et anti-islamiste ?

A. A. N.

- J’ai été arrêté trente-deux fois par le régime parce que je n’étais pas islamiste ! Je ne l’ai jamais été, ni de près ni de loin. Dès le début de la dictature arabo-islamiste, je me suis opposé avec énergie à Al-Bachir et à Tourabi, à l’époque unis en un duo infernal. Le SLM refuse catégoriquement que notre pays soit une base du terrorisme islamiste international.

A. D. V.

- Pouvez vous chiffrer vos effectifs ? Que représentez-vous démographiquement, politiquement et militairement ?

A. A. N.

Concernant le volet militaire, je vous rappelle qu’après l’accord de cessez-le-feu de N’djamena signé en avril 2004 nous nous sommes engagés à ne pas utiliser la violence. Nous n’avons jamais violé ce cessez-le-feu. C’est pourquoi il ne serait pas opportun de parler de l’état de nos forces ou de nos plans militaires. Non seulement nous ne tenons pas à en informer Khartoum, mais nous avons pris des engagements envers la communauté internationale. Nous nous devons de respecter les accords que nous avons signés. Malheureusement, le gouvernement de Khartoum, lui, ne respecte aucun de ses propres engagements.

A. D. V.

- Pardonnez-moi d’être direct mais, les accords internationaux ne vous profitant pas, pourquoi respecter un cessez-le-feu que vos ennemis violent ? N’avez-vous pas le devoir moral de réagir par tous les moyens au génocide en cours ?

A. A. N.

A. D. V.

- Combien êtes-vous précisément ? Quelle est votre représentativité au Darfour et dans le Sud en général ? Vous n’avez pas répondu à cette question…

A. A. N.

A. D. V.

- Vous avez mentionné vos nombreuses arrestations. Êtes-vous allé en prison ?

A. A. N.

A. D. V.

- Pourquoi avoir choisi comme refuge et base de votre mouvement le djebel Marra ?

A. A. N.

A. D. V.

- Pouvez-vous nous en dire plus sur la particularité de votre ethnie et sur les ethnies au Soudan en général ?

A. A. N.

A. D. V.

- Quelle est votre vision de la question religieuse au Soudan ?

A. A. N.

Le Soudan est une mosaïque de peuples. L’islam n’est pas la religion de tous et tous les musulmans ne veulent pas d’un islam intégriste. Le régime de Khartoum joue sur l’arabité et sur l’islam, mais il est plus islamiste et arabo-expansionniste qu’autre chose. Je considère que sa politique relève d’un « colonialisme intérieur » puisqu’il ambitionne de nettoyer ethniquement et religieusement le pays, de l’épurer des « mauvais » musulmans non-arabes et des non-musulmans noirs… d’ailleurs il installe sur nos terres des tribus arabes, surtout originaire du Niger.

A. D. V.

- Quelle est l’ampleur des dégâts sur le plan humanitaire ?

A. A. N.

Imaginez la vie dans les camps, les enfants désœuvrés, pas d’écoles, pas de travail, pas d’avenir… Tout ça pour quoi ? Il n’y a pas de guerre au Darfour, il y a seulement un gouvernement qui massacre sa propre population !

A. D. V.

- Pourquoi parle-t-on seulement du Darfour et pas de l’ensemble du Soudan musulman, animiste et chrétien ?

A. A. N.

Tout comme cette crise n’est pas uniquement celle du Darfour, nous ne sommes pas exclusivement un mouvement darfourien, mais un mouvement politique national qui lutte pour un Soudan démocratique, fédéral, libéral et laïque.

A. D. V.

- Comment faut-il interpréter ce qui se passe au Darfour ? S’agit-il de massacres inter-tribaux ou bien d’un véritable génocide arabo-islamiste planifié par la junte de Khartoum ?

A. A. N.

Pour parvenir à ses fins, ce gouvernement a poursuivi une guerre effroyable au Sud, où plus de deux millions de personnes ont déjà été assassinées dans la quasi indifférence générale, puis dans les Monts Nouba. Les Noubas animistes ne sont que 250 000 aujourd’hui ; or leur nombre s’élevait à trois millions avant 1989. Au moins 500 000 d’entre eux ont été massacrés en 1992. Le gouvernement a mené un jihad officiel dans le Sud et dans les Monts Nouba, puis dans la région du Nil Bleu où d’autres animistes - au moins 200 000 personnes - ont été sauvagement assassinés.

À présent, le gouvernement génocidaire de Khartoum se tourne vers nous, qui sommes musulmans. Pour deux raisons : parce que nous sommes noirs et que nous avons osé rappeler que nous étions abandonnés par le pouvoir central. En effet, il n’y a presque pas de routes, d’hôpitaux et d’écoles au Darfour. En réponse à nos légitimes requêtes, le gouvernement islamiste bombarde nos villages et nos camps de réfugiés. Pour réaliser ses sinistres projets génocidaires, Khartoum a créé les tristement célèbres milices d’assassins Janjawid qui tuent, violent et pillent. Les hommes sont assassinés, les enfants emportés en esclavage ! Les champs et les villages sont brûlés. Ce sont des villageois qu’on assassine systématiquement. Il s’agit donc bien d’un génocide.

Au Darfour, le bilan oscille désormais entre 300 et 400 000 victimes. Je rappelle, en passant, que ce phénomène Janjawid n’a rien de nouveau : avant eux, à la fin des années 1980, une autre milice nomade arabo-islamiste, les Marahil, avait été chargée de tuer tous les non-musulmans animistes et chrétiens du Soudan, nos frères. Pour résumer : le Darfour n’est que la partie émergée et médiatisée d’un génocide qui est cours dans tout le pays.

A. D. V.

- Qui sont vos alliés dans votre lutte ?

A. A. N.

A. D. V.

- C’est donc là un allié étonnant !

A. A. N.

Tous ceux qui souhaitent un Soudan laïque, démocratique et libre sont nos alliés - mais je ne peux mentionner que Salfa Kier car il est plus fort que les autres et est aidé par les accords signés à Naivasha, au Kenya, en 2003 - accords parrainés par la communauté internationale. Les individus et groupes qui partagent nos idéaux sont nombreux mais trop éparpillés et vulnérables pour se révéler pour l’instant, vu les rapports de forces. En termes clairs, ils seraient arrêtés ou massacrés si je révélais leurs noms. Disons que notre mouvement est, avec le SPLM, le plus puissant et le mieux capable d’afficher ses idées et ses objectifs.

A. D. V.

- Avez-vous toujours un rival en la personne de M. Minni Minawi, jadis à l’origine d’une scission au sein du SLM ?

A. A. N.

A. D. V.

- Sur quels alliés de l’extérieur pouvez-vous compter ?

A. A. N.

A. D. V.

- Qui est contre vous ?

A. A. N.

A. D. V.

- En France, vous bénéficiez du soutien du collectif Urgence Darfour (4) - vous avez discuté publiquement avec les dirigeants de ce collectif il y a quelques mois, à la Mutualité. Surtout, vous avez été reçu à plusieurs reprises par Bernard Kouchner. Pensez-vous que Paris va aider le Darfour ?

A. A. N.

A. D. V.

- Jugez-vous utile l’idée de corridor humanitaire défendue par Bernard Kouchner ?

A. A. N.

A. D. V.

- Comment expliquer l’indifférence de la communauté internationale ? Pourquoi les aides humanitaires occidentales vont-elles surtout au mouvement darfouri islamiste JEM (Mouvement pour la Justice et l’Égalité) plutôt qu’à vous qui militez en faveur d’un Soudan démocratique et laïc ?

A. A. N.

La vérité, c’est que la communauté internationale a peur des Arabes. Dans notre mouvement, il y a des gens de partout au Soudan, y compris des Arabes qui veulent vivre en paix dans un pays libre. Nous n’avons rien contre les Arabes. Il y a même des tribus arabes qui ont été instrumentalisées par Khartoum, qui le comprennent et veulent désormais nous rejoindre. Nous luttons contre les intégristes qui ont pris le pouvoir par un coup d’État militaire. Pas contre les Arabes en tant que tels, évidemment.

Quant au JEM, il a le même maître à penser que le gouvernement : Hassan al-Tourabi. Ce mouvement est aidé par la Libye, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et même, pour des raisons tribales, par le Tchad. Il ne représente pas de force sur le terrain ; avec l’argent du Golfe et de la Libye, il achète des gens dans les camps de réfugiés. Grâce à ses soutiens, il jouit d’une certaine force de persuasion en Occident et, notamment, en Grande-Bretagne. Mais, nous sommes des démocrates et le JEM doit avoir sa place dans des négociations. Nous appelons à un dialogue Darfour-Darfour pour que tous les darfouris puissent être représentés - même si nous estimons qu’aucun parti politique ne devrait être religieux, puisque la religion doit être confinée à la sphère privée.

A. D. V.

- Vous parlez souvent des liens de Khartoum avec d’autres régimes arabes anti-noirs. Craignez-vous une contamination islamiste dictatoriale vers les voisins du Soudan ?

A. A. N.

Khartoum est un régime panarabe, nationaliste et islamiste qui veut exporter son idéologie partout en Afrique et dans le monde. C’est pourquoi ses criminels attaquent désormais le Tchad. N’oubliez pas que le gouvernement du Soudan envoie les Janjawid au Tchad et en Centrafrique et qu’il espère rapidement ouvrir un nouveau front au Cameroun !

Je le répète : le danger est énorme, pas uniquement pour nous mais pour toue l’Afrique et aussi pour l’Europe voisine qui n’a aucun intérêt à voir s’étendre le totalitarisme arabo-islamiste barbare dans la région et jusqu’au Maghreb. Car Khartoum exporte son idéologie terroriste dans toute l’Afrique : en Algérie, au Maroc, au Niger, au Mali et en Somalie. Dans tous ces pays, les autorités soudanaises veulent remplacer les pouvoirs en place par des régimes qui partageront leur extrémisme. En Mauritanie, il y a eu un coup d’État, il y a un an ; son auteur, M. Mahamat Ouldfal - qui a, depuis, quitté le pouvoir à la suite d’élections libres - a justifié ce putsch en expliquant qu’il voulait empêcher l’envoi de miliciens arabes (mauritaniens et autres) auprès des Janjawid. Inversement, le gouvernement soudanais a installé chez nous près de 130 000 Arabes venant du Niger, du Centrafrique, de Mauritanie, du Tchad et du Mali : il leur a tout simplement offert les terres du Darfour !

A. D. V.

- Vous avez mentionné le Cameroun. Pouvez-vous préciser ce que les Soudanais y mijotent ?

A. A. N.

On pourrait également parler de la dimension de l’esclavage (5) dans cette guerre barbare. Dans la zone des Monts Nouba et au Darfour, des milliers d’enfants sont kidnappés pour être transformés en esclaves. Ils deviennent des gardiens de bêtes et doivent s’occuper de toutes les tâches quotidiennes. Tout le monde, chez ces nouveaux venus au Darfour, a des esclaves !

A. D. V.

- Vous avez refusé de vous rendre aux négociations organisées ce mois de novembre en Libye. Pourquoi ?

A. A. N.

A. D. V.

- Que peut faire la France ?

A. A. N.

A. D. V.

- Que projetez-vous de faire en cas de victoire ?

A. A. N.

 

(1). Au XVIIIème siècle, le Darfour a été un État indépendant à la structure féodale. En 1799, lors de la campagne d’Égypte, le général Bonaparte reçoit d’Abd-er-Rahman, surnommé el-Rachid ou le Juste, sultan du Darfour, une missive de félicitations pour sa victoire sur les Mamelouks. En 1821, le Khédive d’Égypte, Mehmet Ali, après avoir conquis le royaume de Sennar, défait l’armée du Darfour à la bataille de Bara et s’empare de la province du Kordofan, mais il arrête ses troupes avant le djebel Marra. Le Darfour, dont l’islamisation avait commencé au XVIème,siècle, perd son indépendance en 1916, pendant la Première Guerre mondiale. Son dernier sultan, Ali Dinar, s'allie avec l'Empire ottoman et déclare la guerre à la Grande-Bretagne. Il est défait. Le sultan meurt et le pays est incorporé au Soudan britannique. Le Soudan, pour sa part, n’existe pas en tant qu’État avant 1821. Pour les historiens arabes médiévaux, le Bilad as-Soudan (« Terre des Noirs » (est-ce bien cela?)) est une zone qui s’étend entre le Sénégal et l’Éthiopie d’aujourd’hui. Les frontières du Soudan actuel sont héritées du colonialisme turco-égyptien. Mehmet Ali, d’origine albanaise, s’était proclamé vice-roi d’Égypte après l’évacuation du corps expéditionnaire français. Il fonde la ville de Khartoum au confluent des deux Nils. À partir de là, les hommes de Khartoum partent à l’assaut du Sud, qui est le grand réservoir d’esclaves et d’ivoire exploité jusqu’alors par les Darfouris…

(2) En juin 2007, la Cour pénale internationale met en accusation un ancien ministre de l’Intérieur et un général soudanais en charge de la « formation des Janjawid », devenu depuis ministre des Affaires humanitaires.

(3) Les Dinkas sont un peuple de pasteurs du Sud-Soudan. La plupart d’entre eux sont animistes, et une minorité est chrétienne. Ils ont fait l’objet de massacres à grande échelle perpétrés par l’armée soudanaise lors de la guerre civile des années 1980.

(4) Le Collectif Urgence Darfour a publié en mai 2007 l’ouvrage collectif - auquel participèrent Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann, Bernard Kouchner, Richard Rossin et d’autres - Urgence Darfour (éditions Des idées et des hommes).

(5) Le principal facteur de division remonte aux origines de l’islam : les Arabes esclavagistes du nord monopolisent l'appareil d'État et imposent leur loi à de soi-disant concitoyens du sud qu'ils méprisent et qu’ils vendront pendant des siècles comme esclaves aux mieux offrants.

(6) Lorsque la communauté internationale a pris conscience du drame du Darfour, les investissements de Pékin au Soudan étaient déjà considérables. Ils équivalent aujourd’hui à près de 4 milliards de dollars. Avec 40 % des actions de la Greater Nile Petroleum company et une part équivalente dans Petrodar, la société d’État chinoise China National Petroleum Corp possède les plus grands blocs d’actions des deux consortiums pétrolifères soudanais. En 2005, Pékin a acheté la moitié des exportations de pétrole soudanais. Le Soudan représente un dixième des besoins chinois de pétrole, ce qui place Khartoum au troisième rang des fournisseurs d’énergie de Pékin, derrière l’Arabie saoudite et l’Iran. Bien qu’elle ne s’oppose pas aux dernières résolutions internationales, la Chine continue de fournir Khartoum en hélicoptères d’assaut, véhicules blindés et armes légères. Pékin a vendu il y a peu 212 camions militaires à Khartoum. Les pistes aériennes de la China National Petroleum Corp dans le sud du Soudan ont été utilisées par les forces gouvernementales pour mener des raids sur des villages et des hôpitaux. Une enquête récente des Nations unies montre que l’essentiel des armements utilisés pour massacrer les habitants du Darfour étaient d’origine chinoise. La Chine a de son côté, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, utilisé son droit de veto pour ne pas trop voir Khartoum sanctionnée. Les mesures adoptées par l’ONU ont en effet été affaiblies par Pékin. En juillet 2004, la Chine a édulcoré une résolution obligeant le Soudan à poursuivre les Janjawid accusés d’atrocités en supprimant des sanctions contre Khartoum… En avril 2007, la Chine n’a renoncé à mettre son veto à une résolution envisageant des sanctions contre les dirigeants de Khartoum qu’après avoir obtenu la garantie que les plus hauts responsables ne seraient pas visés. Le 16 mai, le Conseil de sécurité a finalement vote une résolution qui oblige le Soudan à accepter une mission de maintien de la Paix de l’ONU. La Chine n’a voté cette résolution qu’après avoir limité et restreint la mission de cette force.

 

- Je négocierai avec ceux qui m’auront aidé (ne serait-ce que symboliquement) pour accomplir mon objectif de toujours : établir la paix et la démocratie au Soudan.
- Nous aider à nous organiser. Défendre notre cause auprès des instances européennes et internationales et faire en sorte que les résolutions ne restent pas lettre morte. Faire comprendre aux Chinois que nous n’avons rien contre eux, que nous souhaitons leur aide (6) et qu’ils se sont trompés car, en aidant ce gouvernement, ils n’aident pas le peuple soudanais.
- Il était hors de question, pour moi, de négocier alors que les bombardements continuent ! De plus, Tripoli est partie prenante au conflit puisque ce régime soutient celui de Khartoum. Comme la Libye pourrait-elle, dès lors, jouer les intermédiaires ? Cela n’a pas de sens.
- Ils entraînent déjà des gens dans ce pays, car le Cameroun est le voisin du Tchad, lui-même dirigé par un président d’ethnie Zaghawa, la même ethnie que certaines tribus du Darfour. Or les réfugiés du Darfour - y compris des Zaghawas - qui se sont installés au Tchad sont harcelés et massacrés dans leurs camps par les Janjawid.
- N’oubliez jamais que le génocide des Noirs par les arabo-islamistes est global et concerne plusieurs pays. Par exemple, le gouvernement a souvent fait venir de Mauritanie des miliciens arabes habitués à guerroyer contre les Noirs, que les Arabes assimilent à des esclaves dans toute l’Afrique.
- La communauté internationale n’est pas complètement indifférente : jamais il n’y a eu autant d’aide humanitaire ! On nous assiste comme des enfants, on nous nourrit, on nous apporte de l’eau, on nous soigne… mais on nous laisse nous dessécher dans des camps qui ne sont même pas sécurisés. C’est un cache-misère onéreux au défaut de décision politique ; on nous laisse à la merci des assassins, on ne nous aide pas à nous défendre ! Donnez-nous de quoi nous défendre ! - Malheureusement, le Soudan a rejeté cette idée, ce qui montre bien son intérêt pour la population qu’il massacre ! Malgré toute sa force de persuasion, Bernard Kouchner n’a pu obtenir qu’un engagement sous conditions pour l’envoi d’une force de protection des populations civiles dont le déploiement, soit dit en passant, avait été voté il y a un an par le Conseil de sécurité (la résolution 1706)…
- À la Mutualité, les candidats à la présidentielle française se sont engagés par écrit à aider mon peuple. Madame Guedj a signé au nom de Nicolas Sarkozy. Richard Rossin et Bernard-Henri Lévy, tous deux membres d’Urgence Darfour, sont même venus nous rencontrer sur le terrain clandestinement. Richard Rossin m’a présenté Bernard Kouchner, un homme auquel je voue une grande admiration pour tout ce qu’il a fait dans le monde. Je suis persuadé que le président Sarkozy et M. Kouchner vont nous aider ; ils ont d’ailleurs déjà commencé à le faire en parlant du Darfour, en exigeant un couloir humanitaire, en activant le vote de sanctions à l’ONU et en soutenant la résolution permettant l’envoi de nouvelles forces supplémentaires ONU-UA. - Presque tout le monde ! Les fondamentalistes islamistes du Soudan bénéficient de l’appui - notamment en armes - de tous les pays arabes et de l’Iran. Savez-vous que la Syrie a proposé de tester ses gaz de combat contre les Darfouris et qu’elle a mis ses pilotes d’avion à la disposition de Khartoum pour nous bombarder ? Notre propre service de renseignements nous a donné des informations très précises à ce sujet.
- Sur aucun ! Hélas, aucune nation ne nous aide réellement en ce moment. Je cherche activement des soutiens concrets qui apporteraient à notre révolution l’aide financière, politique et militaire qui nous permettrait réellement de remporter la victoire finale. Car si nous manquons d’armes, nous avons les âmes et les bras ! Le monde doit bien comprendre que la dictature arabo-islamiste au pouvoir à Khartoum menacera un jour le reste de l’Afrique et même de l’Europe, y compris la France qui est si liée à l’Afrique. L’inaction de la communauté internationale et l’indifférence des nations ont déjà coûté très cher. Mais le prix à payer dans le futur sera encore plus élevé. Il faut que les nations libres se réveillent. Pour le moment, au lieu de nous aider, la communauté internationale essaie de nous forcer à signer un accord de « paix » avec les génocidaires de Khartoum… Or cet accord n’est qu’un bout de papier dont Bechir ne respectera pas les termes, comme d’habitude. Le Sud a déjà signé. Pour ma part, je m’y refuse tant qu’un minimum de sécurité n’est pas assuré à mon peuple. Hors de question d’accepter cette trêve qui ne servirait que les bourreaux. - On dit que Minni Minaoui est mon adversaire ; la vérité, c’est qu’il a été notre secrétaire général, avant de nous trahir. Il assiste à présent Omar Al-Béchir, l’auteur du génocide contre notre peuple.
- Non, pas vraiment. Les choses sont complexes. Le mouvement politique de M. Salfa Kier, successeur du regretté Garang, je vous l’ai dit, demeure clairement notre allié. Il apparaît peut-être paradoxal qu’il soit également l’allié, même tactique, de Khartoum ; mais je répète que l’accord qu’ils ont passé n’est dû qu’aux pressions internationales. Forcé de composer pour pacifier le Sud, le régime dictatorial a couronné le chef du Sud rebelle, Salfa Kier ; mais il l’a dépourvu de tout pouvoir et lui a cyniquement imposé un partage des richesses pétrolières : 50 % de ces richesses devaient aller à Khartoum et 50 % au Sud-Soudan. Il est clair que Khartoum avait besoin d’un calme relatif dans le Sud pour vendre le pétrole aux Chinois ou aux autres acheteurs potentiels. Il s’agissait donc d’un accord pragmatique et froid, qui ne m’empêche nullement d’entretenir de très bons contacts permanents avec M. Salfa Kier. - Notre principal allié est le SPLM (Mouvement populaire de libération du Soudan), le grand mouvement du Sud. Le SPLM a dû signer en 2005 un accord de paix avec le gouvernement soudanais, avec l’aide de la communauté internationale et sous son contrôle. En vertu de cet accord, le président du SPLM, Salva Kier, ex-adjoint du défunt leader du Sud-Soudan John Garang, est devenu le premier vice-président du pays et président du Sud-Soudan. Mais sa fonction demeure purement symbolique. L’accord n’avait comme objectif que de matérialiser un cessez-le-feu fragile avec Khartoum qui avait besoin d’une paix apparente dans la zone pétrolière du sud.
- Le gouvernement de Khartoum instrumentalise les conflits inter-tribaux. C’est une guerre arabo-islamiste, comme vous dites. Je vais répondre très clairement à votre question : on assiste bien, actuellement, à la poursuite d’un génocide, pas seulement au Darfour, mais également contre les populations chrétiennes et animistes dans le sud. Voilà déjà quinze ans que le monde entier assiste à ces tueries, impassible. Soit dit en passant, nous sommes particulièrement attristés de ne pas entendre s’élever de voix africaines - à l’exception de celle de Desmond Tutu.
- La crise apparente et dramatique est aujourd’hui au Darfour. Des crimes contre l’humanité y sont commis. Comme vous le savez, la Cour pénale internationale a mis en examen deux hauts dirigeants (2). Évidemment, ils n’ont pas été extradés vers La Haye. Bien au contraire, même : l’un d’eux est devenu ministre des Affaires humanitaires ! Pour le reste, la guerre au Sud a duré vingt ans et fait 2,5 millions de morts dans l’indifférence, et les Dinka (3) ont été décimés dans un jihad. Enfin, il existe aujourd’hui une forte opposition à l’est, dans la région du Nil Bleu et dans le Nord.
- Selon les chiffres de l’ONU, il y avait en 2004 au moins 2,5 millions de réfugiés et de déplacés dans des camps, et 200 000 morts. Depuis, personne ne sait combien il y a eu de morts supplémentaires, mais j’estime que le chiffre de 2004 a au moins doublé. De plus, personne ne parle des « in between », ces gens qui n’ont plus de villages, dont les champs ont été brûlés, qui n’ont plus de biens mais qui ne veulent pas vivre dans les camps car ces camps sont régulièrement attaqués par les janjawid : ces malheureux s’installent n’importe où sur les pistes, de préférence dans nos zones. Ils sont près d’un million et demi ! Hélas, comme personne ne parle d’eux, ils n’ont accès à aucune aide humanitaire. Pis encore : le gouvernement soudanais a installé sur nos terres des nomades arabes (au moins 130 000), venus pour la plupart du Niger. C’est inacceptable ! Nous nous battrons jusqu’au bout pour reprendre nos terres.
- Le Soudan est un pays multi-religieux. Les musulmans ne sont pas circonscrits à une seule zone mais répartis entre le Darfour, le Nord, l’Est et même, un peu, le Sud; les Chrétiens sont principalement établis dans le Sud, dans les Monts Nouba (Ouest) et dans le Kordofan (entre le Nil et le Darfour)… Dans ces deux dernières régions, il y a aussi de nombreuses tribus animistes qui ont été massacrées par le pouvoir de Khartoum… - Je suis Four : c’est-à-dire que je suis issu de l’ethnie la plus importante à la fois au Soudan et au Darfour. Les Fours constituent au moins 60 % de la population du Darfour et à peu près 32 % de celle du Soudan. Il existe trois principales ethnies au Soudan : les Fours, les Zaghawas et les Massalits. Bien sûr, les ethnies sont une réalité dont il faut tenir compte ; mais sachez que je m’élève contre le fait de raisonner politiquement en termes de tribus et d’ethnies. Je considère les Soudanais comme des égaux, quels que soient leur sexe, leur couleur de peau, leur religion, leurs traditions culturelles ou la région où ils résident. Les catégoriser en tribus revient à diviser cette nation soudanaise que j’aspire à reconstituer. J’insiste : à mes yeux, tous les Soudanais sont des citoyens égaux en droits. En tout cas, il devrait en aller ainsi, comme c’est le cas en France et dans tous les pays laïcs.
- Parce qu’il s’agit d’une aire montagneuse. Au départ, j’ai créé la branche militaire avec très peu d’armes ; par surcroît, pour des raisons de sécurité et de fiabilité, j’ai commencé par recruter exclusivement des hommes issus de mon ethnie d’origine. Par la suite, la SLA a pris de l’ampleur. Le djebel Marra est, en quelque sorte, une zone naturelle de défense. J’y ai mes propres hommes, qui me sont parfaitement fidèles ; j’ai été leur avocat et leur fils avant de devenir leur chef politique et militaire. Et puis, dans ce fief musulman, noir et, surtout, modéré du Darfour, où le pouvoir central ne s’aventure pas, nous disposions déjà d’une base militante ancienne, mobilisée depuis plus de dix ans. C’est seulement ensuite que je suis allé à Dar Zaghawa, une autre région du Darfour.
- Oui. J’ai été emprisonné une première fois en 2001, parce que je voulais un Soudan démocratique et laïque. Le régime ne m’a jamais pardonné de réclamer la sécularisation. J’ai donc été arrêté pour mes seules idées démocratiques et laïques : à l’époque, je n’avais pas pris les armes. Je suis resté deux mois en prison. Je peux dire que j’ai eu de la chance : les autorités ont cru que je ne représentais pas grand-chose et m’ont libéré. Elles l’ont vite regretté ! Car à peine libéré, j’ai créé secrètement une faction militaire du mouvement : la SLA (Sudan Liberation Army), dans le djebel Marra, avec des gens d’horizons fort différents. Après la création de la SLA, en juillet 2002, j’ai été arrêté une seconde fois, précisément pour avoir fondé cette faction armée. Je fus incarcéré à Zalingei, durant 37 jours, puis à Nyala, pendant 23 jours. Mais depuis ma prison, j’ai pu transmettre à nos agents l’ordre de mener des opérations à Toor, près du djebel Marra. Le gouvernement - persuadé que je n’étais pas le vrai chef de la SLA puisqu’elle effectuait de nouvelles opérations pendant mon incarcération ! - finit par me libérer. La baraka ! Ensuite, je me suis réfugié dans le djebel Marra. C’est alors que Khartoum a réalisé que j’étais bel et bien le chef à la fois du SLM et de la SLA… mais c’était trop tard ! - Nous sommes le mouvement le plus représentatif au Darfour et dans tout le Soudan. Dans les camps du SLM - je ne parle donc pas des camps de réfugiés, qui n’ont rien à voir -, dans nos garnisons, nous avons plusieurs milliers d’hommes prêts, aguerris et mobilisés. Je répète que nous sommes implantés partout ; mais, pour des raisons évidentes, je ne peux pas vous dire combien ni où nous sommes exactement… Ce que je peux vous certifier, en revanche, c’est que nous sommes prêts à déployer des centaines de milliers de combattants en cas de besoin. Mais comme nous continuons de respecter le cessez-le feu, nous n’en faisons rien pour l’instant - d’autant que, comme je viens de l’expliquer, aussi longtemps que nous ne disposerons pas des armes adéquates, les choses en resteront là.
- Le gouvernement tue des milliers de personnes chez nous via des attaques aériennes terribles sur nos villages et même sur les camps de déplacés. Hélas, nous ne pouvons pas grand chose contre les hélicoptères de combat, les MIG ou contre les avions civils russes Antonov transformés en bombardiers… Même les avions que le régime d’Al-Bachir a récemment achetés à la Chine ont servi à nous bombarder. J’ai solennellement demandé au gouvernement chinois de ne pas vendre d’armes et d’avions au gouvernement de Khartoum. La situation est dramatique car, faute d’aides financières importantes et d’armes efficaces, nous ne pouvons pas faire face à nos agresseurs. Naturellement, il en irait tout autrement si nous étions équipés… Car nous avons des hommes en grand nombre sur tout le territoire soudanais.
- Nous représentons les deux tiers de la population du Soudan. Illustration de notre influence : cette année, nous avons remporté les élections à l’Université de Khartoum. Or, comme je viens de vous le dire, les universités sont le seul endroit du pays où les élections sont encore libres… Nous avons des bureaux partout dans le pays, aussi bien dans les camps de réfugiés du Darfour qu’à Khartoum même (où nos représentations sont clandestines, bien sûr).
- N’oubliez pas que Carlos s’était réfugié au Soudan, ainsi qu’Oussama Ben Laden en personne s’est réfugié à Khartoum en 1992-1993 et y a résidé jusqu’en 1995. Il est vrai que le chef d’Al-Qaïda était en contact étroit avec Tourabi ; mais il avait été officiellement accueilli au Soudan par le général Al-Bachir lui-même ! Aujourd’hui encore, ce dernier bénéficie des colossaux investissements que Ben Laden a réalisés dans des secteurs clés au Soudan - je pense, entre autres exemples, au complexe industriel Giad, qui construit des camions. On en parle peu car le régime de Khartoum bâillonne les voix libres sur place - n’hésitant pas, le cas échéant, à aller jusqu’à l’assassinat pour faire taire les critiques - et empêche les journalistes étrangers de faire leur travail. Le gouvernement soudanais a bien fini par expulser Oussama Ben Laden en 1995, mais cette décision était due aux pressions internationales et certainement pas à une quelconque évolution idéologique.
- Le SLM est né à l’université de Khartoum. Il s’est constitué autour de dix-sept fondateurs, et ses membres sont issus de partout au Soudan. Le pays était plongé dans le chaos. Le pouvoir islamiste avait repris la guerre dans le sud contre les chrétiens et les animistes, une guerre terrible qui s’est soldée au total par près de deux millions et demi de victimes ; il avait, aussi, lancé un jihad contre les habitants des monts Noubas, ce qui a abouti à l’extermination de 500 000 de ces malheureux; et la guerre faisait rage dans l’est dans la région du Nil bleu. Même Khartoum n’était pas épargnée par les troubles. Nous nous sommes demandés comment apaiser nos compatriotes, comment réunifier les peuples du Soudan et faire cesser les guerres civiles, comment mettre fin à la haine religieuse et ethnique…
- Je suis né en décembre 1968 au Soudan, dans l’ouest du Darfour, dans une petite ville appelée Zalingei. Ma famille est originaire du djebel Marra, dans la province de Torrah, qui a été la capitale du sultanat foiur. du Darfour. Pour comprendre cette région, il faut savoir que le Darfour a été un sultanat indépendant jusqu’en 1916 (1). Nous avons donc une tradition nationale qui nous est propre. J’ai effectué mes études primaires et secondaires à Zalingei, avant d’intégrer le Lycée d’Al Fasher, puis celui de Madani - la deuxième plus grande ville du Soudan et chef-lieu de la région d’Al Ghazira. En 1990, je me suis inscrit à l’Université de Khartoum, dont j’ai été diplômé en droit en 1995. Je suis devenu avocat en 1996.
Géopolitologue. Auteur, entre autres publications, de : Guerres contre l’Europe, Éditions des Syrtes (version réactualisée, octobre 2001) ; Le Totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties, Éditions des Syrtes, 2002.

soudan : la voix de la rebellion

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 16:01
.L'Eau: de la raréfaction des ressources

L'eau,qui recouvre les trois quarts de la surface de la planète,est essentiellement de l'eau de mer (97,8% !)Les réserves d'eau douce ne représentent  donc que 2,2% du total,soit moins de 40 millions de kilomètres cubes.En outre,une grande partie de l'eau douce se présente sous forme solide (glaciers de l'Arctique et des ossatures montagneuses,continent antarctique..) Et l'eau douce liquide ,en profondeur,est souvent très difficile d'accès. Bref,moins de 0;3% de l'eau de  la planète est directement consommable.Et si les principales réserves disponibles provienet des précipitaions et de la fonte des glaces,de facto,c'est l'eau courante des fleuves que l'être humain utilise le plus largement,soit des résreves potentielles de 35000 kilomètres cubes par an.

Comme la demande globale de la population est de l'ordre de 4000 kilomètres cubes,les ressources actuelles paraissent largement suffisantes.

En fait,la situation est nettement  moins favorable qu'ele ne parait,compte tenu de la très grande inégalité de répartition desdites ressources,sans parler de la pollution et du gaspillage! Une personne sur cinq n'a pas aujourd'hui accès à l'eau potable;une sur deux n'est pas reliée à un système d'évacuation d'eaux usées..Et  lon etime que les "neuf pays géants" en matière de réserves (le Brésil,le Canada,le Congo,la Colombie,le Bangladesh,l'Indonésie...)se partagent 60% des ressources naturelles mondiales..alors que dix pays du Moyen Orient, la Chine septentrionale,la Californie, l'Europe méditerranéenne,l'Afrique australe.pour ne citer que ces exemples, souffrent régulièrement de sécheresses récurrentes et de pénuries.

En outre,l'augmentation des besoins en eau de nos sociétés n'ont cessé d'augmenter (la demande a quintuplé entre 1945 et l'an 2000! Et pas seulement du fait de l'acroissement démographique: Tordons le cou à un mythe tenance.Du fait,notamment,de la médiocrité des techniques d'irrigation, les pays en développement utilisent aujourd'hui environ deux fois plus d'eau à l'hectare que les pays industrialisés, alors que leur production agraire est trois fois moindres.Ainsi,la Chine et l'Inde utilisent ensemble plus d'eau que les Etats Unis ,l'Union européenne,la Russie et le Japon réunis!

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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 20:43
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Du mythe américain du "Melting pot"

L'approche d'Herman Sullivan

Les responsables des recensements fédéraux américains se hasardent régulièrement à suggérer que la remise en question du "melting polt" ne suppose pas inéluctablement ,in fine,le pluralisme culturel,mais plutôt la coexistence d'un courant culturel "principal", à dominante anglo saxonne , et de cultures ethniques tendant ,soit à se dissoudre dans le courant dominant,soit à se marginaliser.Le Sociologue Herman Sullivan ,de Georgetown, brossa au milieu des "nineties",une typologie qui n'est pas sans pertinence:il distingue,en la matière,cinq grands types de situations:

-l'assimilation pure et simple

-l'acculturation

-la domination

-le bipartisme culturel:

-et le "rejet ségrégationniste".

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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 16:14
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De la fonction géopolitique du Liban Sud.

 

Contribution au dossier: "la crise libanaise". Extraits d'une étude de Marc de Chalvron rédigée en 2004.

..Il est tout d'abord primordial,à notre sens,d'insister sur le rôle déterminant qu'a joué la fixation des frontières et l'instauration d'Etats nations dans la région.Il en découle une double conséquence: l'intégration du Djebel Amal à l'Etat libanais et la mise en contact direct de cet espace avec le voisin israelien. A ce titre,le changement majeur est à l'origine des deux facteurs qui constituent la trame de l'évolution géopolitique du Liban Sud;la création du Liban conférant ipso facto sa position périphérique à ce qui devient alors le Liban Sud, la fixation des frontières plaçant cet espace au centre des tensions régionales.Certes,de par l'infériorité statutaire qui sied à sa géographie,le Liban Sud pouvait déjà se targuer d'une position marginale dans le schéma moyen oriental préétatique.Mais son positionnement dans le Liban lui donne ,d'unepart, un cadre rigide qui renforce encore sa marginalité et,d'autre part, procure à l'espace un centre responsable de son intégration et de sa "démarginalisation".

Dans une large mesure,la géopolitique du Liban Sud peut ainsi être abordée sous un angle double plus global,à savoir la question de l'Etat libanais dans son ensemble et la problématique des relations de l'Etat d'Israël avec son voisinage arabe..Le Liban Sud,en tant qu'espace géopolitique,est un espace ouvert et évolutif.

Dans ce contexte ,deux observations peuvent faire l'objet d'un soin particulier: la première relève du constat d'une persistante surdétermination de l' évolution géopolitique du Liban par le facteur frontalier.L'implication des acteurs,le rapport de force et les enjeux ont bien changé depuis le milieu des années 1980. La Syrie occupe désormais une position proéminante et a su édicter les règles d'un triangle qui perpétue l'espace LibanSud dans une fonction géopolitique surdéterminante.Les relations qui en découlent entre Israel,la Syrie et le Liban sont devenues partie intégrante de la configuration géopolitique régionale ,participant ainsi autant à sa stabilité qu'à sa précarité.Le triangle a fait preuve de sa solidité en résistant au coup que beaucoup croyaient fatal, du désengagement militaire israélien du Liban Sud.

Précisément, au niveau régional,le statu quo qui avait découlé de ce retrait,en Mai 2000, s'est avéré singulièremnt fragile.Le Liban Sd,comme l'ensemble de l'Etat libanais,est plongé dans un univers plein d'incertitudes.

Ces incertitudes peuvent se résumer,en schématisant,à deux scénarios possibles:

-le Liban Sud se réapproprie sa propre dynamique géopolitique,dans un Liban de nouveau pleinement souverain...Dans cette optique d'une restauration réelle de l'entité libanaise, l'attitude du Hezbollah est capitale.Sa prise de contrôle de la région avait fait clairement apparaitre sa position de force dans l'environnement politique libanais.Mais cette substitution aux défaillances de l'Etat pouvait être l'occasion d'une double lecture: une preuve du renforcement du communautarisme et de sa vitalité dans le Liban de l'après Taëf, communautarisme qui est à la base du fonctionnement de la démocratie libanaise;ou participation du Hezbollah dans une perspective dynamqieu et transitoire (une lecture accréditée par les discours de ses dirigeants )

-deuxième scenario possible: "le Liban Sud en particulier et le Linan en général retombent dans le chaos qu'ils ont connu durant les quelques quinze années de guerre civile.C'est là un scenario tout à fait envisageable dans la mesure où les germes à l'origine des premièrs conflits n'ont pas disparu"

Marc de Chalvron

Le moins que l' on puisse écrire aujourdhui,c'est que ce second scenario semble dramatiquement crédibilisé par les faits (J.S.)

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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 18:40

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.Samuel Huntington et la Mer de Chine

Dans un ouvrage désormais considéré comme un classique, Samuel Huntington notait que la "Grande Chine" n'est pas un concept abstrait.C'est une réalié culturelle et économqiue en pleine expansion et elle a même commencé à être une réalité politique". L'intention de la Chine est de s'établir elle même comme puissance majeure en Asie orientale et de légitimer son contrôle de la Mer de Chine méridionale.Les revendications chinoises initiales étaient motivées par le désir de reconquérir les "territoires perdus" conquis sur la Chine par les puissances coloniales au XIXeme siècle.

"Entre l'Océan Indien et l'Océan Pacifique,la Mer de chine du Sud est une zone stratégique vitale.Elle constitue une porte vers le monde extérieur pour la Chine continentale et ses îles".Si la Mer de Chine est une porte vers le monde extérieur,elle a également pu être une porte d'entrée des puissances extérieures ,et notamment européennes vers la Chine...

Se posant la question de l'avenir des relations internationales en Extrême Orient et à la fin du XXIeme siècle,Samuel Huntington donne trois types de situations potentielles:

-un système multipolaire au sein duquel les pouvoirs de la Chine,du Japon,des Etats Unis,de la Russie,et "peut être" de l'Inde ,s'équilibreraient et rivaliseraient entre eux.

-un système bipolaire régi par les affrontements entre la Chine et le Japon ou entre la Chine et les Etats Unis;

-un système unipolaire "avec Pékin comme centre du pouvoir".

Dans chacun de ces systèmes potentiels,les archipels de la Mer de Chine méridionale ont un rôle à jouer,ou une fonction.

Comme l'a évoqué Tonnesson,le rôle des archipels en question est sans doute comparable au rôle joué par les pions au jeu d'échecs.Ils n'ont aucune importance en eux mêmes,mais ils gagnent en importance dans certaines situations,et les joueurs inexpérimentés font peu de cas de leur défense. Il se peut également qu'un pion se transforme en reine,par exmple si lon découvre du pétrole" (sic)

Dorénavant, l'approche chinoise de la question des archipels ,approche a priori pacifique,laisse entrevoir une certaine forme de stabilité pour la région. Cependant,cette stabilité n'est pas incompatible avec la montée en puissance de la Chine.A la fin du chapitre liminaire de son maitre ouvrage,Denys Lombard évoquait "l'ubiquité des Chinois" dans le monde malais.C'est aussi sur ce mode de l'ubiquité,davantage que sur celui de la domination impérialiste,qu'il faut lire et décoder la volonté hégémonique de la Chine.

Loic Salmon

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